Ingénieur, le syndrome ‘mou’

Publié le par Milan

J’ai quelques bonnes copines célibataires ; il y a quelques jours, Chloe m’annonce qu’elle sort avec un mec.

Génial ! Et qu’est-ce qu’il fait ?
- Eh bien il est ingénieur, il vient d’entrer chez BQFT (Boîte Qui Fait de la Technologie)
- Ah.

Et merde… un ingénieur… j’aurais dû la prévenir : il ne faut jamais sortir avec un ingénieur !
 
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On va dire que j’ai une dent contre les ingénieurs... C’est radicalement faux. Je les aime bien, moi, ces gars-là, ils ne sont pas bien méchants, ne gênent pas trop, on peut facilement en mettre plusieurs dans un salon sans perturber la soirée. Ils sont gentils et ne te font pas souvent de l’ombre vis-à-vis des filles.
 
En fait, je les plains, au fond.
C’est vrai, quoi, essayez un peu d’imaginer ce qu’ils ont enduré dans leur vie :
 
Vous prenez un garçon normal, au lycée, comme tous les garçons, avec sa petite vie, son foot, ses potes. Il n’est pas malheureux. Bon évidemment il a déjà quelques légers symptômes : il est fort en maths, il est le seul à savoir programmer sa calculette, mais enfin jusque-là tout va bien.  Eh bien ce pauvre garçon, nous allons tenter une cruelle expérience de sciences naturelles sur lui.
  
Protocole d'expérimentation
 
A 18 ans, avec le Bac S en poche et quelques amourettes (ah, l’été de ses 18 ans… qui peut oublier ça ?), vous le retirez subitement de son écosystème naturel. Vous le placez dans un environnement confiné, avec une très forte concentration de ses congénères : la classe prépa. Et vous infligez de violentes doses de stress, répétées et prolongées, à cette sous-population cobaye.
Il est prouvé que dans de telles conditions, même les rats de laboratoire deviennent nerveux, agressifs, sont perturbés au niveau alimentaire et hormonal. Alors des jeunes garçons de 18 ans…
 
18 ans, bon sang, c’est l’âge le plus chouette de la vie, où l’on est en pleine forme, où l’on a tout pour être joyeux et insouciant ! C’est l’âge critique où l’on commence à former ses expériences, qui détermineront fortement nos comportements d’adultes. Et notamment face aux filles.
Mais ces jeunes, au nom de la science, c’est-à-dire un corpus de quelques atomes tordus et deux-trois borborygmes mathématiques, on les prive complètement de leur développement, à l’âge où il est le plus important ! C’est comme mettre une plante au placard dès qu’elle sort de terre ! De 18 à 21 ans, vous l’enfermez donc pendant que les autres garçons poussent au soleil, gorgés de rires et de jolies filles.
 
L'école d'ingénieurs
 
Une fois affecté dans son développement, vous avez créé un état hybride : ce n’est plus tout à fait un jeune mâle, déjà il commence à développer des pathologies classiquement connues (addiction au PC, jeux de rôles, fanatisme pour Star Wars, lubricité intravertie…).
Il est donc mûr pour être implanté dans le terreau que vous avez choisi : l’école d’ingénieurs. Concrètement, il s’agit maintenant de séparer les bons hybrides des mauvais, afin d’obtenir des classes aussi homogènes que possible.
 
La pression se relâche, le plus dur est fait : on a passé la prépa. Le nouvel univers est donc un paradis terrestre. Qu’importe si le paradis ne contient aucune fille (ou alors des hybrides légèrement déféminisées pour ne pas perturber le milieu) et aucune ouverture sur le monde réel, s’il s’agit d’une liberté conditionnelle, d’une cage dorée : cela ira bien.
Ce n’est pas pour rien que les écoles scientifiques affectionnent le modèle du campus : c’est le seul qui leur permette de bien isoler leurs élèves du "real world". Un peu comme une secte, cela leur permet de transmettre sans remise en cause possible les idéologies séculaires : la science est la matrice du Tout, la Vérité incontournable de toute chose, et le scientifique est son Prophète. Le monde extérieur est rempli de mécréants, et pire, de commerciaux.

Une fois encore, mais c'est devenu parfaitement normal, il n'y a que des hommes entre eux. Soirées entre mecs, dîners entre mecs, week-ends d'intégration entre mecs, bières entre mecs, délires entre mecs... Quand on n'a rien à baiser, c'est bien connu, on picole plus, et même de plus en plus. Et puis on peut faire des blagues graveleuses entre deux mines et un vomi, sans se douter que dans le "real world", cela peut rebuter les filles. Mais putain, qu'est-ce qu'on rigole entre mecs !



La vie réelle débute...
 
Tout finit un jour : la période dorée de l'école d'ingénieurs aussi. Notre hybride a poussé, c'est maintenant un beau mutant adulte, et il est temps de le regarder partir sur les sentiers de la vie...
Que va-t-il faire ? Eh bien il va se trouver un bon job, parce que, croyez-le ou non, en 3 ans de bitures et de conneries entre couilles, il est tout de même devenu un scientifique de bon niveau (peut-être par le système de perfusion cérébrale, la nuit...)

Il va donc pouvoir entrer dans une belle boîte d'ingénieurs : Thomson, Thales, EADS, Airbus, Renault, IBM... Des entreprises qui ressemblent furieusement à son milieu d'origine : que des mecs, que des ingénieurs, toujours pas d'ouverture sur le "real world". Bon il y a bien quelques commerciaux, des béotiens qui ne comprennent rien à la Science et qui parlent de "profits" (de quoi ?).


Le problème, maintenant, ça va être de se trouver une femme : c'est généralement là qu'ils commencent à craquer. On leur a tout appris, ils ont résolu les problèmes les plus inextricables, et ils butent sur une problématique simple à variables limitées : comment séduire une fille ?

Aucune idée... ! Ils n'en ont jamais vu en vrai. Ca ne réagit pas pareil, ça ne se biture pas en rigolant grassement, comment adopter un langage commun ?? Comment faire ? Elles ne rigolent même pas quand on leur vomit dessus ! Tout d'un coup, l'ingénieur, qui planait si bien dans les sphères intellectuelles de la science se trouve maladroit et balourd. Un peu comme l'Albatros de Baudelaire, vous souvenez-vous ?

  A peine les ont-ils déposés sur les planches,
  Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
  Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
  Comme des avirons traîner à côté d'eux.

  Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule! 
  Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
  L'un agace son bec avec un brûle-gueule, 
  L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait
!

Complètement désemparés, ils découvrent avec horreur, et trop tard ! que tout ce qu'on leur a appris était à côté de la plaque, que la loi se fait dans le "real world" et pas dans leurs mondes imaginaires et quantiques.

Il ne reste quasiment pas d'issue : soit rester dans ce monde brutal et accepter d'y être un mutant décalé, soit s'enfermer seul dans un monde virtuel dont on sera le héros.

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Moralité : que croyez-vous qu'il est arrivé à ma copine Chloe ?

Après quelques tête-à-têtes charmants et prometteurs, elle a accompagné son nouveau chéri dans des soirées entre potes. Plusieurs fois d'affilée, avec une patience d'ange, elle a soulevé et ramené le scientifique, déchiré par les whiskys-coca, jusque dans son lit. Plusieurs mois d'affilée, elle a attendu qu'il finisse de tripoter son ordinateur, tard dans la nuit, pour avoir son câlin.

Et puis un jour, elle s'est barrée en décrétant qu'il ne comprenait rien aux femmes.

Publié dans 1mec1fille

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Copine de futur ingé 25/04/2014 23:11


Je trouve cet article révoltant, tant la caricature est forcée et clichée. C'est quoi ces stéréotypes de type renfermé sur lui-même ? Le tableau dépeint ici ne ressemble aucunement à mes amis
futurs ingé, et j'en connais pas mal, de différentes prépas/écoles/années.


 


Mon copain finit actuellement sa 1ère année en école d'ingé. Il a fait 2 années de prépa, donc une en section "étoile" qui prépare aux concours les plus difficiles. Donc 3 années de "souffrance"
selon l'auteur de ce billet.


Pour lui, cela n'a pas été horrible et insurmontable (à part peut-être la période des écrits et des oraux), et quand je le vois radieux dans ses études, je me dis que ça en valait la peine.


Ce n'est pas un matheux à fond sur son ordi ou sa calculatrice, c'est un amateur de toutes les sciences, qui est curieux de comprendre les mécanismes de ce qui nous entoure.


 


Cela fait 4 ans que l'on est ensemble (depuis son année de terminale), 4 années de bonheur malgré la distance (on vit à 600km l'un de l'autre depuis 1 an, et 150 km pendant les 2 ans de prépa).


Il a plein de potes en école d'ingé, qui ont pour la plupart des copines depuis 2-3 ans, et tous sont heureux dans leurs couples. De même, j'ai une copine qui  sort avec un futur ingé depuis
3 ans. Aucune des filles n'est en école d'ingé. L'une est en médecine, l'autre en psycho, la 3ème en fac d'art, ...


La prépa (et l'ingénieur en général) et l'amour, c'est possible !


Il a 40% de filles dans sa promo, et elles ne ressemblent en rien à des "mecs mais avec un vagin". Je connaissais une fille qui était en prépa, et je n'ai jamais vu de fille plus féminine
qu'elle.


 


Il est beaucoup plus mature que mes copains de 25/26 ans, malgré son jeune âge.  Il est également très altruiste, et n'hésite pas à faire du soutien pour d'autres élèves. Il n'est pas
paresseux et fait pas mal de sport, ne joue pas à des RPG, ...


 


Mon copain n'est absolument pas geek, au contraire, il est très sociable, et fait de nombreuses soirées, y compris avec des non-ingés. Il est membre d'une association qui intervient dans la vie
universitaire en général, toutes filières confondues, et rencontre souvent des étudiants en droit, en arts, en sciences humaines, ...


Il n'a pas d'interêts restreints pour un domaine en particulier, il s'interesse à tout et j'aime cette facette de sa personnalité.


 


Bref, ces clichés sociologiques me révoltent.

PhL38F` 16/01/2012 13:30


Bon évidemment, ce n'est qu'un blog, avec un contenu un peu vieux maintenant. Mais qui sait on pourrait peut-être s'instruire... Rêvons!


On se demande ce qui a donné à l'auteur une telle profondeur de vue sur la vie intime de ingénieurs ou éleves-ingénieurs... Peut-être une introspection?


A part ça, c'est vrai quoi, rigolons des stéréotypes, y compris et surtout quand nous trouvons qu'ils s'appliquent à nous-mêmes!

Gilgamesh 20/09/2009 18:57

Juste felicitation! Bien que ca ne soit pas le cas de tout les ingenieurs, on est obligé de se retrouver dans quelques uns des clichés.Enfin ceux qui cumule le tout auront l'amour du travail à defaut d'autre chose. :p

alex 12/09/2008 15:22

lol  je suis étudiant en école d'ingé et coach en séduction à mes heures perdues (ca gagne plus que les cours de math),Je pense avoir chopé plus de filles que vous réunis tous dans toute votre vie.Je voulais juste préciser que l'article concerne une petite partie des ingés actuels, et que les ouvriers ne chopaient pas plus que les ingés, mêmes s'ils n'ont pas suivi toute la formation.

denis 14/03/2008 18:03

toujour le même mec de 20 ans qui est erasmusjuste pour dire les polonaise ainssi que la plu part des fille de l'est que j'ai pu abordersont TOP CANNON et elle s'habille super sexy alor qu'il fait super froidalors les française... s'il vous plait  l'excuse : "je met pas de jupe parcequ'il fait tro froid" ...faites un tour en pologne en plus avant qu'ils passent à l'euros toute est moins chair qu'en france