Mais au fait c'est quoi un homme ?

Publié le par Milan

Je suis un homme : banale évidence.

J'ai une bite. Un pénis, si vous préférez. C'est bête et banal. Moi, je ne le vois même plus. Je le connais par coeur, avec ses qualités, ses défauts, ses moments de forme et ses passages de faiblesse. Comme je connais l'état de mes chevilles pour le sport, quoi. C'est un organe, mon organe, il est bien sympathique mais ça reste un instrument.  

Ca ne suffit pas à faire de moi un homme.


Mais alors quoi ?

Mon rôle dans le couple ? Mais justement, quel est-il ? Je partage avec ma dulcinée les grandes décisions, les problèmes, les courses, les tâches ménagères (tu pourrais ranger un peu tes strings d'ailleurs ?) Ce n'est pas moi qui rapporte les revenus du couple, même si mon salaire est légèrement supérieur.

Je vis dans une stricte égalité de couple, dans une bonne démocratie moderne, c'est-à-dire : stable et consensuelle. C'est joli, c'est équitable et gentillet. Je suis un homme, dans les années 2000, en somme ; impossible de trouver au sein de ma génération une femme qui serait entièrement dépendante de moi, de l'homme du couple. Et de toute façon, même si ça existait, je n'en voudrais pas ! Je suis moderne malgré moi, et je ne supporterais pas cette situation rétrograde de dépendance. Oh, je sais que si j'étais né une ou deux générations avant, j'aurais adopté ce fonctionnement sans problème. Mais le retour en arrière n'est plus possible, maintenant.

Ce n'est donc pas ça qui me définit en tant qu'homme. Je suis juste une moitié de couple, un associé. A la limite, je pourrais tout aussi bien être une femme, ça ne changerait rien.


Le travail ? Le travail n'est plus, depuis longtemps, une prérogative masculine, même à haut niveau. J'y côtoie autant de femmes que d'hommes ; certaines ont des responsabilités, des postes élevés, des gros salaires. Elles ont de l'autorité, cette forme d'autorité si particulière, un peu maternisante, qu'ont les femmes. Une situation sociale ne te rend pas plus homme.

D'ailleurs, qui de ma femme ou de moi prendra le congé parental ? La question est ouverte pour ma génération, elle ne l'avait jamais été auparavant. Pourquoi je le prendrais pas, moi ? Je suis plus patient :) et j'en profiterais pour écrire...


La violence ? Avant, oui, l'usage de la violence était quelque chose de typiquement masculin. Toutes les générations d'hommes qui m'ont précédé ont dû affronter la terrible épreuve de la guerre : l'Algérie pour mon père, l'occupation nazie pour mon grand-père, les tranchées de 14-18 pour mon arrière grand-père...
Tous ont connu ces périodes où être un homme, c'est prendre un fusil pour tuer et défendre.

Mais moi, non ; je vis dans une société en paix, tertiarisée, aseptisée. Les seuls rapports tolérés sont ceux de courtoisie. Dans les grandes entreprises, dans l'univers des cadres et des bureaux open space, la politesse est obligatoire et imposée, et même quand les gens se haïssent, ils se le disent avec moultes circonvolutions d'usage. Personne ne peut se permettre d'être agressif ici ; nous sommes entre gens bien élevés...


Non, honnêtement, je ne sais pas ce qui constitue un homme aujourd'hui ; je peux le définir en creux, par défaut, par opposition à ce qu'est une femme et qui me paraît plus clair. Un homme, c'est tout ce que n'est pas une femme. Une définition floue... l'ex- "sexe fort" est devenu bien fragile...

 

Publié dans 1mec1fille

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DePassage 11/05/2006 18:21

BonsoirJe me permets de te citer :Parce que les mecs, c'est souvent comme ça : les problèmes, ça ne se partage pas (ça fait souvent grincer des dents la petite amie, d'ailleurs). Les difficultés, ça se gère seul, c'est ça qui fait qu'on est un homme. On n'expose pas sa vulnérabilité. Les amis, ça ne sert pas d'épaule-appui pour pleurer, mais plutôt à se ressourcer : auprès d'eux tu n'as pas à en parler, tu peux donc laisser les problèmes à la porte et recharger tes batteries. Reprendre des forcesJuste pour signifier que tu as déjà vu un aspect qui différencie :)Bien que je ne sois pas d'accord avec cette pensée.Jusqu'à présent, les différences comportementales que j'aie pu constater sont toutes dues à l'éducation.Et les "garçons manqués" sont élevés comme des garçons, les "effeminés" comme des petites filles.Je pense que fondamentalement il existe très peu de différence, hormis physiques, entrez hommes et femmes.Il ne tient qu'à chaque personne de voir au-delà de ses préjugés hérités de la société, de la culture, des médias.

Axelle 30/03/2006 16:06

Salut à tous,
C'est vrai qu'aujourd'hui, un homme se définit plus par ses différences physiques, physiologiques et biologiques avec une femme que par son comportement et sa manière de vivre. Même si les hormones par exemple rendent, généralement, les hommes plus agressifs que les femmes, pour ne parler que de l’agressivité. Il reste qu'à cause de ses différences physiques, les hommes et les femmes ne voient pas la vie de la même façon et que c'est pour ça à mon avis qu'on a parfois tant de mal à se comprendre.
Aujourd'hui, dans notre société, comme tu le dis, il y a de moins en moins de différences entre un homme et une femme même si elles persistent malgré l'égalité des droits.
On tous bien du mal à définir ce qu'est un homme parce que je pense que son rôle dans la société est en train de changer et d'évoluer pour s'adapter aux changements qu'ont engendré les modifications de la condition féminine.

madame milan 30/03/2006 12:09

Je suis rassurée de ne pas être la seule à flipper à l'idée d'avoir un bébé......

Nina 29/03/2006 20:52

Je trouve cet article hautement intéressant, surtout pour une fille!! ;) C'est vrai qu'il y a des points auxquels j'aurais pas pensé, comme la guerre et la violence... Vraiment, tu pousses la réflexion à un niveau intéressant.Et je pense que si je peux, ce sera le papa de ma progéniture qui s'arrêtera car les bébés, ça me fait un peu flipper, je crois...

madame milan 29/03/2006 12:54

Et moi tu veux j'affiche t calçon avec des coeurs rouges ?? Je jure que c vrai lol ;)p