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Un homme moderne, je veux bien !
Mais en quoi ça consiste, être un homme aujourd'hui ??

1mec1fille

Mardi 3 janvier 2006

On cherche tous l'âme soeur... celle qui saura nous aimer comme on est, et qui surtout sera belle, intelligente, sympa, marrante, riche, etc, etc...

Et on y consacre presque toutes nos pensées et tout notre temps ! C'est dingue non ? Chaque jour la même question : qui m'aimera ? qui aimer, moi ? Est-ce que si je rappelle Sandrine, Christelle ou Violaine, elle voudront bien aller dîner en tête-à-tête ? Et si oui, comment conclure ?

 

Tout ce temps perdu à se préoccuper d'une seule chose : trouver l'amour, trouver l'amour, trouver où il se cache ce grrrrmlllgneu d'amour. Parfois j'ai l'impression d'être un de ces chevaliers de la Table Ronde, à qui on avait dit :

"Pars à cheval, au hasard des routes, cherche ce Graal dont tu n'as aucune idée de quoi il s'agit vraiment et à quoi ça peut ressembler, et surtout ne reviens pas avant d'avoir trouvé !!
- Mais trouvé quoi au juste ?
- Ferme-la, et monte sur ton cheval."

 

Et pam, le voilà parti sur les routes avec sa bite et son épée. Un peu confus, un peu perdu, le chevalier, mais il se raccroche à une dernière chose : la foi. Garder la foi...

 

S'il avait pu faire un blog, ce serait celui-ci.

Par Milan
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Mercredi 4 janvier 2006

Je prenais un verre avec un bon ami l'autre soir, dans un bar parisien plein d'ambiance. Le nez dans nos cocktails, on parlait... de filles, bien sûr ! Plus précisément : comment aborder les filles qui nous plaisent ?

Pierre, franchement, est jeune (26 ans), plutôt beau gossse, sportif, et super sympa. Il n'a pas de problèmes dans sa vie, il est sorti avec bon nombre de filles, mais pourtant il a le trac, comme tous les mecs du monde, à l'idée d'aborder une jolie fille.

"Tu vois cette blonde là-bas au bar ? Eh bien franchement je serais pétrifié si je devais aller lui parler. Pourtant j'ai confiance en moi, je pense que je peux lui plaire, mais c'est toujours la même pensée qui me retient : elle a dû se faire aborder 20 fois dans la journée par tout un tas de mecs, qui ont dû essayer toutes les techniques possibles (on s'est déjà vus quelque part ? tu me donnes ton numéro ?) et imaginables...

Elle doit en avoir ras-le-bol, et je n'ai pas envie d'être un importun de plus dans sa journée. Et même si j'y allais, je ne vois pas ce que je pourrais sortir de plus original que les autres.

J'aurais honte de sortir un truc aussi ringard que 'je peux vous offrir un verre ?'... Mais comment commencer autrement ?"

Le problème de Pierre, c'est que dans son boulot, il ne rencontre personne de nouveau. Il connaît ses collègues, et point. Il est prof, alors pour les nouvelles têtes, il faudra attendre la rentrée prochaine.

C'est vrai qu'avant, tout nous paraissait plus simple, pendant les études : le brassage naturel dans les facs, les TD, les sorties... En fac on rencontre toujours plein de gens nouveaux, ça bouge, tes amis te font rencontrer des amis et des amis d'amis...

Rentrer dans le monde du travail, c'est souvent la douche froide. Tout d'un coup les choses sont beaucoup plus figées : les gens qu'on rencontre sont pour la plupart mariés avec des enfants, des impôts et des pavillons. Et puis les amis, sans qu'on s'en soit rendu compte, sont tous maqués, commencent à se marier, à moins sortir, et tu rencontres bien moins de monde qu'avant. Même quand tu vas dans des soirées, il n'y a que des couples, de toute façon.

Oui, tout à coup, les règles du jeu ont changé. Depuis le collège tu t'escrimais à comprendre les règles de la séduction, le fonctionnement subtil des relations garçons-filles, et au moment où tu commençais un peu à maîtriser les choses, PAF, on change complètement la donne, les cartes sont redistribuées. Tout est à refaire...

Par Milan
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Mercredi 11 janvier 2006
Les mecs ont pour la plupart un rapport conflictuel avec la vérité : ils mentent comme des chacals quand il faudrait être honnête, mais ils sont toujours très francs quand il vaudrait mieux la fermer.


Un mec c’est souvent assez basique, un peu binaire – moi le premier, je veux bien le reconnaître. Quand il est franc, c’est souvent parce que la vérité lui échappe dans un bête réflexe (il est devant la console, et il souhaite répondre à la question en moins de 6 secondes). C’est souvent là que commencent les ennuis, car les filles, elles, utilisent toujours les voies de la ruse...

 

Ceci dit, avec un peu d’expérience, on finit par décoder quelques-uns de ces pièges. Ce n’est pas de l’intelligence à proprement parler : les lapins eux aussi développent un certain nombre de stratégies basées sur les habitudes connues ou supposées des chasseurs. Et puis les filles ont toujours des réserves de pièges plus élaborés les uns que les autres. Quoiqu'il en soit, il vaut mieux être un lapin-ninja entraîné que finir en civet. Alors faites attention à ce qui suit, voici un exercice pour vous blinder : 

 

Vous êtes affalé devant la TV, le cerveau quelque part entre la Terre et la Lune. Votre copine arrive et elle a envie de parler de quelque chose, ça se sent.


- Au fait, cette collègue avec qui tu travailles, elle est comment ?
- Ben c’est une sacrée bonnasse, je me la tirerais bien si je pouvais. (Ca c’est une mauvaise réponse, c’était pas le bon moment pour être franc)


- Tu ne trouves pas que j'ai pris du poids ?
- Si, t'as vraiment pris du cul je trouve. C'est normal aussi, vu que tu vas à la salle de gym pour papoter... (C'est pas vraiment ce qu'il fallait répondre)


- Ton ex, elle suçait mieux que moi ?
- Mieux je sais pas, mais elle suçait sacrément bien, oui. (Ca aussi c’est une très mauvaise réponse, vous allez en chier)


- Tu as déjà regardé des films porno ?
- Non, à part les 10 Go de vidéo de cul dans mon disque dur. D'ailleurs mon pote viens de m'envoyer un double fist anal, tu verrais ça... (
Bon soit vous êtes mauvais, soit vous faites exprès, là)


- Ca t'arrive de regarder les autres filles ?
- Graaave ! T'as vu comment elle sont trop bonnes depuis qu'il fait 26° dehors ? (Vous la cherchez la baffe ?)


- Alors tu la trouves comment ma copine ?
- Carrément mortelle, tu crois que tu pourrais organiser un truc à trois ??
(Bon, je vois qu'il n'ya a décidément rien à faire pour vous sauver...)

Par Milan
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Mercredi 11 janvier 2006

Ne nous voilons pas la face : nous, les mecs, lorsque nous allons en boîte, c'est clairement pour serrer. Les filles, quand vous vous pomponnez, que vous vous faites belles, je ne sais pas au juste à quoi vous pensez...

Probablement à passer un bon moment, à vous éclater entre copines, à accepter quelques verres et quelques compliments... ? Est-ce que vous vous dites souvent "putain ce soir je vais m'en baiser un, allez, on y croit ! Confiance, technique et précision. Comme un péno, hein..."

Parce que côté mecs, c'est ça. Serrer, serrer, serrer... "statistiquement, si j'ai un succès de 10%, ça veut dire qu'il faut que j'aborde au moins 10 filles ce soir pour espérer en choper une". C'est avec ce mélange de stakhanovisme, d'entrain et de résignation que le mec part en boîte (the night-club, yeah).

 

Mais ce n'est pas si facile. Une fois l'entrée payée, la musique devient assourdissante, et pam ! tu es plongé dans... la jungle. La nature à l'état sauvage. Des mâles, des femelles, l'air est saturé de désir et de sueur. Le bruit couvre toute conversation, or la conversation, c'est tout ce qui nous séparait encore des chimpanzés bonobos (Pan paniscus) ou des orangs-outans. La boîte nous ramène aux temps oubliés de la meute, où le mâle danse et s'agite sous le nez de la femelle, qui vaporise discrètement ses phéromones dans l'air moite.

Aux temps où le mâle le plus fort, le mâle alpha, pousse ses congénères, montre les muscles et les dents quand il faut, afin de s'imposer et de bouffer avant les autres, tout en se tapant les femelles qu'il choisit (un rôle de nos jours assez bien repris par les videurs et les membres de la boîte, avec le T-shirt "staff" en guise de cul de babouin).

 

Dans cette jungle hurlante, la survie est difficile. Les filles sont belles, mais elles sont sur-sollicitées. Une boîte de nuit, pour une jolie fille, c'est un peu comme faire son shoppping dans un souk égyptien : tout le monde lui saute dessus et l'agrippe, et l'attire, pour essayer de lui vendre quelque chose : un verre, une bouteille,  un tour gratuit dans une décapotable... Pour draguer en boîte, à mon avis la préparation idéale, c'est un BTS Force de vente.

 

Et puis, vous, le mec banal, ou mâle lambda, vous n'êtes pas le bienvenu. Vous payez l'entrée au prix fort (alors que le meilleur client, au fond, c'est vous). Si vous vous amenez tout seul à l'entrée, vous vous faites éjecter par le videur, un gros mastodonte avec une minsucule oreillette qui ne vous accorde même pas un regard. Vous avez presque envie de lui foutre une baffe, mais comme ses 12 acolytes ont le même gabarit, vaut mieux oublier l'idée. Vous n'êtes pas le bienvenu. Si vous voulez rentrer, il faut amener des filles.

- Mais c'est débile, si je paye 20€ pour aller me faire dessouder les tympans, c'est pas pour le plaisir, c'est justement pour en trouver à l'intérieur, des filles !!

- Monsieur, sans accompagnement vous ne rentrez pas, c'est tout.

- Mais enfin vous êtes borné ou quoi ? Au restaurant, vous ne venez pas avec votre propre bouffe, quand même ? Sinon où est l'intérêt ?? Vous pensez bien que si j'avais des filles qui voulaient passer la nuit avec moi, je serais déjà sous ma couette à cette heure-ci, au lieu de me geler les burnes à faire la queue devant votre boîte de merde !

N'insistez pas, vous n'êtes pas le bienvenu dans la jungle : personne n'est le bienvenu dans un endroit où le but est de bouffer l'autre. De toute façon, 99,5% du temps, vous rentrerez de boîte complètement bredouille ("brocouille, comme on dit dans le Pouchonnois...").

 

Les boîtes de nuit doivent mourir

 

Cela pose quand même de sérieuses questions quant à la viabilité du modèle de la boîte de nuit. Comme le dit Grrr dans son commentaire sur mon article précédent : "Le problème pour rencontrer des filles ouverte à la rencontre, c'est qu'il faut bien souvent aller dans un lieu bien précis, voir obligatoire; discothèque, etc. Et encore, certaines y vont juste pour danser... Dans la rue, ça me semble plus dur car la fille est en mode "vigilance maximum". Le top serait un lieu où les choses soient claires, on viens pour rencontrer des gens, et plus si affinité. Sur le net, il y a déjà meetic, mais dans la vraie vie, je vois pas trop."

Il a complètement raison : la vérité, c'est que le modèle social proposé par la boîte de nuit est complètement agonisant. Ce modèle était né, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, pour remplacer celui des "bals populaires" des villages où les jeunes pouvaient se rencontrer et danser. Dans les villes, un endroit comme la boîte de nuit permettait une formidable libération pour la jeunesse, en lui permettant notamment d'échapper à la surveillance des anciens, chargés de "chaperonner" les bals.

Ces endroits dédiés exclusivement aux jeunes devaient connaître leur apogée avec l'avènement du rock n'roll, qui portait au plus haut tous leurs messages et leurs envies de révolte.

Mais lorsque cette folie libératrice s'est tassée, après Mai 68, elles ont forcément décliné, au même rythme que l'énergie vitale de la jeunesse. Les années 80, typiquement, ont marqué le début d'un fort mouvement d'individualisme, qui s'est traduit jusque dans la musique : jusqu'ici, dans toute l'humanité, la danse était un mouvement collectif, à plusieurs ou à deux. Mais les nouveaux courants, (électroniques, techno, hard rock, hip-hop...) ont imposé le concept de danse ego-centrique, les individus dansant seuls les uns à côté des autres.

La zone d'intimité entre les deux partenaires dansants est d'environ 75 cm dans le rock, de moins de 10 cm dans un slow. Dans une boîte de nuit techno, elle est de plus d'1 mètre. Naturellement, fatalement, la productivité de ce modèle est quasi nulle.

Alors oui, les lieux de rencontre sont à réinventer complètement : le speed-dating, les quiet-parties, Meetic ou les chat-bars sont des tentatives, encore incomplètes. A nous de chercher, et de trouver notre voie.

 

Par Milan
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Lundi 16 janvier 2006

"Vous vous trouvez irrésisitible ? Elle, elle vous trouve surtout ridé..."
Pan dans les dents, L'Oréal a frappé !

Vous les avez sûrement vus, ces spots de pub L'Oreal où l'on tourne en dérision des hommes qui comptaient sur leur charme viril pour alpaguer la jolie nana qui passait. Manque de bol, la nana, figurez-vous, n'avait d'yeux que pour leurs rides, leurs défauts de peau et leur calvitie naissante... (peut-être était-elle en fait esthéticienne et flairait-elle du business potentiel ?)

Hommes, si vous n'aviez pas de complexes, L'Oreal se charge de vous les inventer !

Jusqu'ici, les marques de cosmétiques étaient assez passives, voire même un peu ramollos. Elles nous proposaient quelques crèmes aux noms et utilsations très exotiques (qui sait ce qu'est un "comédon", franchement ?), portées par quelques top models à visages d'angelots, fades et inconnus, auxquels on ne s'identifiait pas le moins du monde. Peut-être étaient-ils en fait plutôt destinés aux nanas, qui se chargeaient de choisir ces produits de beauté pour leur homme.

Chez les gourous du marketing, on disait que le marché des cosmétiques pour hommes allait décoller, que la tendance était là et bien là, car les hommes prenaient de plus en plus soin de leur physique. Et tout le secteur attendait patiemment un décollage qui ne venait pas du tout.

Est-ce pour secouer brutalement tout ce petit monde ?? L'Oreal est la première marque à jouer sur la culpabilité, et d'une manière assez agressive. "Vous ne prenez pas soin de votre peau ? Vous devriez avoir honte, toutes les les femmes l'ont remarqué et elles se moquent de vous dans votre dos, enfin !!". On joue clairement sur la honte et la peur du jugement des autres, et pire, du jugement des femmes (connu pour être impitoyable). Je suis allé sur le site de L'Oreal, et c'est bel et bien la honte et la repentance qu'on nous propose, à la manière de ces chrétiens qui se flagellent pour leurs pêchés. Coupables de nous être négligés au yeux de nos juges (les femmes), nous devons entrer dans la secte et accepter de nous faire laver le cerveau :

Juste retour des choses

Je sais très bien ce que les filles vont me dire : "ce n'est qu'un juste retour des choses, vous attachez tellement d'importance au physique des femmes, maintenant c'est à votre tour, c'est bien fait !"

Ben oui, mais non, justement, on n'en voulait pas, nous, de votre règne du fashion et de l'apparence physique. On n'en voulait pas de vos magazines-dictateurs de mode, de vos modèles de beauté absolument inaccessibles, de vos stars retouchées sur Photoshop, et auxquelles il faut absolument ressembler, au prix de régimes longs comme la traversée du désert ouzbek. On n'en voulait pas de votre règne de la chirurgie esthétique, et on résistera autant que possible à l'idée de se faire implanter du silicone dans la bite pour qu'elle soit plus grosse, ou à avoir des pectoraux en plastique.

Nos magazines à nous étaient remplis de sports et de voitures, nos stars n'étaient pas des mecs très beaux mais c'est pour ça que c'étaient nos potes. Les hommes canon des magazines, on s'en foutait franchement : ils avaient pas l'air de savoir taper dans un ballon, ces fiottes. Ils ressemblaient aux petits garçons-à-sa-maman que personne ne voulait prendre dans son équipe, au collège.

Alors vade retro, L'Oreal, tu ne rentreras pas dans notre forteresse même avec tes arguments-massue ! Et d'ailleurs méfie-toi, parce que ton copain Dove (groupe Unilever) est en train de te préparer un coup en traître dans le dos : tout aussi marketing et furieusement tendance, il a misé sur la promotion de la beauté naturelle.

Eh oui, je sais, ça fait toujours mal d'être trahi par un pote... 

Par Milan
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Mercredi 18 janvier 2006

"Le désir sexuel se porte essentiellement sur les corps jeunes, et l'investissement progressif du champ de la séduction par les très jeunes filles ne fut au fond qu'un retour à la normale, un retour à la vérité du désir analogue à ce retour à la vérité des prix qui suit une surchauffe boursière anormale.

Il n'empêche que les femmes qui avaient eu 20 ans aux alentours des "années 1968" se trouvèrent, la quarantaine venue, dans une fâcheuse situation. Généralement divorcées, elles ne pouvaient guère compter sur  cette conjugualité - chaleureuse ou abjecte - dont elles avaient tout fait pour accélérer la disparition.

Faisant partie d'une génération qui - la première à un tel degré - avait proclamé la supériorité de la jeunesse sur l'âge mûr, elles ne pouvaient guère s'étonner d'être à leur tour méprisées par la génération appelées à les remplacer. Enfin, le culte du corps qu'elles avaient puissamment contribué à constituer ne pouvait, à mesure de l'affaissement de leurs chairs, que les amener à éprouver pour elles-mêmes un dégoût de plus en plus vif - dégoût d'ailleurs analogue à celui qu'elles pouvaient lire dans le regard d'autrui.

Les hommes de leur âge se trouvaient grosso modo dans la même situation ; mais cette communauté de destin ne devait engendrer nulle solidarité entre ces êtres : la quarantaine venue, les hommes continuèrent dans leur ensemble à rechercher des femmes jeunes - et parfois avec un certain succès, du moins pour ceux qui, se glissant avec habileté dans le jeu social, étaient parvenus à une certaine position intellectuelle, financière ou médiatique ; pour les femmes, dans la quasi-totalité des cas, les années de la maturité furent celles de l'échec, de la masturbation et de la honte." 

(M. Houellebecq)

Par Milan
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Jeudi 19 janvier 2006
J’ai quelques bonnes copines célibataires ; il y a quelques jours, Chloe m’annonce qu’elle sort avec un mec.

Génial ! Et qu’est-ce qu’il fait ?
- Eh bien il est ingénieur, il vient d’entrer chez BQFT (Boîte Qui Fait de la Technologie)
- Ah.

Et merde… un ingénieur… j’aurais dû la prévenir : il ne faut jamais sortir avec un ingénieur !
 
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On va dire que j’ai une dent contre les ingénieurs... C’est radicalement faux. Je les aime bien, moi, ces gars-là, ils ne sont pas bien méchants, ne gênent pas trop, on peut facilement en mettre plusieurs dans un salon sans perturber la soirée. Ils sont gentils et ne te font pas souvent de l’ombre vis-à-vis des filles.
 
En fait, je les plains, au fond.
C’est vrai, quoi, essayez un peu d’imaginer ce qu’ils ont enduré dans leur vie :
 
Vous prenez un garçon normal, au lycée, comme tous les garçons, avec sa petite vie, son foot, ses potes. Il n’est pas malheureux. Bon évidemment il a déjà quelques légers symptômes : il est fort en maths, il est le seul à savoir programmer sa calculette, mais enfin jusque-là tout va bien.  Eh bien ce pauvre garçon, nous allons tenter une cruelle expérience de sciences naturelles sur lui.
  
Protocole d'expérimentation
 
A 18 ans, avec le Bac S en poche et quelques amourettes (ah, l’été de ses 18 ans… qui peut oublier ça ?), vous le retirez subitement de son écosystème naturel. Vous le placez dans un environnement confiné, avec une très forte concentration de ses congénères : la classe prépa. Et vous infligez de violentes doses de stress, répétées et prolongées, à cette sous-population cobaye.
Il est prouvé que dans de telles conditions, même les rats de laboratoire deviennent nerveux, agressifs, sont perturbés au niveau alimentaire et hormonal. Alors des jeunes garçons de 18 ans…
 
18 ans, bon sang, c’est l’âge le plus chouette de la vie, où l’on est en pleine forme, où l’on a tout pour être joyeux et insouciant ! C’est l’âge critique où l’on commence à former ses expériences, qui détermineront fortement nos comportements d’adultes. Et notamment face aux filles.
Mais ces jeunes, au nom de la science, c’est-à-dire un corpus de quelques atomes tordus et deux-trois borborygmes mathématiques, on les prive complètement de leur développement, à l’âge où il est le plus important ! C’est comme mettre une plante au placard dès qu’elle sort de terre ! De 18 à 21 ans, vous l’enfermez donc pendant que les autres garçons poussent au soleil, gorgés de rires et de jolies filles.
 
L'école d'ingénieurs
 
Une fois affecté dans son développement, vous avez créé un état hybride : ce n’est plus tout à fait un jeune mâle, déjà il commence à développer des pathologies classiquement connues (addiction au PC, jeux de rôles, fanatisme pour Star Wars, lubricité intravertie…).
Il est donc mûr pour être implanté dans le terreau que vous avez choisi : l’école d’ingénieurs. Concrètement, il s’agit maintenant de séparer les bons hybrides des mauvais, afin d’obtenir des classes aussi homogènes que possible.
 
La pression se relâche, le plus dur est fait : on a passé la prépa. Le nouvel univers est donc un paradis terrestre. Qu’importe si le paradis ne contient aucune fille (ou alors des hybrides légèrement déféminisées pour ne pas perturber le milieu) et aucune ouverture sur le monde réel, s’il s’agit d’une liberté conditionnelle, d’une cage dorée : cela ira bien.
Ce n’est pas pour rien que les écoles scientifiques affectionnent le modèle du campus : c’est le seul qui leur permette de bien isoler leurs élèves du "real world". Un peu comme une secte, cela leur permet de transmettre sans remise en cause possible les idéologies séculaires : la science est la matrice du Tout, la Vérité incontournable de toute chose, et le scientifique est son Prophète. Le monde extérieur est rempli de mécréants, et pire, de commerciaux.

Une fois encore, mais c'est devenu parfaitement normal, il n'y a que des hommes entre eux. Soirées entre mecs, dîners entre mecs, week-ends d'intégration entre mecs, bières entre mecs, délires entre mecs... Quand on n'a rien à baiser, c'est bien connu, on picole plus, et même de plus en plus. Et puis on peut faire des blagues graveleuses entre deux mines et un vomi, sans se douter que dans le "real world", cela peut rebuter les filles. Mais putain, qu'est-ce qu'on rigole entre mecs !



La vie réelle débute...
 
Tout finit un jour : la période dorée de l'école d'ingénieurs aussi. Notre hybride a poussé, c'est maintenant un beau mutant adulte, et il est temps de le regarder partir sur les sentiers de la vie...
Que va-t-il faire ? Eh bien il va se trouver un bon job, parce que, croyez-le ou non, en 3 ans de bitures et de conneries entre couilles, il est tout de même devenu un scientifique de bon niveau (peut-être par le système de perfusion cérébrale, la nuit...)

Il va donc pouvoir entrer dans une belle boîte d'ingénieurs : Thomson, Thales, EADS, Airbus, Renault, IBM... Des entreprises qui ressemblent furieusement à son milieu d'origine : que des mecs, que des ingénieurs, toujours pas d'ouverture sur le "real world". Bon il y a bien quelques commerciaux, des béotiens qui ne comprennent rien à la Science et qui parlent de "profits" (de quoi ?).


Le problème, maintenant, ça va être de se trouver une femme : c'est généralement là qu'ils commencent à craquer. On leur a tout appris, ils ont résolu les problèmes les plus inextricables, et ils butent sur une problématique simple à variables limitées : comment séduire une fille ?

Aucune idée... ! Ils n'en ont jamais vu en vrai. Ca ne réagit pas pareil, ça ne se biture pas en rigolant grassement, comment adopter un langage commun ?? Comment faire ? Elles ne rigolent même pas quand on leur vomit dessus ! Tout d'un coup, l'ingénieur, qui planait si bien dans les sphères intellectuelles de la science se trouve maladroit et balourd. Un peu comme l'Albatros de Baudelaire, vous souvenez-vous ?

  A peine les ont-ils déposés sur les planches,
  Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
  Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
  Comme des avirons traîner à côté d'eux.

  Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule! 
  Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
  L'un agace son bec avec un brûle-gueule, 
  L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait
!

Complètement désemparés, ils découvrent avec horreur, et trop tard ! que tout ce qu'on leur a appris était à côté de la plaque, que la loi se fait dans le "real world" et pas dans leurs mondes imaginaires et quantiques.

Il ne reste quasiment pas d'issue : soit rester dans ce monde brutal et accepter d'y être un mutant décalé, soit s'enfermer seul dans un monde virtuel dont on sera le héros.

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Moralité : que croyez-vous qu'il est arrivé à ma copine Chloe ?

Après quelques tête-à-têtes charmants et prometteurs, elle a accompagné son nouveau chéri dans des soirées entre potes. Plusieurs fois d'affilée, avec une patience d'ange, elle a soulevé et ramené le scientifique, déchiré par les whiskys-coca, jusque dans son lit. Plusieurs mois d'affilée, elle a attendu qu'il finisse de tripoter son ordinateur, tard dans la nuit, pour avoir son câlin.

Et puis un jour, elle s'est barrée en décrétant qu'il ne comprenait rien aux femmes.

Par Milan
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Lundi 23 janvier 2006

Mon vieux pote, Jérôme, est un mec organisé : son appart est bien rangé, il a tout un tas d'albums photo classés par année, et celui au fond à droite de l'étagère, c'est l'album de ses ex.

Oui, toutes ses ex-petites amies sont là, en photo, chacune a sa page dédiée (ou ses pages, selon son importance et la durée de la relation). Elles aussi sont classées par année. Jérôme se défend, "mais non, ce n'est pas un tableau de chasse, enfin !", mais il a sa comptabilité bien en tête : 37 ex-petites amies, relations de 4 à 2643 jours, en moyenne : 8,4 mois ("mais une moyenne, ça ne veut pas dire grand-chose").

Chez Gianfranco, c'est encore plus fort : chaque page de son cahier secret, très bien agencé, contient le nom, prénom, n°, un photomaton et une brève description. La date, le lieu de la rencontre, et ce qui s'est passé en quelques lignes, parfois succulentes : "contrat baby-sitting. Baisé la maman" (désolé pour les âmes sensibles).

Ca tient à la fois du book de casting et du rapport de police, et c'est très lisible ! Sans doute parce que ce sont vraiment des photomatons (il le demande systématiquement aux filles), on a une belle impression d'ordre et de propreté industrielle. Là encore, les statistiques sont bien à jour : 128 filles ("mais j'ai commencé assez tard, tu sais").

Je pourrais encore citer des dizaines de cas : ce CRS fan de tuning qui cachait une caméra dans sa chambre pour se faire une vidéothèque perso de toutes les filles passant dans son lit,  ce commercial qui prenait discrètement en photo le sexe de toutes ses conquêtes grâce à son téléphone portable dernier cri, pour les montrer le lundi au bureau...

Combien sont-ils, les hommes qui tiennent à jour leur tableau de chasse ? Moi-même, j'ai beau jouer les vertueux romantiques et me dire que je ne fais pas cela, je sais quand même à peu près avec qui je suis sorti. Je pourrais refaire la liste. Créer une base de données consultable en ligne :)
A supposer, bien sûr, que ça ait un quelconque intérêt...

 

Et les filles ? est-ce que les filles font ça ? c'est con, comme question, je sais, mais aucune n'a jamais voulu me répondre franchement sur le sujet... A chaque fois j'ai droit aux mêmes cris indignés - et hypocrites, "quelle horreur", "c'est d'un macho", blablabla, gnagnagna...


Par Milan
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Mercredi 25 janvier 2006

C'est le nouveau terme à la mode, qui fait fureur dans les magazines, et donne une raison d'écrire et de vivre aux journalistes de Elle et Voici (qui sinon n'en auraient pas beaucoup, entre deux saisons de défilés de mode), ainsi qu'aux pauvres bloggueurs comme moi. Übersexuel, le mot est lancé, c'est LE nouveau modèle de l'homme, LA nouvelle tendance de demain.

L'homme übersexuel ("sur-sexuel" en français) annonce le retour de la virilité. La virilité assumée, c'est ça qui est important : retour aux valeurs fondamentales (solidité, force, courage) mais sans complexe, sans opposition à la femme, qui, c'est bien connu, est le meilleur ami de l'homme. Les années de guerre des sexes sont finies, la femme est émancipée, elle a eu tout ce qu'elle voulait, l'armistice est signé, chacun retourne à son camp. Et l'homme redevient un mâle.

 

 

Bon, autant le dire clairement, je n'ai pas tout compris à ce nouveau "concept" qui n'en est pas un. Moi je préférais le coup de l'homme qui devait devenir "métrosexuel"...

Eh oui, ce bon "métrosexuel", nouvelle race d'homme-dandy qui se pomponne, se parfume, et soigne son look à coups d'heures de shopping, on nous avait dit il y a 3 ans que c'était LE futur de l'homme. Les modèles : David Ginola et David Beckham, Jean-Luc Delarue et Ariel Wizman... Ca tombait bien pour moi, vu que je passe plus de temps dans la salle de bains que ma chérie : ) j'étais donc en avance sur mon époque...

Ca paraissait évident : nous étions les premières générations d'hommes créés après l'invention du féminisme et du divorce, forcément ça n'allait pas donner la même chose qu'avant. Elevés en majorité par des mères seules, ou remariées, ayant leur propre job et une totale indépendance financière, on avait appris à respecter (et à obéir) aux femmes. A les comprendre, aussi.

A cette époque-là, les pères n'avaient pas bonne presse : la plupart étaient absents, ou infidèles, finissaient par se barrer de la maison, ne demandaient pas la garde des enfants parce que ça ne leur serait pas venu à l'esprit, et ne versaient pas ensuite la pension alimentaire.

 

Le métrosexuel, finalement, c'était un bon produit : fait par la femme, pour la femme.

 

Trendsetter

Et puis soudain, j'apprends aujourd'hui quel est le point commun du metrosexuel et de l'ubersexuel : les deux "concepts" ont été rendus célèbres par la même personne,  Marian Salzman, gourou auto-proclamée du futur de la mode et dirigeante d'une très grande agence de pub américaine.

Son bouquin, The Future of men, est en fait destiné aux grandes marques qui s'intéressent de très près "à ce consommateur mâle si difficile à comprendre" : de la pub pour son agence de pub, en somme. Or, tout le monde le sait, dans le marketing il faut savoir renouveler les concepts périodiquement ; alors les industriels, on leur vend un coup le metrosexuel, un coup l'ubersexuel, demain le chépaquoisexuel, etc...

 

Ouf ! Ca veut dire que d'ici deux ans à tout casser, toutes ces conneries d'übersexualité seront à la décharge municipale, et je pourrai recommencer tranquillement à squatter la salle de bains...

 

Par Milan
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Vendredi 27 janvier 2006

Il paraît que le sexe fait grimper l'audimat (ou le blog rank pour ceux qui sont accros). Je tenais absolument à le vérifier ce soir ; voici donc une histoire de sexe :

Un programmeur raconte a ses copains informaticiens :
- Hier, j'ai fait la connaissance d'une superbe nana...

Les copains informaticiens :
- Aaaah !
- Je l'invite chez moi, on boit un coup, je commence a l'embrasser.

Les copains informaticiens :
- Aaaaaaah !
- elle repond "deshabille moi !!"

Les copains informaticiens :
- Aaaaaaaaaaaaaaaaah !
- Alors j'enleve sa culotte, je la souleve et je l'assois sur le clavier de mon nouveau PC...

Les copains informaticiens :
- Ouaaahhhh, t'as un nouveau PC ? C'est quoi comme processeur ?

Par Milan
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