Ouaich' racaille

Publié le par Milan

Scène ordinaire en banlieue : une dizaine de mecs jouent sur un terrain de foot. Deux racailles arrivent, et s'incrustent pour jouer (pas poliment). Au bout de quelques minutes, ils commencent à provoquer, à insulter des joueurs, à vouloir se battre. Un mec se décide à leur dire "c'est bon, calmez-vous, maintenant" - ca va donc tomber sur lui, il se prend un coup de tête, tombe au sol et se prend un coup de pied dans le visage.

Les deux racailles quittent le terrain, plutôt fiers d'eux ("j'lui ai défoncé sa race"). Les 10 mecs "normaux" n'ont pas bougé, sauf pour amener ensuite le blessé à l'hôpital.

 

Oui, une scène ordinaire en banlieue...

Non écrite, la loi des racailles repose sur l'intimidation : on va choper une victime, et si c'est pas toi, t'as intérêt à fermer ta gueule, et tu passeras peut-être à travers. A force de prendre les transports en commun, j'ai pris l'habitude de ces chroniques de la lâcheté ordinaire : quand tu te fais agresser dans le metro et que personne ne bouge un doigt, quand une fille se fait draguer par un lascar collant, menaçant et que personne ne vient l'aider, ou même quand une bande de petits connards de 14 ans met sa sono rap trop fort et que tout le monde s'écrase...

 

Emeutes

 

J'ai le sentiment que depuis les émeutes de cet hiver, les racailles marchent dans la rue avec encore plus d'assurance : "on vous a montré de quoi on est capables, maintenant ; vous pouvez flipper, parce que bientôt on va prendre le pouvoir".

Ils en sont bien conscients, et les citoyens aussi : la prochaine fois que la rage générale explosera (suite à un meurtre, une bavure policière, un contrôle qui tourne mal...) les racailles ne se contenteront pas de brûler le bas de leur immeuble, ils iront ravager les pavillons, les quartiers bourgeois, l'intérieur de Paris et tous ces endroits où les bons citoyens se sentent en sécurité, loin des ghettos.

 

C'est devenu facile, dans ce climat, de jouer la racaille. Il suffit de mettre le déguisement consacré (baskets, casquette ridicule, jogging Lacoste et démarche de pingouin) de faire son regard de méchant, et de traîner avec quelques potes ; cela suffit à être craint des braves gens, à se faire respecter pour pas cher.

 

L'exemple qui m'a le plus frappé : un jour dans le RER, je vois tout le monde se tasser à l'arrière du wagon parce qu'à l'avant, un groupe de jeunes bruyants et irrespectueux entourent un gros pitbull à l'air menaçant. Ca sent un peu la gêne et la peur dans le wagon.

Pour sortir, il faut passer au milieu de la bande, c'est déjà une petite épreuve de force. Et soudain, au milieu de ces racailles, je reconnais un élève de 16 ans à qui je donne des cours particuliers de maths (!)

Encore jeune, il est deja assez costaud, mais je le connais bien : il est issu d'une bonne famille bourgeoise, d'origine algérienne, et à la maison il ne dit pas un mot de travers à sa mère, qui l'élève avec autorité. Un petit bourgeois de pavillon, déguisé en grosse racaille à pitbull !!

 

Racisme inversé

 

Oui, l'image de la racaille est bien pratique, il suffit de l'emprunter pour faire peur. Et à ce petit jeu-là, question de crédibilité, il vaut mieux ne pas avoir une tête de Blanc.

En quelques décennies, le racisme anti-Blancs s'est développé et à pris une ampleur inquiétante, parce qu'il est plus diffus et plus subtil que le racisme "classique", envers les minorités (arabes ou africaines le plus souvent). Pourquoi ? Parce que les politiques, les journalistes, les intellectuels de gauche ne sont pas confrontés à cette haine banalisée, étant bien à l'abri dans les quartiers chics, où la densité policière est bien supérieure à la moyenne. Parce qu'on méprise facilement cette "France d'en bas", en la caricaturant comme une assemblée de Bidochons xénophobes. Mais moi, pour être né et avoir grandi en banlieue, je n'accepte pas les discours-clichés-bien-pensants, qu'ils soient de droite ou de gauche, des gens qui n'y ont jamais mis les pieds.

 

Dans les cours de récré, l'image du petit Blanc trop bourgeois, trop faible et tout seul, victime toute désignée pour le racket, a pris une telle dimension que Jamel Debbouze en avait fait un sketch nauséabond, et qui avait pourtant beaucoup fait rire ("hé Gregory viens un peu par ici, vazy t'inquiète pas j'vais pas te frapper"). Une image à laquelle les jeunes font tout pour échapper : combien de fois ai-je vu des petits Français ou même Asiatiques parler à moitié arabe avec l'accent racaille ??

 

Ce sont des scènes ordinaires en banlieue : racisme généralisé, lâcheté, stupidité, violence gratuite. Chroniques de la vie quotidienne.

 

j'aimerais voir brûler Panam au napalm sous les flammes façon Vietnam
tandis que ceux de ton espèce galopent (...)
J'ai envie de dégainer sur des f.a.c.e.s. d.e. c.r.a.i.e
(Ministere Amer)

Et sur mon palier, ça sent que l'maffé, le couscous ou l'tiep
En tout cas pas l'porc ou bien l'cassoulet
Comme chez les gens chez qui jvais cagoulé...
(Lunatic)

Quand le maquereau prend le micro, c'est pour niquer la France
Guerre raciale, guerre fatale oeil pour oeil dent pour dent
(Smala)

Les keufs sont lynchés, enfin, ça soulage,
Faut que Paris crame
Ce soir à mort Le Pen, On redémarre la guillotine, pire qu'à Djibouti
Poitiers brûle et cette fois-ci, pas de Charles Martel
On vous élimine, puisque que c'est trop tard
La France pète, J'espère que t'as capté le concept
(Salif)

 photos : Associated Press

 

 

Liens :
Le manifeste de Bruno Gheerbrant
Gaston Kelman interviewé par L'Internaute
L'émission Arrêts sur Images (La Cinquième)
Controverse autour de l'appel de Kouchner et Finkielkraut

 

Publié dans 1mec1fille

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usclade 21/05/2010 00:04



En quelques décennies, le racisme anti-Blancs s'est développé et à pris une ampleur inquiétante, parce qu'il est plus diffus et plus subtil
que le racisme "classique", envers les minorités (arabes ou africaines le plus souvent). Pourquoi ?


Plus diffus et plus subtil? Au contraire, il est beaucoup plus bête et méchant ! Beaucoup plus spectaculaire et grossier... Car ostensiblement provocateur et agressif.


Je viens de lire tous les commentaires et naturellement, ce qui ressort de la situation c'est la haine, cautionnée par l'exaspération. C'est notre réaction naturelle face à ces agressions
malveillantes.


Mais faudra bien dépasser cela un jour, et faire face à ce genre de provocation. On voit cela comme de la barbarie, mais ce sont des comportements sociaux extrêmement complexes qui dépassent la
simple valeur des individus (sauf à considérer que les populations immigrées auraient statistiquement plus d'individus intrinsèquement asociaux, hypothèse que j'écarte) ..


Désolé mais si on attend que les individus retrouvent d'eux mêmes le droit chemin, on n'a pas fini. Y a bien un moment où faudra quand même s'attaquer au système, au lieu de réprimer ou de
l'invoquer pour jouer la montre. Oui projo sur le système avant tout, plus que sur les individus.


Je ne dis pas ça pour déresponsabiliser et innocenter les individus. Mais pour sortir du schéma de la poule et de l'oeuf, de cette escalade au plus coupable/plus victime qui excite chacun d'entre
nous et nous empêche d'être lucide.


Moi je vois que la démocratie de marché version capitaliste décomplexée met les individus en compétition, consacre plus d'effort à susciter du désir (industrie publicitaire) qu'à l'assouvir
(industrie de production low cost délocalisée).  La compétition nous faisant plafonner à un niveau forcément décevant et donc toucher du doigt notre médiocrité, et notre "pouvoir d'achat"
forcément insuffisant car toujours inférieur à celui d'un voisin, ce système produit de la frustration et de l'humiliation en masse.


Ceux qui sont le moins bien préparés à ce fonctionnement, qui n'arrivent pas à être compétitifs, adoptent le comportement des gamins qui ne comprennent pas les règles du jeux. Ils s'en inventent
d'autres avec lesquelles il leur est plus facile de se sentir valorisés. Et quand on rentre dans une logique d'affrontement avec eux, bingo, ils ont enfin la reconnaissance qu'ils attendaient.


En gros inaptes à la guerre économique bien codifiée, ils pratiquent la guerilla civile avec frénésie...


Que doit-on faire avec le racisme anti-blanc? Pas facile à dire, mais en tous cas je ne reprocherai pas aux journalistes de taire le phénomène. Au moins en procédant ainsi ils évitent de tomber
dans la provocation.


Et c'est là que plutôt que de chercher des coupables parmi les meutes de crétins irresponsables, mes reproches iront plutôt chercher du côté de nos responsables. Ceux qui déclarent la guerre à
ceux qui n'attendaient que ça. Celui qui a jeté du kérozène sur le feu en qualifiant de racaille des citoyens qui se sentent galvanisés par ce titre et en dégainant le premier son kärcher.


Celui qui a joué les Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées pour déclencher l'intifada attendue, qui lui garantira des années de pleins pouvoirs.


Plutôt que calmer le jeu pour amener la société vers un fonctionnement plus zen qui ne prête pas la flanc à toute sorte de guerilla.


Mais ça c'est pas dans nos projets. On a choisi une nouvelle guerre de 100 ans, faudra vivre avec...



Nicolas 05/11/2008 21:57

Ok Bah la rentrée c'est demain je verrai bien ^^ je pense qu'il a zapper mais j'ai osi penser qu'il aller ramener un couteau :s 

Milan 05/11/2008 08:47

Salut Nico, je suis désolé de voir que tu as des emmerdes déjà à 13 ans. En même temps, c'est pile la tranche d'âge où on a des emmerdes avec les racailles.Déjà c'est sacrément bien de l'avoir frappé. Pour la suite des opérations, je te conseillerais franchement de prendre des cours de self-défense et d'embarquer une arme défensive avec toi (j'ai dit "défensive", pas de couteau ou autre connerie)Courage à toi, et reviens pour nous dire ce qu'il en est. Je ne veux pas jouer les pères virtuels, mais ce que tu décris est inquiétant.

Nico 28/10/2008 17:33

Perso moi j'ai taper "probleme avec des racailles" sur google et j'suis tomber sur ton site. J'ai 13 ans et au college je me suis battu contre une vraie racaille de 15 j'ai peur des représailles car ce mecs et un fou, enfin sa c'est des rumeurs, les racaillles c'est toujours des rumeurs qui font leur réputaation.DOnc le mec il a 15 ans et moi 13 c'est le boss d'une cité de ma ville (donc tu parle le mec qui se la pete a mort) moi il avance vert moi alors que je le connaisser pas il me pousse en me disant que je l'avait traiter de SEGPA alors que jai jamais traiter personne de SEQPA, donc après il ma repousser et la je lui est enchainer  DEux pattates dans la gueules (j'fais du karaté mais bon dans des bastons de rues sa sert pas a grand chose) il était un peu sonner il s'est mis debout il ma sauter dessus et je l'ai plaquer par terre et après un pion la pris, mais il a eu du mmal(j'ai flipper quand j'ai vu que les 2 patates avait pas suffi, j'ai a moitier pissser dans mon froc :s), et voila. Si vous avez des problemes avec de la racaille taper toujours le plus fort dans un groupes les autres fermeront leur gueule avec moi sa a toujours marché et ssa marchera toujours (jusquau jour ou je vais tomber contre plus fort que moi et là j'vais avoir mal) merci d'avoir lu jusquau bout pis si vous pouvez me rassurer (car jai peur des ses potes et des représsailles)

Milan 09/08/2008 06:09

Je suis tout à fait d'accord. Le vote à droite ou à l'extrême-droite est une réaction à ces humiliations quotidiennes, que les médias se refusent à montrer, par peur de stigmatiser les immigrés.Difficile de sortir de cette situation... En attendant, ce qu'on ressent c'est surtout l'impunité totale dont profitent les bandes de racailles : chaque manifestation est squattée et saccagée, chaque évènement public (fête de la musique, 14 juillet...) nécessite de plus en plus de forces de l'ordre...La situation ? elle va empirer, comme elle le fait depuis plus de 25 ans