Thème

Un homme moderne, je veux bien !
Mais en quoi ça consiste, être un homme aujourd'hui ??

Mercredi 25 janvier 2006 3 25 /01 /2006 18:02

C'est le nouveau terme à la mode, qui fait fureur dans les magazines, et donne une raison d'écrire et de vivre aux journalistes de Elle et Voici (qui sinon n'en auraient pas beaucoup, entre deux saisons de défilés de mode), ainsi qu'aux pauvres bloggueurs comme moi. Übersexuel, le mot est lancé, c'est LE nouveau modèle de l'homme, LA nouvelle tendance de demain.

L'homme übersexuel ("sur-sexuel" en français) annonce le retour de la virilité. La virilité assumée, c'est ça qui est important : retour aux valeurs fondamentales (solidité, force, courage) mais sans complexe, sans opposition à la femme, qui, c'est bien connu, est le meilleur ami de l'homme. Les années de guerre des sexes sont finies, la femme est émancipée, elle a eu tout ce qu'elle voulait, l'armistice est signé, chacun retourne à son camp. Et l'homme redevient un mâle.

 

 

Bon, autant le dire clairement, je n'ai pas tout compris à ce nouveau "concept" qui n'en est pas un. Moi je préférais le coup de l'homme qui devait devenir "métrosexuel"...

Eh oui, ce bon "métrosexuel", nouvelle race d'homme-dandy qui se pomponne, se parfume, et soigne son look à coups d'heures de shopping, on nous avait dit il y a 3 ans que c'était LE futur de l'homme. Les modèles : David Ginola et David Beckham, Jean-Luc Delarue et Ariel Wizman... Ca tombait bien pour moi, vu que je passe plus de temps dans la salle de bains que ma chérie : ) j'étais donc en avance sur mon époque...

Ca paraissait évident : nous étions les premières générations d'hommes créés après l'invention du féminisme et du divorce, forcément ça n'allait pas donner la même chose qu'avant. Elevés en majorité par des mères seules, ou remariées, ayant leur propre job et une totale indépendance financière, on avait appris à respecter (et à obéir) aux femmes. A les comprendre, aussi.

A cette époque-là, les pères n'avaient pas bonne presse : la plupart étaient absents, ou infidèles, finissaient par se barrer de la maison, ne demandaient pas la garde des enfants parce que ça ne leur serait pas venu à l'esprit, et ne versaient pas ensuite la pension alimentaire.

 

Le métrosexuel, finalement, c'était un bon produit : fait par la femme, pour la femme.

 

Trendsetter

Et puis soudain, j'apprends aujourd'hui quel est le point commun du metrosexuel et de l'ubersexuel : les deux "concepts" ont été rendus célèbres par la même personne,  Marian Salzman, gourou auto-proclamée du futur de la mode et dirigeante d'une très grande agence de pub américaine.

Son bouquin, The Future of men, est en fait destiné aux grandes marques qui s'intéressent de très près "à ce consommateur mâle si difficile à comprendre" : de la pub pour son agence de pub, en somme. Or, tout le monde le sait, dans le marketing il faut savoir renouveler les concepts périodiquement ; alors les industriels, on leur vend un coup le metrosexuel, un coup l'ubersexuel, demain le chépaquoisexuel, etc...

 

Ouf ! Ca veut dire que d'ici deux ans à tout casser, toutes ces conneries d'übersexualité seront à la décharge municipale, et je pourrai recommencer tranquillement à squatter la salle de bains...

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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