Übersexuel, et puis quoi encore ?

Publié le par Milan

C'est le nouveau terme à la mode, qui fait fureur dans les magazines, et donne une raison d'écrire et de vivre aux journalistes de Elle et Voici (qui sinon n'en auraient pas beaucoup, entre deux saisons de défilés de mode), ainsi qu'aux pauvres bloggueurs comme moi. Übersexuel, le mot est lancé, c'est LE nouveau modèle de l'homme, LA nouvelle tendance de demain.

L'homme übersexuel ("sur-sexuel" en français) annonce le retour de la virilité. La virilité assumée, c'est ça qui est important : retour aux valeurs fondamentales (solidité, force, courage) mais sans complexe, sans opposition à la femme, qui, c'est bien connu, est le meilleur ami de l'homme. Les années de guerre des sexes sont finies, la femme est émancipée, elle a eu tout ce qu'elle voulait, l'armistice est signé, chacun retourne à son camp. Et l'homme redevient un mâle.

 

 

Bon, autant le dire clairement, je n'ai pas tout compris à ce nouveau "concept" qui n'en est pas un. Moi je préférais le coup de l'homme qui devait devenir "métrosexuel"...

Eh oui, ce bon "métrosexuel", nouvelle race d'homme-dandy qui se pomponne, se parfume, et soigne son look à coups d'heures de shopping, on nous avait dit il y a 3 ans que c'était LE futur de l'homme. Les modèles : David Ginola et David Beckham, Jean-Luc Delarue et Ariel Wizman... Ca tombait bien pour moi, vu que je passe plus de temps dans la salle de bains que ma chérie : ) j'étais donc en avance sur mon époque...

Ca paraissait évident : nous étions les premières générations d'hommes créés après l'invention du féminisme et du divorce, forcément ça n'allait pas donner la même chose qu'avant. Elevés en majorité par des mères seules, ou remariées, ayant leur propre job et une totale indépendance financière, on avait appris à respecter (et à obéir) aux femmes. A les comprendre, aussi.

A cette époque-là, les pères n'avaient pas bonne presse : la plupart étaient absents, ou infidèles, finissaient par se barrer de la maison, ne demandaient pas la garde des enfants parce que ça ne leur serait pas venu à l'esprit, et ne versaient pas ensuite la pension alimentaire.

 

Le métrosexuel, finalement, c'était un bon produit : fait par la femme, pour la femme.

 

Trendsetter

Et puis soudain, j'apprends aujourd'hui quel est le point commun du metrosexuel et de l'ubersexuel : les deux "concepts" ont été rendus célèbres par la même personne,  Marian Salzman, gourou auto-proclamée du futur de la mode et dirigeante d'une très grande agence de pub américaine.

Son bouquin, The Future of men, est en fait destiné aux grandes marques qui s'intéressent de très près "à ce consommateur mâle si difficile à comprendre" : de la pub pour son agence de pub, en somme. Or, tout le monde le sait, dans le marketing il faut savoir renouveler les concepts périodiquement ; alors les industriels, on leur vend un coup le metrosexuel, un coup l'ubersexuel, demain le chépaquoisexuel, etc...

 

Ouf ! Ca veut dire que d'ici deux ans à tout casser, toutes ces conneries d'übersexualité seront à la décharge municipale, et je pourrai recommencer tranquillement à squatter la salle de bains...

 

Publié dans 1mec1fille

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courageuxanonyme 08/05/2008 15:58

Les modes on s'en cogne, mais obéir aux femmes, très peu pour ma pomme (ceci dit, obéir à qui que ce soit, trè peu pour moi)Le metrosexuel, c'est l'avènemlent des valeurs féminines les plus futiles dans l'univers masculin.L'ubersexuel, c'est la contre attaque de cette tendance, histoire de mettre les points sur les i.Dans trois ans, yaura on en parlera plus.Ah ouais, et on a pas été élevés EN MAJORITE par des meres seules célibataires ou remariées en totale indépendance financière (l'intersection de ces trois qualificatif réduit déja considérablement le nombre de femmes correspondant aux critères).Ensuite, associer les futilités comme les parfums et les crèmes pour le visage à des nécéssités hygiéniques, c'est faire preuve d'un poil d'honnêteté intellectuelles.Un homme a besoin d'un déo, d'un shampoing, d'un savon,  de mousse à raser, d'after shave et basta (gomina/gel pour les plus coquets)Tous ces produits sont à moins de 5€ pièce si on prend les génériques.Brer, la virilité, c'est ne pas se laisser manipuler par ces considérations débiles créées dans le seul but de vous faire dépenser vos sous (ouais je sais vous etes au moins 15 à avoir dit ca)

maylis 05/02/2006 23:56

je vois que les ubersexuel et les métrosexuel font bcp couler d'encre que ce soit sur les blogs (le mien également) dans la presse ou chez delarue ;-) bisous à vous deux a bientot!

marjorie 27/01/2006 16:53

Qu'est-ce qu'on ferait pas pour vendre du papier... Tout ce qui indique SEXUEL c'est vendeur. Au moins autant que d'afficher des jolis seins en page de couv.Alors tant qu'on y est, autant également interpeler le lecteur avec des termes qu'il ne comprend pas... Ubersexuel, trucsexuel, machinsexuel, on sait que ca va faire vendre... c'est tout le talent des marketeurs... Et nous, on se fait tous avoir :-)On s'en fous, nous, tant que nos mâles sont des mâles ;-)Mais où c'est qu'il est donc le mien??? hein?

Grr 27/01/2006 16:48

A l'intérieur chui quand même un gros enculé de base ;) Mon apparence physique a une importance, mais pas autant que certains autres. Je reste terriblement classique et discret. Je ne veux pas de tatouage, de percing, de marque spéciale ou autre trucs du genre. On peut pas dire que je communique grand chose sur mon look.
Tient aujourd'hui même, je viens de voir une gamine avec un sac che guevara. Moi ça me tue. Ok, c'est joli sur un sac mais si ça veut dire quelque chose, ça n'a plus rien à voir avec le message original. Aucune chance qu'elle connaisse le personnage et son histoire. Comme avec les marque de fringue, j'essaie d'être insensible à un logo ou une pub. Je regarde le prix, si c'est joli et où ca a été fabriqué et basta.
Voilà, ça m'empêche pas de suivre les "normes sociales" comme tu dit, je me ballade pas à poil comme un indien.

un lecteur 27/01/2006 14:46

Je ne comprends pas vos histoires de "règles qui m'indiffèrent" ?On ne parle pas de règles à suivre, ici, mais de phénomènes de société (je suis étudiant en socio) : un individu suit des "normes sociales" même s'il n'en a pas conscience, et même s'il est indépendant d'esprit (il l'est, mais ses actions sont quand même limitées dans leur champ d'application).La beauté, le physique, c'est très classique en socio : chacun est maître et responsable de sa propre apparence, mais comme elle est également un moyen de communication, c'est un outil social. On exprime forcément un message avec son apparence : un "metrosexuel" exprime le fait qu'il est raffiné, différent des autres hommes (c'est un concept bidon, plutôt une tendance de mode, mais quand même). Un mec comme Grr, je suppose, s'en fout et donc exprime le fait qu'il s'en fout des fashion victims = qu'il faut regarder ce qu'il est à l'intérieur.Non ?