Jeudi 23 avril 2009
Trop souvent dans ma vie, j'ai eu l'impression d'être décalé. Pas à ma place. En somme, étranger.


Je vis actuellement dans un territoire français d'outremer, au milieu d'un peuple chaleureux, mais dont je ne partage ni la langue, ni la culture, ni les traditions. Je suis un Blanc, autrement dit un habitant de passage, un touriste. Même si je vivais 15 ou 20 ans ici, je ne serais jamais totalement intégré.

Ce n'est pas la première fois que je suis expatrié, et je le sais bien : on a toujours ce sentiment doux / amer d'exclusion. Vivre au sein d'une communauté différente est très enrichissant, mais aussi frustrant car vous sentez bien que vous ne pourrez jamais en faire vraiment partie.


La banlieue


Pourtant, c'est bien en France que tout a commencé. En banlieue où j'ai grandi, être un petit Blanc de la classe moyenne vous cataloguait d'office comme "bourgeois". C'est-à-dire une cible facile pour les bandes de lascars. Il ne fait pas bon être un petit Blanc en banlieue : vous êtes faible car minoritaire, mais on vous déteste car vous êtes supposé faire partie de la majorité privilégiée.

Autour de moi, je voyais les petits Blancs imaginer des stratégies pour s'en sortir : soit devenir eux-mêmes des racailles plus vraies que nature, soit se replier sur d'autres identités minoritaires (Portugais, Italiens)... soit fuir la banlieue. En tout cas, je n'en ai jamais vu aucun s'assumer en tant que Français. La Coupe du Monde de 98 avait changé ces choses, mais l'effet s'est finalement vite dissipé.

Avec mes potes, on ne comptait plus le nombre d'embrouilles avec des bandes. Mais le pire, c'était pour les filles, qui avaient le plus grand mal à se faire respecter dans la rue. Parfois on aurait souhaité vivre en province, bien tranquilles, dans ces coins où il n'y a que des Blancs et où personne ne nous aurait remarqués.


Les études

Mes études m'ont parachuté dans le XVIe arrondissement de Paris, l'un des zones les plus riches de France. Là, j'ai brutalement découvert la bourgeoisie, la vraie, cette fois, celle qui flirte avec l'aristocratie dans les quartiers de luxe.

Mes camarades de classe avaient un tel train de vie que je les regardais comme des extraterrestres. Ils conduisaient des décapotables, vivaient dans des appartements de 200 m², partaient skier l'hiver en Suisse et bronzer l'été à St Bart. Avec leurs polos Ralph Lauren et leur petite raie sur le côté, ils n'auraient pas tenu 10 minutes dans ma banlieue.

Et pourtant, ils avaient cette incroyable confiance de ceux qui ont toujours tout obtenu, cette autorité naturelle de ceux qui sont habitués à commander. Je savais bien qu'on ne partait pas tous avec les mêmes chances dans la vie. Mais je ne pensais pas que les dés étaient pipés à ce point, dès la naissance.

Dans ce monde-là, sortir de banlieue (à part Neuilly, peut-être) ou être fils d'ouvrier, c'était pareil : vous n'existiez pas. Ce n'est pas un monde dans lequel on rentre, c'est un monde dont on fait partie. Je crois que jamais je ne m'étais senti aussi décalé.


L'expatriation

Peut-être pour éviter d'être un étranger dans mon pays, j'ai préféré l'être pour de bon, dans un autre pays. J'ai vécu d'abord aux USA, ensuite dans les territoires d'outremer. J'ai ressenti ce que ressentent les immigrés : la différence, la nostalgie, la curiosité bienveillante des gens, plus rarement le rejet, ou le racisme.

Etre étranger vous confronte d'abord à vous-même. Cela vous oblige à vous poser des questions sur ce que vous êtes, sur ce que ça veut dire "d'être Français". D'avoir une culture et de racines.

Je ne sais pas encore comment je trouverai la France à mon retour. Probablement rien n'aura changé : toujours des communautés qui vivent côte à côte sans enthousiasme, sans but ni idéal commun. En tout cas une chose est sûre, je passerai enfin inaperçu.


Par Milan
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Samedi 10 janvier 2009
Qu'est-ce qui est plus médiatique que Barack Obama ? La crise, bien sûr, sujet n°1 de tous les journaux, de toutes les chaînes de télévision depuis de longs mois. Devant ce raz-de-marée médiatique, les Français s'angoissent et serrent leurs porte-monnaies, sans tout à fait comprendre d'où vient le problème. On répète que tout est la faute des "subprimes", c'est donc que ça doit être encore un sale coup des Américains.

"La crise la plus grave depuis 1929" : la formule est revenue sans cesse dans la bouche d'experts plus ou moins sérieux, et je parie qu'elle fait bien rire les victimes des crises les plus récentes : Mexicains (1994), Thaïlandais (1997), Russes (1998), Argentins (2001).  

A titre d'exemple, l'Argentine fut si durement touchée à l'époque que son gouvernement restreignit arbitrairement l'accès des citoyens à leurs comptes bancaires (limitation des retraits d'argent), avant de les confisquer totalement. Imaginez une seconde : votre banque vous explique que vous n'avez plus le droit de toucher à vos économies, et qu'elles vous seront restituées dans 10 ans ! En 2002, l'Argentine subira une récession de près de 12% de son PIB.

Crise psycholgique

Evidemment, en comparaison, nos lamentations pour 2 points de croissance perdus font pâle figure. En France (contrairement aux USA), les comptes bancaires ont reçu une garantie de protection du gouvernement. Personne ne risque encore de trouver sa banque fermée et ses comptes disparus. La crise en France est pour l'heure essentiellement une crise financière et une crise de confiance, donc hautement psychologique.

Le moral des Français, déjà champions d'Europe du pessimisme, ne va faire qu'aggraver la situation, en contractant la consommation. La situation est typique de ce qu'on appelle en économie une "prophétie auto-réalisatrice" : à force de médiatiser et d'anticiper la crise, on la facilite et l'amplifie.

En réalité, cette crise n'est pas plus grave que celles qui ont secoué les économies émergentes dans les années 90. Elle est juste plus dérangeante car c'est nous qu'elle atteint...


Par Milan
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Mercredi 5 novembre 2008

Les Américains sont les champions mondiaux du show-business, et ils le prouvent encore une fois : dans leur dernière super-production, ils viennent d'élire un Noir à la Maison-Blanche (rien que cette phrase, c'est déjà un excellent titre).

Une évolution absolument spectaculaire, quand on pense à la ségrégation raciale encore si proche dans le temps. La communauté noire vient donc de s'offrir une formidable revanche positive, en accédant presque naturellement au poste le plus important du monde. Symboliquement, historiquement, cette élection est un évènement très fort pour l'histoire américaine et mondiale. Des leaders comme Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela et bien d'autres ont souffert, ou sont morts, pour qu'un tel moment puisse se produire un jour.


Bien sûr, les minorités restent profondément défavorisées aux Etats-Unis. Mais prouver enfin l'égalité des chances, permettre à une minorité de prendre sa place dans l'histoire de la nation nationale, c'est un évènement tellement rare et précieux dans l'histoire d'un pays ! Un moment dont il faudra rapidement profiter pour faire évoluer la société. 

Je pense à ces figures black qui ont marqué leur époque : Martin Luther King, Mohammed Ali, puis Michael Jordan et enfin Barack Obama. Chacun de ces hommes a incarné une étape clé dans l'évolution de la communauté afro-américaine : la Conscience, la Contestation, la Séduction puis le Pouvoir.


Un autre jour en France

Et pour nous Français, difficile de ne pas se regarder en face : où en sommes-nous de notre propre relation avec nos minorités ? La réponse est évidente : comme dans beaucoup d'autres domaines, nous sommes à la traîne.

Les Noirs et Maghrébins français sont pour l'heure bloqués, quelque part avant la 3ème étape. Dans cette phase où la communauté est à peu près structurée, elle produit quelques vedettes médiatiques, surtout dans le domaine du sport et du show-business, et le plus souvent issues des milieux pauvres : pensez Zidane ou Jamel Debbouze. Et laissons de côté Diam's, voulez-vous.

Mais cela ne se traduit pas encore par une quelconque reconnaissance. La règle reste la
discrimination dans l'emploi, le logement, la représentation politique... L'ascenseur social restant bloqué, les quartiers pauvres continuent à s'enflammer, et même de plus en plus violemment. 

Le chemin vers le pouvoir est lent, trop lent sans doute, comme le montrent les difficultés d'une Rachida Dati à s'imposer comme ministre. "Elle ne s'appellerait pas Rachida, elle ne serait déjà plus ministre", dit un membre du gouvernement. Faux : si elle était un homme d'origine française, jamais elle n'aurait reçu autant de critiques.


Ceci dit, même si le monde change, certaines choses restent tristement constantes : comme la France, l'Amérique est peut-être prête à voter pour un Noir, mais certainement pas pour une femme...


Par Milan
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Vendredi 15 août 2008

Les JO de Pékin ne vous font aucun effet ? Rassurez-vous, moi non plus.

On peut classer les étés en plusieurs catégories; 2008 est un été olympique et médiocre.
On s'ennuie ferme. J'avais oublié à quels point les Jeux Olympiques pouvaient être inintéressants. C'est la grande kermesse des sports mineurs et confidentiels, animée par des présentateurs vieillissants.

Soyons honnêtes : en dehors des Jeux, il ne nous viendrait jamais à l'idée de regarder du kayak ou du lancer de poids à la télévision. Et même pendant, le spectacle ne provoque guère plus qu'un léger endormissement, typiquement estival.


Sports majeurs

Fait étonnant : les Jeux Olympiques sont censés être le sommet de toutes les disciplines sportives... et pourtant aucun des sports les plus populaires n'y est présent !

Le football fait Coupe à part, le tennis ne daigne pas s'impliquer, le cyclisme ne supporte pas la notion d'équipe nationale, et le rugby est aux abonnés absents. Fantastique : reste donc 44.000 heures de diffusion pour les sports de seconde zone.


Le Coq Sportif

Si encore on pouvait s'enthousiasmer pour les sportifs français... Mais hélas ! Les JO sont le royaume des espoirs déçus. La France compte fiévreusement ses quelques médailles pour essayer de rester dans le rang des grandes nations. Comme en géopolitique, l'Hexagone s'imagine puissant, et supporte très mal la confrontation avec la réalité.

Résultat : trois semaines passées dans une ambiance typiquement française d'auto-flagellation et de "déclinologie". Les supporters français devant leurs écrans finissent par rêver d'être ailleurs, au service d'un autre pays, une nation de winners.


L'Empire du Milieu

Et puis il y a la Chine, bien sûr. Depuis la fin de la guerre froide, jamais Jeux Olympiques n'auront été aussi controversés. Le Tibet, au fond, n'était qu'un prétexte pour exprimer quelque chose de plus profond : la colère et la peur du monde occidental face à la puissance grandissante de la Chine.

La plus grande dictature du monde vise aujourd'hui le staut de superpuissance. Et si elle y parvient, tous les altermondialistes qui fustigaient la domination des USA regretteront bien vite la pax americana.


Mais je m'égare, et la télévision m'appelle : il faut que j'aille regarder Laure Manaudou en train de craquer.

 

 

Par Milan
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Lundi 14 juillet 2008

Série américaine contant les aventures d'un groupe d'amies homosexuelles à Los Angeles, « The L Word » n'a pas connu un énorme succès télévisuel.
Mais elle a réussi tout de même à rassembler une audience fidèle, autour d'une communauté lesbienne heureuse de gagner (enfin) un peu de visibilité.


Une audience dont fait partie Mme Milan, bien entendu.


Band of girls


« Sex & the City » avait défini les bases de la « bande de filles » : fortes, séduisantes, indépendantes, inséparables. Mais avec « The L Word », on passe à un niveau supérieur : on entre dans un monde uniquement composé de femmes. Toutes jeunes et sexy. Un monde sans hommes.


On croise certes quelques pâles figures masculines, mais sans dépasser le stade la figuration : un père conservateur psychorigide, un autre père infidèle et menteur, un colocataire pervers, ou encore un ex-petit ami aigri... Les hommes ne sont clairement pas les bienvenus dans le scénario.



Un monde sans hommes


Etrange spectacle que cette série : un ballet de femmes belles, libres, totalement indépendantes. Qui gagnent de gros salaires, conduisent de belles voitures, et surpassent les hommes dans l'art de l'orgasme féminin, au point de leur voler facilement leur fiancées. Des femmes également capables de procréer toutes seules, sans intervention masculine (à l'exception d'un petit tube de sperme gentiment offert).


Malgré les apparences, « The L Word » est en fait d'un produit télévisuel calibré, construit à partir d'études de marché pertinentes. Les actrices sont toutes hétérosexuelles, et la cible, malgré un noyau lesbien, est surtout féminine et hétéro. En somme, des filles normales qui aiment les séries et les histoires de coeur, à qui on apporte un petit « plus » en leur chatouillant le fantasme féminin.



Mâle à l'aise


J'ai regardé ue bonne dose d'épisodes, et je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir un malaise. J'ai fini par comprendre : cette série n'est pas réellement faite pour la communauté lesbienne. A force d'être montrée, l'homosexualité devient finalement une donnée accessoire. Le fond, en revanche, tient bien plus du féminisme poussé à l'extrême.


En fait, la série fantasme un monde d'où les hommes auraient été définitivement exclus. Un monde dans lequel il n'ont aucun rôle à jouer, aucune place utile. Un monde où les femmes pourraient les remplacer sur tous les plans... y compris en tant que parents.


Pas étonnant que la série rencontre du succès auprès d'une cible féminine 20-35 ans... Dont Mme Milan. Bon sang, ma feme déteste les hommes !? Chérie, il va falloir qu'on parle.

The L Word - Jenny

Par Milan
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Lundi 24 mars 2008

J'aurais pu vous parler de sujets de société comme la Tectonik, mais j'ai déjà écrit auparavant que les jeunes sont des cons, ce qui résume bien mon opinion. A la place, je vais vous parler du seul sujet qui vaille la peine d'être discuté : les  hommes et les femmes.


Plus précisément, je vais vous parler de ma fiancée qui est devenu un homme. Rassurez-vous, Mme Milan n'a pas subi de chirurgie pour cela, et pour les plus curieux, non, ses organes génitaux ne se sont pas modifiés inexplicablement. En réalité, Mme Milan travaille dorénavant dans un milieu exclusivement composé d'hommes. Et des hommes conformes à l'idée générale : des manuels, des ouvriers, des "vrais", quoi.

Au début, tout se passait bien : Mme Milan était ravie d'échapper aux femmes. Les femmes sur le lieu de travail sont de véritables harpies, tout le monde le sait. Mais rapidement, j'ai commencé à noter des changements : les tournées dans les bars à la sortie du boulot, le stock de bières au frigo pour quand les collègues passent, et surtout la multiplication des vannes "qui cassent"...


"Mais oui, tromper c'est normal..."

Puis vint la deuxième étape du changement, bien plus profonde : l'idéologie masculine a corrompu le cerveau de ma fiancée. Un peu comme dans une secte, elle a bouleversé ses idées et sa vision du monde. Laissez-moi vous dire qu'avant, Sarah-Jessica-Parker.jpg Mme Milan était une fille tout ce qu'il y a de plus normal : elle ne comprenait pas qu'on puisse regarder de la pornographie, et moins encore qu'on mate d'autres minijupes que la sienne, et ne supportait pas l'idée que son mec puisse aller voir ailleurs. 

Immergée pendant des mois au milieu de ses collègues masculins, à partager leurs soirées et leurs secrets, elle a découvert -avec fascination- l'autre côté du miroir. Elle a fait le voyage, dont beaucoup de filles rêvent, à l'intérieur du cerveau des hommes. Elle a compris ce que certaines mettent toute une vie à ne pas comprendre : pourquoi les hommes mentent, pourquoi les hommes trompent, pourquoi les hommes sautent (sur) tout ce qui bouge.

Le problème, après une telle expérience, c'est qu'elle ne laisse pas intact. Difficile de revenir à l'état antérieur, un peu naïf, qui est le lot commun de beaucoup de femmes. 


"Je ne trompe pas ma femme, c'est juste un coup "

Les discussions sur l'infidélité masculine suivent toujours le même schéma, comme ce fut le cas récemment sur
le blog des vingtenaires :  
1. une fille se lamente, ne comprenant pas que son mec ait été infidèle
2. tout le monde lui réexplique que les mecs sont infidèles de nature (ici fleurissent les théories génétiques, sociétales, psychologiques...)
3. et à la fin il y a toujours un abruti pour dire "oui mais les femmes sont pareilles", ce qui a pour effet de faire dévier la conversation dans les généralités les plus stériles.

Non, les femmes ne sont pas pareilles ! Elles sont parfaitement infidèles, certes, mais à mon avis pas pour les mêmes raisons, pas avec les mêmes mécanismes, et pas avec les mêmes conséquences.

Nos actions sont toujours motivées par la recherche de gratifications. Lorsqu'un homme donne libre cours à sa pulsion et commet une infidélité, il reçoit en majorité des gratifications positives : son plaisir sexuel bien sûr, mais aussi le plaisir de son ego, l'augmentation de l'estime de soi, et le renforcement de sa position sociale et hiérarchique.

Psycholgies---couverture-hommes.jpg L'homme à femmes est apprécié et envié. D'ailleurs, il suffit de regarder qui sont les héros de l'époque : acteurs, footballeurs, chanteurs ou PDG... L'homme "idéal" gagne énormément de fric, et par conséquent se doit de collectionner les plus belles femmes. Il n'y a pas un seul monogame acharné qui soit idole des foules, de nos jours...

Pour les femmes, en revanche, les gratifications sont plus mitigées. En face du plaisir, de la séduction, du sentiment de beauté, il lui faut également mettre en balance les stimuli négatifs reçus.

L'estime de soi n'est pas toujours au rendez-vous, car les femmes infidèles sont souvent mal vues (dans les pays où elles ne sont pas lapidées, bien sûr), même par leurs amies ou par leur famille. Lorsque les normes sociales sont bien internalisées, la désapprobation vient tout simplement d'elles-mêmes. 

Pour ce qui est de la position sociale, elle n'est pas forcément améliorée, et peut même se dégrader : le rôle de maman-qui-travaille-à-plein-temps est difficilement compatible avec la vie d'amante.

Au fond, la société valorise avant tout la bonne épouse et surtout la bonne mère. Les conquêtes extérieures (un job à haute responsabilité, une vie sexuelle "libérale", etc...) sont souvent difficiles à gérer en parallèle pour les femmes. Tout particulièrement quand elles entrent en conflit avec le sacro-saint rôle de mère.



En somme, les contraintes sociales internalisées facilitent l'infidélité des hommes, bien plus que celle des femmes. Mais inutile d'expliquer tout ça à votre mec ; pour lui "c'était juste un coup comme ça, ma chérie, tant qu'il n'y a pas de sentiments, ça ne compte pas !".



Par Milan
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Mercredi 9 janvier 2008

"Allo ? Alors c'est vrai, tu as une nouvelle poule ? Noooon.... ! C'est qui ? Carla Bruni ? Non, connais pas.

Elle fait quoi ? Ah elle a sorti un album... Non vraiment, ça ne me dit rien. Enfin l'important c'est que ça roule entre vous. Oui, oui, le coup de foudre...

Et c'est arrivé quand ? Avant ou après que tu aies été élu président ? Ah, après... Non mais c'est pas grave, c'est bien aussi."

Politiquement, c'est sûr, on a changé d'époque : je ne parle pas seulement de l'absence de cravates. Après des décennies de couple présidentiel stables, "statuifiés" (et de liaisons extraconjugales aussi discrètes que possible), nous voilà avec un Président célibataire, apparemment bien décidé lui aussi à justifier la réputation internationale de coureur de jupons accordée aux Français.


Alors comme ça, tu te fais Carla Bruni ? Pas mal, pas mal.... J'avoue, j'avais longtemps rêvé de Catherine Deneuve en première Dame de France : elle semblait faite pour ça. Mais bon, maintenant il est trop tard, et effectivement elle aurait été trop grande pour toi.


Il était temps

Je suis sûr que c'est le bonheur entre vous. Carla échappe de justesse à l'oubli total qui la guettait, après un premier album sans relief. Il n'y a rien de pire qu'être un ex-top model : bien trop âgée pour retourner dans le monde de la mode, on fait généralement une piètre actrice ou une mauvaise chanteuse. On peut dire vraiment que tu l'as sauvée in extremis.


Quant à toi, Nicolas, maintenant tu t'es taillé une image de séducteur. Les hommes français vont enfin te montrer un peu de respect, non pas la politesse pour le patron, à laquelle tu es habitué, non, je te parle du respect, entre mâles, qu'on cède à celui qui exhibe la plus belle poule. Carla Bruni, ça en jette quand même plus que Bernadette.


Et les enfants ?

Ceci dit, vous vous êtes un peu foutus de notre gueule, non ? Ségolène Royal et toi, vous avez tous les deux fait campagne avec votre moitié historique. Des couples solides, unis, pour tout dire des modèles : "Ségolène Royal et François Hollande ensemble au sommet de l'Etat", ou bien "Nicolas Sarkozy a pardonné à Cecilia"...


Vous nous avez pris pour qui ? pour les enfants du divorce ? vous pensiez qu'on allait se fâcher en cas de séparation, et vous faire dégringoler dans les sondages ? Alors vous avez préféré rassurer la bonne vieille France, traditionnelle et conservatrice, celle qui ne votera jamais pour un divorcé (ni pour un homo, ni pour un Noir non plus, soit dit en passant...)


Et sitôt bouclée la campagne, allez hop ! remballées les photos en famille dans Paris-Match et les poses tendrement complices. Tire-toi Cecilia, fais tes valises François ! Les enfants, il est temps de vous l'annoncer, vous êtes grands maintenant (vous avez voté) : on se sépare.


Et il s'est passé ce qui se passe dans tous les couples de la cinquantaine : la femme passe pour la grande perdante, confrontée à l'inexorable baisse de ses charmes. Tandis que l'homme, lui, se trouve immédiatement une jeune poulette (une astuce: divisez l'âge de votre ex-femme par 2) pour exhiber sa jeunesse retrouvée.


Depuis, c'est un longue litanie de festivités : dîner au Fouquet's, vacances sur la yacht du copain PDG, visite aux potes américains, voyages diplomatiques en amoureux...

Hé Nicolas, je te rappelle qu'on t'a tous élu pour que tu travailles en tant que président, pas pour t'offrir des voyages à l'oeil pendant 5 ans. Si tu voulais plus de congés pour le même job, il fallait voter à gauche...

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mercredi 17 octobre 2007

J'ai fait un cauchemar, hier soir, c'était horrible... Voilà : j'allumais la TV et je tombais sur une de ces émissions où l'on tente de "faire" une star, en partant de rien.  Ou plus précisément à partir d'ados de banlieue encore boutonneux, martyrisés par un jury de "pros" au CV obscur - ce qui au fond revient au même.

 

Allez savoir pourquoi, ces jurys sont toujours composés de 4 "pointures" autoproclamées, ce doit être un chiffre magique. Cette fois il y avait deux mecs transparents, une sorte d'extraterrestre répondant au nom de Mia Frye (pendant un instant, j'ai cru qu'il s'agissait d'une blague) et même un spectre revenu d'entre les morts - et c'est là que j'ai vraiment eu la frousse : Ophélie Winter !!!

 

Evidemment, le spectacle était pénible : un par un, ces jeunes mal dégrossis de leur banlieue plantaient lamentablement leur examen. Le producteur, sadique, s'était amusé à les remettre en situation d'échec scolaire. Plus précisément, dans celle de l'interrogatoire debout au tableau, devant toute la classe. Ce qui, vu leur niveau, ne pouvait que les replonger dans de mauvais souvenirs.

 

Pourtant, les classiques à apprendre ici, c'était plus Diam's que Victor Hugo. Oui oui, vous avez bien lu, Diam's est devenu un classique aujourd'hui. C'est dire à quel point on avait touché le fond.

 

Vendeur de disques

Chercher à créer une star de toutes pièces, même avec des pièces de contrebande, c'est quand même logique dans un pays qui a été totalement incapable de mettre au monde une nouvelle génération d'artistes depuis au moins 15 ans.

 

Et pourtant, ils sont nombreux à vouloir faire de la chanson ! A chaque saison de "La Nouvelle Star" ou "Popstars", de nouvelles cohortes de jeunes pétasses se piétinent mutuellement devant les studios. Avec l'espoir de taper dans l'oeil de ceux qui sont devenus, par la force médiatique, les juges suprêmes de la chanson. Difficile pourtant de dire que Marianne James ou Ophélie Winter aient apporté une contribution intemporelle au monde des arts...

 

Pourquoi sont-elles si nombreuses, ces filles, à être obsédées par le show-business ? Simple : elles cherchent là leur seule clé possible pour l'ascension sociale,  la seule façon d'échapper à leur destin de SMICardes a mi-temps dans les classes moyennes inférieures françaises. Comme leurs homologues masculins qui ne rêvent que de s'en sortir par le foot.

Leur rêve, c'est de rejoindre Diam's ou Nadiya au Panthéon des Pouffes qui ont Réussi, et d'amasser du fric en chantant des trucs vachement profonds sur leur expérience de la vie.

 

"Ensemble comme un roc !
Tous unis comme un roc !
Tous tel un bloc
Solides comme le roc !
Ensemble comme un roc !
En ce lieu comme un roc !
Boostés à bloc !
Solides comme le roc ! Roc, roc, roc..."



Inquiétante cabale

 

A la fin de mon rêve, je pénétrais dans une société secrète : un cercle composé d'authentiques chanteurs à guitare (Francis Cabrel, Alain Souchon, Maxime Leforestier...) décidait de mener des actions terroristes pour réduire les "Nouvelles stars" au silence. Leur commando bénéficiait de protections en haut lieu, et était discrètement financé par le Ministère de la Culture, via des sociétés-écrans offshore.

 

Après plusieurs attentats suspects, les jeunes chanteurs prenaient peur et disparaissaient des antennes. TF1 et M6, terrorisées, prenaient la décision de programmer des concerts de Bach tous les samedis soirs.

 

Quant à Ophélie Winter, elle décidait de repasser un CAP d'esthéticienne.

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mardi 4 septembre 2007

Vous savez à quoi on reconnaît qu'on est devenu un vieux con ? C'est simple : c'est lorsqu'on ressent une incontrôlable exaspération à la vue des "djeune's", ces petits cons qui se prennent pour les princes de la rue avec leur look ridicule et leur musique de merde.

Tous habillés à l'identique, ils semblent s'être contentés de copier-coller la tenue de leurs congénères les plus influents. Pour les goûts et les opinions, c'est dans la même veine : le monobloc altermondialisme-antisarkozysme-libertarisme soft est monté en série.

 

Pauvres petits rebelles perdus d'avance !

Tu sais, petit rasta Blanc de Boulogne-Billancourt, d'ici quelques années tu te couperas les cheveux, lorsque tu obtiendras ton diplôme de finance et ton premier job à La Défense.

Pareil pour toi, petit DJ techno-noctambule à la dégaine de manga. Tu vas brutalement t'arrêter de faire la bringue à 23 ans, lorsque ta copine tombera enceinte et qu'il te faudra trimer rien que pour venir à bout des factures.

 

Vous pensiez être tellement uniques dans vos révoltes, dans vos idéaux ! Mais qu'est-ce que vous croyez ? Chaque génération a expérimenté avant vous tout ce que vous vivez aujourd'hui. Chaque génération a méprisé ses aînés, cru changer la vie en "teuf" permanente, et pensé laisser une trace indélébile dans l'histoire. Et pour tout dire, certaines générations l'ont fait bien mieux que vous. 

 

"Jte kiffe 2 tro ma chérie lol"

Ce qui m'exaspère, c'est que vous croyez que ça durera toujours. Ca : l'amitié, la bande de potes inséparable, les 400 coups ensemble et pour la vie. Ces 3 adolescentes de 17 ans qui marchent bras dessus - bras dessous suivies par leur troupeau de courtisans à casquette, se doutent-elles que dans 5 ans elles ne se parleront même plus ? 


En bande, ils se gonflent d'orgueil ("j'ai trop de potos"), se sentent invincibles, font un max de bruit et se moquent des passants. Tout est bon pour se faire remarquer. L'insouciance de la jeunesse se mêle à la morgue des oisifs.

 

Moi aussi, j'ai eu mes bandes d'amis "inséparables". J'ai fait du bruit, je me suis moqué des passants. Je me suis senti invincible et joyeux. Je pensais que ca durerait toujours.

La vie nous a séparés, au fil des années, sans effort, sans même que l'on s'en rende compte. Et chaque bande de petits cons bruyants me rappelle à quel point le temps vous glisse entre les doigts.

 

Le problème, c'est que plus on vieillit, plus les petits cons deviennent nombreux.

   

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Jeudi 7 juin 2007

Pendant que les journaux sérieux commençaient à étudier les nouveaux projets du nouveau gouvernement, le magazine Voici, lui, faisait sa couverture sur la famille Sarkozy.


Une famille qu'évidemment je ne connaissais pas auparavant ; 5 enfants assez jeunes brutalement exposés à l'oeil des médias nationaux. Une famille assez typique, ma foi, je leur ai trouvé de bonnes têtes de bourgeois de Neuilly-sur-Seine.
Certes, les garçons avaient ces exaspérants cheveux longs "vintage" que les jeunes Parisiens, à court d'inspiration, ont repiqué aux années 70, certes les filles avaient l'air de jeunes divas du téléphone portable à forfait 80 heures par mois, mais bon, ils me semblaient bien représenter la famille française (une mère hystérique, des ados ingrats et un père stressé).


Sauf que, comme Voici le racontait avec moults détails, il s'agit en fait d'une famille (multi) recomposée.

Et là, j'apprends avec surprise qu'en fait il y a deux enfants du précédent mariage de l'un, deux enfants du précédent mariage de l'autre, un petit dernier commun, et la femme qui s'est barrée avec un homme pendant que le mari se trouvait une autre femme, mais que finalement ils se sont remis ensemble... En bref, le bordel sentimental complet.

Alors oui, finalement, ils sont bel et bien typiques de la famille française, mais pas celle des bons clichés d'antan, avec ces épouses immuables (Danièle Mitterrand, Bernadette Chirac...) maintes fois trompées mais protégeant fermement les apparences.

Eh oui, il faut me rendre à l'évidence : le visage de la famille a énormément changé.


Quelques chiffres

Les statistiques du mariage (ou plutôt du divorce) sont calamiteuses. En 2005, près de 152 000 divorces contre 276 000 mariages, soit un ratio de 55% ! Plus globalement, 1 mariage sur 3 se solde par un divorce - près d'1 sur 2 en zone urbaine. Et encore, ces chiffres ne prennent même pas en compte les unions libres avec enfants, etc, etc...

Bref, je me retrouve dans une configuration sociale où mes chances d'union solide sont quasi inexistantes. Et ce n'est pas une perspective très rassurante, en fait.

Enfant des années 80, on m'avait présenté la banalisation du divorce comme un progrès social (on se souvient de ce film si symbolique, "Génial mes parents divorcent !"), un mouvement vers une plus grande liberté individuelle. Liberté de choisir ses partenaires, de garder une vie sentimentale active, liberté de changer à tout instant - bref, toutes les valeurs de mobilité, de flexibilité et de performance qui commençaient à s'imposer dans l'univers du travail étaient en train de devenir les normes de vie des individus, dans tous les domaines.

On avait sans doute négligé le fait que plus de liberté signifie également plus de solitude.


Et on n'avait sans doute pas prévu de passer d'un extrême à l'autre, de basculer vers "une société de kids" pour reprendre l'expression de Houellebecq, où l'on se comporterait à tout âge comme si on avait 16 ans : je suis plus in love, je te plaque, j'ai trouvé quelqu'un d'autre (sur internet). Je me remarie, je refais des mômes, je redivorce, les enfants tournent au fil des gardes alternées avec leurs demi-frères et leurs demi-soeurs.... et c'est le bordel.


Et moi, alors ? Que va-t-il m'arriver dans le futur ? Est-ce que je finirai par faire partie de ces pères précarisés par le paiement des pensions, qui ne voient leurs enfants qu'épisodiquement, et qui finissent chez le psy ou/et au bistrot ?

J'ai toute la puissance des statistiques de l'INSEE contre moi ; c'est donc loin d'être gagné.

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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