Au début, Facebook, vous avez trouvé ça amusant. Vous avez rejoint vos amis pour partager les photos de
vos derniers délires. Vous les avez "pokés", et vous avez fait des truc passionnants et constructifs, comme échanger des hamburgers virtuels. Notamment pendant les heures de travail.
Ensuite, vous avez contacté vos cousins, vos vieux potes d'enfance, et vos ex-camarades de classe. Bref, tous ces gens dont au fond, vous n'avez un peu rien à foutre. Mais il fallait bien augmenter
votre nombre d'amis, ce redoutable indicateur de succès collé à votre
profil.
Et les amis, subitement, vous vous êtes mis à les compter, comme l'oncle Picsou comptait ses pièces d'or, seul dans son
coffre. En fait, vous faisiez la collection. 30, 50, 100 amis, il fallait suivre l'inflation pour ne pas passer pour un asocial (que vous ne dédaignez pas être, d'ailleurs, dans la vie
réelle). Du coup, vous avez recruté un peu n'importe qui, y compris votre grand-mère, dont les premiers pas sur Facebook vous ont bien fait rire.
Damned, mon ex
Par contre, vous avez moins rigolé en découvrant que vos ex avaient visté votre profil, introduits comme des Troyens par d'anciens amis communs. Surtout quand
vous avez appris, grâce à leurs photos, que votre ex-fiancée s'était mariée avec votre ancien meilleur pote. Et que leur idylle avait commencé quand vous étiez
au service militaire à Metz.
Après quelques années sur Facebook, votre soeur ne vous parle plus : elle n'a pas apprécié les souvenirs online de votre soirée trop arrosée avec son mari, publiées par un cousin bourré.
Les bières, passe encore, mais la vidéo où on vous a tagués entre deux strip-teaseuses asiatiques, non. Surtout le passage où elles l'ont déshabillé en public sous vos encouragements.
Votre patron a entamé une procédure contre vous, depuis que Didier de la compta a mis en ligne des photo du dernier séminaire. Dont celle où vous apparaissez en train de peloter la stagiaire.
De toute façon, l'ambiance au bureau est devenue lourde : tous vos collègues vous regardent bizarrement en ce moment - normal, ils sont tous au courant que votre divorce se passe mal.Dans le monde réel, vous
n'en auriez parlé qu'à 4 ou 5 personnes proches. Avec Facebook, vos 253 contacts l'ont tous appris simultanément.Votre (ex)-femme a écrit sur son Wall que vous l'avieztrompée,battue, et que
vous ne payez pas la pension alimentaire. La moitié de vos "amis" ont pris son parti et vous ont blacklisté.
Finalement, Facebook vous aura pourri la vie. Il pourrait bien aussi vous pourrir la mort : votre profil sera sans doute plus visité que votre pierre tombale, mais vous n'aurez plus aucun contrôle
dessus. Lorsqu'il est averti d'un décès, Facebook fige le site dans un état "Memorial", et accepte d'ouvrir le compte à une personne pouvant justifier de sa parenté.
Reste à espérer que ce ne soit pas votre ex-femme qui hérite de vos codes accès...
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