Esprit d'entreprise

Publié le par Milan

Pourquoi en France l'entreprise est-elle si mal vue ?


Les chefs y sont toujours des "petits chefs", les relations sociales y sont toujours "tendues", les employés toujours "stressés", les cadences toujours "infernales", les actionnaires toujours "avides de profits"... Tous ces stéréotypes du langage montrent bien la méfiance des Français vis-à-vis de l'entreprise.


L'opinion collective est désastreuse : le seules images que le mot "entreprise" évoque sont les piquets de grève au journal télévisé de 20h, les usines occupées dans un premier temps pour obtenir des salaires plus élevés, puis quelques mois après pour supplier qu'en fin de compte on ne délocalise pas...

Il n'y aurait donc pas d'entreprise heureuse ? De salariés satisfaits ? Les Français contents de se lever le matin pour aller bosser sont-ils une minorité invisible ? Ou bien plutôt, comme je le soupçonne, une majorité silencieuse ?



Les Français n'ont guère l'esprit "corporate", c'est évident. Globalement, ils donnent l'impression de ne pas du tout etre en phase avec le commerce mondial, la fameuse "mondialisation" étant presque un mot tabou. Un sondage réalisé auprès des députés montrait que 60% d'entre eux avouaient "ne rien comprendre à l'économie" !


Le Medef avait pendant un moment (et encore aujourd'hui probablement ) organisé des portes ouvertes en entreprise pour faire changer l'opinion très négative des professeurs d'économie. En somme, il s'agissait de faire découvrir aux profs - majoritairement des enseignants de gauche sans aucune expérience du secteur privé - la réalité du terrain. Le sujet de leur propre enseignement !!

Quand aux sénateurs, ils continuent régulièrement à s'organiser des "stages en entreprise" un peu ridicules, du même genre que celui que j'ai fait en troisième, pour mieux comprendre l'économie actuelle...


Entre stages, CDD et intérim, j'ai côtoyé près d'une vingtaine d'entreprises (soit plus que mes deux parents réunis). Et nulle part je n'ai retrouvé les clichés et les idées reçues habituels.

En fait, l'entreprise est plutôt un lieu de vie, très social et même assez cordial, bien plus sécurisant que la rue ou une cour d'école, par exemple.


Les gens y lient facilement des amitiés, y trouvent assez souvent des partenaires sexuels, et parfois même des partenaires amoureux. Pour tout dire, j'ai l'impression que les gens travaillent plus pour l'aspect social que pour le boulot proprement dit : prendre le café, rigoler avec les collègues, dejeuner en se lançant des vannes, et médire de tout le monde dans son dos. Autant de choses qui vous manquent cruellement quand vous êtes un pauvre chômeur solitaire.


Après tout, on dit souvent qu'il est possible de supporter un travail répétitif si l'ambiance est bonne ; alors qu'à l'inverse, peu de gens restent sur un job passionnant dans une mauvaise atmosphère.
Ce qui prouve bien qu'au fond, on est surtout là pour se faire une vie sociale.

 

 

Publié dans 1mec1fille

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Milan 24/04/2007 12:04

Tout le monde va bien, mon bon Pimpin. On travaille sous les cocotiers, mais on travaille...Je reviens à ce qu'on disait avec Grr ; je tombe justement dans le journal sur les mêmes réflexions, avec le directeur de l'OMC, Pascal Lamy :" Les enquêtes d'opinion l'attestent, la France est le pays dans le monde où les peurs et les angoisses vis-à-vis de la mondialisation sont les plus élevées. Pourtant, si l'on mesure son degré de globalisation avec des critères objectifs, comme le commerce international, l'actionnariat, le nombre de connexions à Internet ou celui des touristes étrangers, elle se classe dans le peloton de tête. C'est bien la preuve que le corps de la France est globalisé, mais que sa tête ne l'est pas. La France est le pays où l'écart entre la réalité de la globalisation et sa perception est le plus important. "Interview sur http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/mondialisation/dossier.asp?ida=456976

madame milan 17/04/2007 06:25

madame va bien merci pimpin :)

pimpin 11/04/2007 20:33

Petite parenthèse : "lieu de vie sociale", je dis ouais, à prendre avec des pincettes, car il y a toujours des cas particulier, comme par exemple les SSIIs.Même si j'ai eu des histoires avec des stagiaires (d'ailleurs, le thème de "stagiaire" mériterait un article rien qu'à lui...) à l'époque où j'en étais un, je dois dire que depuis c'est trop la loose. Et encore, en ce moment je suis chez le client, et bien figuez vous que c'est encore pire (je tairais le nom de la boite...).Vous allez me dire, la vie sociale ne se résume pas à la vie amoureuse/sexuelle. Rassurez vous j'en suis conscient :)Sinon quoi de 9...1/ La mariée : je tiens le coup, même si elle revient régulièrement à la charge !!2/ L'ex : il n'y a pas eu de suite, on se reparle de temps en temps, surtout quand elle a un problème informatique en fait :)3/ La stagiaire exilée : Scandale !! Avant qu'elle parte on a passé une nuit ensemble. On s'est expliqués après qu'elle soit partie, je lui ai dit que j'avais des sentiments et que c'était pas si simple que ça. Je l'ai un peu pourri par mail un soir où j'étais bourré, j'ai été un peu con dans cette affaire...Bref ! Une fois l'éponge passée, on se parlait de temps en temps avec webcam, c'était bien sympa. Le soir de la Saint Valentin, on était comme 2 cons chez nous derrière la webcam, je pense qu'on aurait vraiment préféré se voir...et puis ensuite, plus rien. Je n'ai pas de nouvelles depuis, je ne sais même pas si elle est rentrée. Y'a une rumeur comme quoi son cv retrainerait sur les bureaux de ma boite. J'imagine bien le bordel si elle revient !!Et toi Milan. Tu bosses ? Mme va bien ?Spécial bonjour à Grr et E.A+

Grr 11/04/2007 11:15

"je pense que notre pays n'est pas du tout en phase avec le commerce mondial actuel / La mondialisation libérale nous a donc pris complètement à contre-pied, et à contre-culture" < je pense que c'est plus dans la tête que dans la réalité. Les entreprises françaises se portent très bien, sont bien implantés partout dans le monde, bref, la France ne se fait pas bouffer tout cru par un monde hostile. Et pourtant on a une impression collective qui indique le contraire. Quand la France gagne, tout le monde est content mais quand une entreprise risque de se faire racheter on en appelle aux politiques en faisant croire que c'est la fin de l'économie française. Trop pessimiste les Français ?

Milan 13/04/2007 11:03

Bien sûr, trop pessimistes.Et je reste convaincu que c'est en partie parce que la mondialisation libérale va à l'inverse de tous les schémas économiques qui ont été ceux de la France pendant des décennies.Effectivement, Grr, les entreprises françaises se portent bien et prennent des parts de marché à l'étranger. Mais culturellement, elles continuent à faire le "grand écart" entre la mentalité française et les contraintes du marché.Regarde les entreprises du CAC 40, ce sont pour la plupart d'ex-monopoles publics ou entreprises intimement liées à l'Etat : Vinci, Air France, EDF, Bouygues, Alcatel, Renault, Saint-Gobain, etc, etc...Des entreprises aujourd'hui encore dirigées plus par des énarques / polytechniciens que par des HEC ou des MBA !L'exemple-type, pour moi, c'est France Telecom, pour l'avoir vécu de l'intérieur. Une entreprise certes performante à l'international, mais complètement déchirée, au niveau de sa culture d'entreprise, entre les "nouveaux capitalistes" et les "vétérans fonctionnaires" ! Une immense machine schizophrène, à l'image de la France dans la sphère de l'entreprise...