Thème

Un homme moderne, je veux bien !
Mais en quoi ça consiste, être un homme aujourd'hui ??

1mec1fille

Mardi 8 août 2006 2 08 /08 /2006 23:19

Dans la série "vacances et soleil", je continue avec l'inénarrable télé-réalité de l'été : L'île de la Tentation. Aaaah, rien de tel quand on s'ennuie à 22h, croyez-moi !



On m'a expliqué il y a quelques jours que dans l'Ile de la Tentation, il n'y avait rien à gagner... Quoi ? Il n'y a rien, même pas 100 000 euros pour le couple qui reste debout à la fin ?? Ben non, apparemment, on n'y va que pour le plaisir de saboter son couple sciemment.

Ou alors, et c'est très finement masochiste, pour le plaisir de pouvoir espionner son copain / sa copine infidèle (parce que dans la vie de tous les jours, il n'y a pas de caméras et de commentateurs, alors quand on est cocu, on est le dernier au courant - et encore, quand on est au courant - c'est quand même moins drôle).

Aussi débile que puisse être cette télé-réalité, je dois bien avouer que je ne me lasse pas du spectacle. Peut-être parce que ce concept fait appel à une peur profondément ancrée en nous : la crainte d'être trahi et trompé par celui ou celle qu'on aime, la trouille de découvrir son autre visage, son vrai visage, que l'on ne soupçonnait pas, et qui nous est complètement étranger.

Et puis le fait de pouvoir suivre ses moindres faits et gestes quand on a le dos tourné.... c'est LE grand fantasme pour tout jaloux(se) qui se respecte.

 
Au-delà de l'aspect psychologique, il y a un deuxième élément qui me scotche à mon fauteuil : c'est d'entendre parler ces jeunes gens. Ils ont quoi ? entre 20 et 30 ans, c'est la même tranche d'âge que moi. Ce sont des gars et des filles que je pourrais connaître, après tout.

 

 

 
Mais bon sang qu'est-ce qu'ils sont cons !!


Quand je les entends, j'ai envie de pleurer : ils sont incapables d'aligner 5 mots à la suite, manquent de vocabulaire pour exprimer leurs idées même les plus simples, et butent systématiquement sur tout mot de plus de 3 syllabes... C'est pas possible, où est-ce que TF1 a pu pêcher autant de recalés du système scolaire ??

" Ouais chuis dégoutée qui m'ait trompée... Franchement tsé quoi si j'aurais continué avec lui pendant 3 ans ben j'aurais été cocue pareil, je serais... ouais, je serais... enfin putain voilà quoi. "  Ben oui, voilà quoi ? J'ai pas compris ce que tu voulais exprimer, en fait. Tu crois que je devrais appeler la production pour plus de détails ?


Enfin, est-ce normal que le niveau intellectuel et linguistique soit aussi bas à la télévision ?? Remarque, oui, quand on voit leurs tronches, déjà :


Du coup, devant mon écran, je me mets à imaginer le cauchemar suivant : je suis sélectionné pour participer au jeu. Après le vol et le transport, j'arrive en short sur l'île. Il y a des cases, confortables, on me remet mon micro et je suis accueilli par les 3 autres garçons et les 8 filles...

Généralement, au premier abord je suis assez réservé et j'observe les gens avant de décider à qui je vais vouloir parler.


Là, j'imagine trop bien la scène : les 3 mecs sont des cons finis, dont les sujets de conversation tournent autour des jantes en alliage, de leur dernière biture et du foot (ben oui, dans l'émission on ne voit que des extraits, mais quand on vit avec eux 24h / 24, on s'emmerde vite). Avec eux, j'abandonne rapidement

Quant aux filles... elles s'ennuient dans leurs strings fluos et n'ont pas de conversation. J'essaye de papoter avec Shanice (où est-ce que tu as dégotté un prénom pareil ? ta mère était fan de "Dallas" ou quoi ?) qui, comme vous pouvez le voir sur sa fiche, est danseuse de clip, et dont le hobby principal est le shopping.
Elle se croit obligée de me préciser : "surtout à Créteil-Soleil, c'est plus classe". Ah bon.


J'essaye de la lancer sur le Liban, et ces images terribles de gens qui fuient leur pays sur un navire de guerre - ce qui me touche énormément, moi. "Ah ouais... chais pas, je regarde pas trop les infos, c'est naze. Toute façon, tout ça c'est manipulé par les médias."

Ah tiens, c'est une tenante de la théorie du complot ! J'essaye de faire de l'humour en lui demandant si elle pense que l'extraterrestre de Roswell était plutôt juif ou plutôt franc-maçon, mais elle me regarde comme si c'était moi le con. 

Je décide donc de m'isoler dans ma case jusqu'à la fin du jeu avec un bouquin de Kundera. Une assistante de production super-speed vient m'engueuler car je ne suis pas du tout dans l'esprit du jeu et me menace d'un procès si je ne ramène pas mon cul tout de suite. Je lui rétorque qu'elle peut se foutre son contrat au cul et que je me barre.

Et puis là, généralement, je me réveille.

   

Site officiel : http://iledelatentation.tf1.fr/iledelatentation/

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 27 commentaires - Recommander
Lundi 14 août 2006 1 14 /08 /2006 21:31

Mai 68 : une date qui focalise à elle seule tous les conflits générationnels et politiques de la France, comme un astre autour duquel tout gravite.

Encore aujourd'hui, tout se définit par rapport à elle : les grèves de 95, les manifs anti-CPE, tout est mesuré "sur l'échelle de Mai 68" (étant entendu que tout y est inférieur, bien sûr)

 

 

Mes parents "ont fait" 68, comme on dit, et cela revient régulièrement dans nos conversations, politiques ou pas. Ils ont vécu toutes ces choses un peu mythiques, un peu "cliché", dont on a fait tant de films : les squats dans les amphis, les manifesations de jeunes chevelus et les charges de CRS, les baisers passionnés entre deux bombes lacrymogènes, les meetings politiques enflammés, et cette conviction qu'à 20 ans ils allaient "changer le monde".

 

J'essaye de les imaginer, ces jeunes, étaient-ils si différents de nous ? Sans doute... ils pensaient à la révolution et à une société nouvelle, ils étaient prêts à gueuler dans la rue et à provoquer à la fois leurs parents et l'Etat. Ils se sentaient investis d'une mission collective.

 

Ils ont eu la chance de vivre au carrefour de l'Histoire, là où tous les courants se sont mis soudain à bouillonner : quelque part entre la guerre froide, la pilule qui a bouleversé la conception de la famille, la vague sans précédent de la libération sexuelle, le féminisme et le déclin du christianisme, il y a une génération consciente qui a su se lever, prendre la parole et se définir par elle-même. Inventer son propre mode de vie, sa propre musique, ses propres slogans...

 

Qu'est-ce qu'on a, nous, en comparaison ? ou plutôt, qu'est-ce qu'on est ?

 

Enfant des années 80 et 90, je fais partie d'une génération aux contours flous, qui n'a pas d'existence collective (en dehors du Club Dorothée, s'entend). Rien ne nous a jamais réunis d'un bloc. Les manifs anti-CPE, ça me fait bien rire, elles n'ont pas plus de portée que celles de ma jeunesse contre les lois Devquet, ou plus tard contre Balladur : des mouvements ponctuels et éphémères, des réactions épidermiques pour faire retirer une loi. Ca ne va pas plus loin.

 

J'ai grandi avec le SIDA et le chômage en toile de fond, c'était sinistre. La libération sexuelle et les moeurs relâchées des années 70, ce n'était même plus un souvenir, mais carrément un mythe.

Mes années d'études n'ont pas été très politisées : je garde surtout l'impression d'un grand individualisme, et de la préoccupation de chacun de se trouver un boulot, de se fondre dans l'économie moderne : surtout être flexible, toujours paraître motivé et dynamique, et garder un oeil opportuniste pour se vendre chez le concurrent à un meilleur salaire dès que possible.

 

Mais qu'est-ce qu'on a inventé, qu'est-ce qu'on a apporté ? Rien. Rien de neuf.

On a juste remixé les standards musicaux de nos parents, et on a inventé le concept de rave-parties dans les champs. Waaah, la belle affaire !! En vérité, on s'est juste insérés en silence dans le monde tel qu'il est. On a fait avec, on a pris ce qu'il y avait à prendre.

C'est dommage, on était peut-être une génération de gens biens, dans le fond.  

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 03:43

Bonjour a tous, je tenais à vous dire de ne pas vous inquiéter, je ne suis pas mort, même si mon absence sur le blog a été tres longue.
Je suis simplement en plein preparatifs de depart, puisque je m'apprête, à mon tour, à rejoindre ma douce et tendre à l'autre bout du monde.

Ces dernières semaines ne m'ont guère laissé de temps pour bloguer, mais je reviendrai très bientôt, tout simplement parce que le plaisir d'écrire et de dialoguer avec vous est encore bien présent.

En attendant, j'ai décidé de metttre à l'honneur Pimpin, qui a laissé il y a trois jours un commentaire tellement long, pour nous tenir au courant de ses aventures, qu'il y avait matière à le publier en article. La voici donc, la suite de "Ze life of Pimpin" :

" Bonsoir tout le monde !!

Alors, ça va être un peu long, donc accrochez-vous...


Premièrement, je suis embauché depuis le 18 septembre dans la boite où j'ai fait mon stage, pour un salaire plus que correct. J'ai trouvé un appart très sympatihque à 10 minutes de mon taf à pied, en plein centre de Courbevoie. J'ai rendu mon mémoire de 100 pages, il ne me reste plus qu'à en faire un résumé de 5 pages en anglais pour en avoir définitivement terminé avec mon école (enfin, il reste encore la soutenance).

Tout va bien me direz vous. Je ne me plains pas. Le truc, c'est que j'ai le don pour me mettre ailleurs dans des situations impossibles.


1/ La mariée

Début de l'histoire : été 2005, mariage de ma soeur. Je rencontre une de ses amies, en couple depuis 7 ans, mariée depuis 2 mois. Sympathique, marrante et plutôt jolie, il n'y a bien sûr aucune ambiguïté car elle est mariée. Elle déconne beaucoup, parle à ma soeur en lui disant que si elle était célibataire, elle se taperait bien son petit frère (càd moi) ! Tout ça sur le ton de la rigolade bien sûr.

Quelques mois passent, on se voit très rarement, sans discuter plus que ça. Un soir de juillet je la croise en boite, sans son mari mais avec son frère, que je connaissais en fait sans le savoir. On décide de faire un after chez moi avec d'autres potes, on discute un peu, toujours sans aucune ambiguïté. Je la revoie quelques semaines plus tard, elle me demande mon adresse msn car ma soeur lui a dit que j'en avais une. Quelques jours plus tard, on commence à discuter. On se raconte ce qu'il s'est passé depuis 1 an, je lui parle entre autres de mes déboires avec la stagiaire, elle me parle des difficultés du mariage...on s'entend vraiment bien quoi, toujours sans ambiguïté...

Un jour, elle m'envoie un mail au boulot. On commence à parler, elle finit par me dire que depuis qu'elle m'a vu je lui plais, qu'elle trouve ça vraiment bizarre qu'on s'entende aussi bien, qu'elle ne sait vraiment plus où elle en est avec son mec. Ouh la la, j'essaie tant bien que mal d'éteindre l'incendie, son mari je le connais et je n'ai aucun problème avec lui. J'essaie de la persuader que c'est une mauvaise passe, que ça va passer...elle part en vacances 3 semaines, à son retour je pensais qu'elle aurait oublié...

Elle revient, ça continue sur la lancée. C'est sûr, j'aurais pu couper les ponts direct, mais bon je traverse un peu une période de vide affectif, et c'est toujours flatteur qu'une fille, peut-être encore plus une femme mariée, s'intéresse à vous comme ça. Bref, je garde quand même la tête froide. Je lui dis que ce soit moi ou un autre, en gros ça ne changerait rien au problème. Elle m'assure que non, que quand elle m'a rencontré je lui plaisais déjà. J'essaie tant bien que mal de la persuader, de lui dire que si elle devait quitter un jour son mari, ça n'est pas pour se mettre avec moi, mais uniquement parce que ça deviendrait invivable avec lui, et qu'entre nous il y a de grandes chances pour que ça foire (la différence d'âge, les attentes d'une relation sûrement différentes pour chacun).

Rien n'y fait, les échanges continuent. J'aime bien avoir le dernier mot, donc j'ai du mal à céder, même si je sais que les conséquences pourraient être désastreuses : ma famille et belle-famille les connaissent, c'est la meilleure amie de ma soeur. Bref, autant de raison pour se faire haïr et désheriter, peut-être juste pour un fantasme inassouvi ! On finit par se voir, un midi, pour un pique nique dans un parc, où on a beaucoup discuté. Au final, ça n'a pas trop avancé. On était super content de se voir, bien sûr je n'ai rien tenté, mais l'envie était sûrement là des 2 côtés.

J'essaie de me persuader que je suis un mec bien, mais en même temps, il n'y a que 2 façons de régler le problème : soit je coupe les ponts, soit on va jusqu'au bout. On s'est revus chez ma soeur, c'est plutôt bizarre, mais bon. Je dois la revoir samedi prochain. Je prie pour ne pas faire de la merde!


2/ L'ex

Rappel des faits : Aline, ex avec qui je suis resté 2 ans, avec une rupture au milieu et à la fin, dont je suis responsable pour les 2. Petite vengeance perso au mois de mai : elle couche avec mon meilleur pote...Bref, bien énervé sur le coup, je décide de passer outre et d'effacer l'ardoise. On se revoit sur Paris mi juillet, c'est plutôt sympa. Forcément, les côtés qui font que je suis sorti avec elle remontent, mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on a déjà essayé 2 fois et que ça n'a rien donné. Un week-end, on se fait une escapade à Deauville avec un pote et son cousin. On finit par dormir ensemble le soir, sans rien qu'il se passe, même si on (je) blaguais beaucoup sur le sujet pendant tout le séjour.

On se revoit quelques semaines plus tard, en boite, où le frère d'un pote est là. Je lui présente, innocemment. Le week-end d'après, j'organise une petite soirée barbecue chez moi, elle n'était pas sensée venir, lui était invité. Dans la semaine, je reçois un texto de la miss, qui demande si finalement elle peut se ramener. Je l'appelle, flairant le coup, en lui disant que si c'était pour qu'elle se tape mon pote devant ma gueule, c'était pas la peine et ça se passerait très mal si ça devait arriver. Il arrivent à 2. Bingo, pendant la soirée, je les cherche pour bouger car on avait décidé d'aller en boite. Ils s'étaient éclipsés je ne sais où, finalement après les avoir cherché pendant 20 minutes, ils reviennent. Incendiage en règle, il faut dire que je l'avais prévenu. Ca finit très mal, je la pourris grave en arrivant en boite, elle se délecte toute la soirée devant ma gueule avec sa nouvelle conquète...

Je la revois 2 semaines plus tard, pour l'anniversaire d'un ami commun. Elle devait être accompagnée, j'avais préparé mon meilleur coup de boule. Finalement elle était seule, elle vient me voir limite en me faisant son mea culpa, en disant que finalement c'était pas un mec pour elle, mais qu'elle fallait qu'elle vérifie par elle même, patati patata...On discute, on reparle de nous, je lui dis c'est tentant mais que ça ne marcherait pas si on se remettait ensemble.

Semaine de vacances (ou plutôt bossage de mémoire) il y a 2 semaines, j'en profite pour faire une mini crémaillère chez moi. Je décide de l'inviter. On boit un peu, je suis chaud, elle a trop bu pour rentrer. Elle reste dormir chez moi finalement, mais bon elle m'annonce que pour des raisons techniques il ne pourra de toute façon rien se passer. On se couche, finalement je tente des bisous dans le cou. Elle m'envoie creuver pendant 20 secondes, intervalle au bout duquel elle finira par céder. Au final, on a pas beaucoup dormi. Je pense qu'elle croyait que je voulais que ça reparte. Je lui ai fait comprendre que ça n'arriverait pas. Elle est repartie la lendemain matin en annonçant que finalement, elle allait laisser une chance au mec qu'elle avait fait quasi cocu la veille. Soit...réaction primaire : je sais que je pouvais l'avoir donc au final, je m'en contrefous !

 

3/ La stagiaire (bis)

Suite à mon échec cuisant avec la stagiaire au début de mon stage, je me suis juré de ne plus jamais rien tenter avec les collègues. Je me suis bien fait bâcher, et j'avais prévenu mes 2 potes (en stage dans la même boite) qui avaient tenté leur chance de leur côté, que ça présageait à 99% une rupture difficle. Bingo pour les 2. L'un d'eux est parti à la fin du stage, donc c'est moins grave, le 2ème, qui est un de mes meilleurs potes, s'est fait embaucher, donc il comprend sa douleur.

La fille qui l'a quitté, stagiaire, en fait on est assez proches depuis qu'on se connait. On est super potes, on discute beaucoup, mais pas d'ambiguïté : c'est l'ex d'un pote. Même si on me l'a fait et si je peux apparaitre parfois comme un gros connard à travers mes récits, j'ai quand même des principes.

Cette semaine, elle m'a appris, désolée, qu'elle n'était pas embauchée. Mine de rien, me dire que je ne vais plus la voir, ça m'a bien trituré le cibouleau, et je dois dire que ça m'a fait mal, mal au coeur. C'est vrai qu'au delà de notre amitié, il y a peut-être quelque chose de plus. Ca me fait vraiment de la peine de la voir partir.

Du coup, ce soir je l'ai invitée à diner chez moi, on a vraiment passé une bonne soirée. Les regards et comportements ont un peu changé la vision que j'avais d'elle. Je pense qu'elle a aussi compris de son côté. On a finalement préféré qu'il était mieux qu'elle ne reste pas dormir, même si je crois qu'on y pensait très fort tous les deux. Un petit coup de fil une fois dans le train, ambiance un peu bizarre. Elle me remercie, on se souhaite bonne nuit. C'est sûrement mieux comme ça.

 


Conclusion :

J'ai vraiment de gros problèmes de conscience en ce moment, des histoires vraiment pas simples voire merdiques, et des choix importants à faire :

- tromper un mari peut-être juste pour assouvir un fantasme.

- mentir à une ex juste pour coucher avec elle.

- trahir un ami et peut-être tout gâcher avec une bonne amie, en prenant le risque de les perdre tous les deux.

 

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /2006 02:22

Voilà, ca y est, j'ai changé de vie. A 20 000 km de Paris, j'ai quitté ma ville, mes repères, ma famille et mes amis.

 

Comme à chaque fois dans ma vie, j'ai été frappé par l'apparente simplicité, presque banalité, des étapes à passer : on passe un portillon, on tend un passeport, on fait la queue plusieurs fois, on dort quelques heures devant un DVD, on attend, on tend à nouveau un passeport...

Et puis subitement, la porte de l'aéroport s'ouvre, je revois après ces longs mois de séparation ma belle, qui m'attend avec un grand sourire et un collier de fleurs, je sens la chaleur humide de l'air... l'atmosphère est nouvelle... je suis dans un pays inconnu.

Et voilà, maintenant, ma vie, c'est cette île tropicale, dont je ne connaissais que des cartes postales. Je vis dans une carte postale.

Je goûte avec plaisir ces premiers moments où tout est encore nouveau pour moi, avant de devenir à mon tour un habitué. Je contemple la végétation luxuriante, la mer transparente, les montagnes qui épinglent quelques nuages dans le bleu du ciel.


Je vous l'accorde, cela ressemble en tous points à une vie de rêve... Il fait grand soleil tous les matins, je peux aller piquer une tête dans une eau transparente comme je n'en avais jamais vu, faire de la voile ou du surf...

Quand les dimanches pluvieux étaient trop longs à Paris, c'est bien à ça que je rêvais. Et maintenant j'y suis, je suis dans ma carte postale, comme Alice dans son miroir. Quelle sensation étrange !

 

Mais est-ce une vie "de rêve" ? Qui peut se vanter d'avoir une vie de rêve, et d'ailleurs qu'est-ce que c'est qu'une vie de rêve ?

La vie, pour moi, c'est quand on avance, qu'on apprend, qu'on découvre, qu'on rencontre. Disons que j'ai le décor et l'endroit. Maintenant, il va falloir que je me remue pour trouver un travail, pour trouver des activités, pour rentrer dans la culture et la vie quotidienne de ces gens si proches et si différents...

 

Et en attendant, je vais aller me baigner !

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander
Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 10:57

J'ai passé un très mauvais moment récemment, quand ma chérie a découvert que j'avais fréquenté avec mes potes un club de strip-tease.

 

Dire que je me moquais de mes amis, qui craignaient tous de se faire griller par leur nana... Pour moi, je pensais que ça ne posait pas de problème, qu'on était d'accord pour voir ça comme un loisir, certes macho et pas très intellectuel, mais tout de même un loisir. 

Visiblement, je m'étais complètement planté.
Elle estime que c'est à la limite de l'infidélité, et vexant pour elle («pourquoi as-tu besoin d'aller voir des bonnasses en string ??»)

 

Et moi je persiste à voir ça comme une sortie entre mecs relativement banale, et qui n'a pas, pour moi, grande importance. Est-ce vraiment pire que de sortir en bande dans un bar ? Dans un bar, il y a de vraies nanas, ne sont-elles pas plus dangereuses, comme rivales, que des professionnelles forcément distantes ?

Evidemment, la question de la réciprocité est inévitable : «et si c'était ta copine qui allait voir des strip-teaseurs, hein ?». Honnêtement ? Ben oui je serais énervé et je ressentirais, à mon tour, de la jalousie... c'est vrai. Et je serais bien obligé de lui laisser le droit de faire ce que je fais moi-même.  

 

Mais je n'écris pas cet article pour prolonger le débat avec ma douce sur Internet. J'écris parce que cet épisode illustre une différence fondamentale entre les hommes et les femmes : le fameux cloisonnement masculin sexe / sentiments.

 

Les hommes ont cette tendance, qui leur vaut d'éternelles et permanentes critiques, à cloisonner dans leur tête le domaine sentimental et le domaine sexuel. Ils posent une séparation, inconsciente mais très nette ; les sentiments sont dans un côté du cerveau, le sexe dans un autre. Et a priori, ils ne sont pas censés se mélanger.

C'est ainsi que beaucoup regardent des films pornos, même si à côté ils sont tout à fait satisfaits de leur vie sexuelle avec leur copine. Dans leur tête, le cloisonnement est parfaitement étanche et aucune interférence entre les deux mondes ne vient les gêner. C'est un thème que j'avais déjà abordé dans l'article «pourquoi mon mec regarde du porno ?», et j'avais déjà cité à ce moment-là la très intéressante réponse de la sexologue Catherine Solano aux angoisses féminines : «me trahit-il en regardant des photos pornographiques ?».

Les hommes cloisonnent, c'est leur mode de fonctionnement, et il faut pouvoir comprendre et admettre qu'il soit différent de celui de la femme.


Si dans la tête de l'homme tout se passe paisiblement, l'interférence peut se produire quand la femme, justement, ouvre la cloison et demande des comptes sur ce jardin secret qu'elle découvre, peuplé de poupées siliconées en porte-jarretelles. Et là, ça devient explosif.

Systématiquement, l'homme est sommé de se justifier. Pourquoi éprouve-t-il le besoin de regarder autre chose ? Quel est le problème ?

Mais il n'arrivera jamais à se justifier... il admettra peut-être, à contre-coeur, être un pervers et/ou avoir un problème. En réalité, ce n'est pas lui qui a un problème, c'est juste son fonctionnement masculin normal... Mais il n'est pas accepté comme tel.



C'est ainsi que je me retrouve bien en peine pour justifier mes sorties dans ce club de strip, que nombre de Parsiens connaîtront peut-être pour y avoir enterré une vie de garçon.


Difficile (impossible ?) de lui expliquer que je trouve ça amusant entre potes, plus qu'un bar classique ou une boîte, mais qu'il n'y a aucune compétition dans ma tête entre ces filles sur podium et mon amoureuse. Que la seule fille avec qui je désire être, c'est elle. Le fameux cloisonnement...

Je comprends que ce soit dur à accepter. D'ailleurs, je ne connais aucune fille qui ait compris ou accepté ce concept. A part peut-être certaines filles infidèles, qui en usent pour leur propre compte ?



C'est amusant, ca me fait penser à ce post de Marjorie sur son blog Where is the one. Elle y raconte qu'en se lançant dans une relation uniquement charnelle avec un «sex partner», elle a «découvert son coté masculin [...] en apprenant à différencier son besoin de chair de son besoin de sentiments». Lisez-le si ce n'est pas déjà fait, c'est vraiment un post qui vaut le coup.

C'est comme si elle passait de l'autre côté du miroir. Sa façon de se retrouver, un peu étonnée, dans la peau d'un mec, est vraiment intéressante à lire.


Je ne dis pas que les filles sont incapables de cloisonner. Mais au fond, je n'en sais rien, moi, de ce qui se passe dans la tête des filles. Je sais juste que ce fameux cloisonnement, même s'il est normal, n'est pas vraiment reconnu ni accepté (et même parfois par les hommes eux-mêmes) parce qu'il va à l'encontre de certaines normes sociales. Et c'est cela qui m'agace. 


Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 23:08

Ils existent !

Je veux dire qu'ils existent vraiment pour de vrai, les coaches en séduction ! Mais-qu'est-ce-que-c'est-donc-qu'un-coach-en-séduction, Milan ? c'est quelqu'un qui pour une certaine somme d'argent va vous donner des cours pour apprendre à draguer les filles (je dis ça parce que c'est souvent destiné aux mecs). C'est quelqu'un qui exerce, et essaye d'en vivre, la profession d'entraîneur de drague, un peu comme un entraîneur sportif. "Entraîneur", c'est pas aussi "style" que "coach", mais je déteste les anglicismes.

 

Par exemple, je vous présente Spike, dont on parle beaucoup sur Internet. Spike est une sorte de professionnel apparemment, avec un site internet entièrement dédié à son auto-promotion ainsi qu'a son ego, j'imagine : http://www.spikeseduction.com.

Spike est trop fort : les ateliers séduction se facturent de 245 à 1160 euros, soit un taux horaire à peu près équivalent à ce que je fais dans le consulting.

Spike est un Chevalier Jedi de la drague, les filles sont irrésisitiblement attirées par lui. Exemple de scénario de drague (extrait de son site) :

" M : Et vous, vous vous appelez comment ?
Blo : Estelle
M : +1
Blo : Quoi ?
M : Je disais qu’avec ce prénom, tu gagnes un point. Et toi ?
Br : Marion. Mais tu viens faire quoi, ici, alors, seul, si... les filles ne t’intéressent plus ?
M : Lire mon magazine, tranquille, "in a sentimental mood". Mais en général ça se passe comme aujourd’hui, je peux pas le faire, il y a toujours des filles pour me poser des questions (grand sourire)
Marion : Mais avoue que c’est étrange quand même. Tu viens ici sans rien attendre, et pourtant, tu prends soin de toi, et sincèrement (elle appuie le sincèrement) tu dégages une présence... [là les filles elles en peuvent plus , déjà]
M (naïf) : A quoi tu vois ça ?
Marion : Attends, tu es grand, mince, tu as la killer veste...
Estelle : Et moi j’adore tes chaussures
Marion : Tu dois faire du sport non ? [aïe, que de compliments, ça doit faire mal a l'ego !]
M : Oui, un peu, enfin non pas beaucoup. Merci pour les compliments.
Marion : Bah tu le sais, tout ça, de toutes façons, tu veux juste le réentendre... Je peux regarder l’intérieur de ta veste ? "

Spike est un magicien : les témoignages de ses clients sont... fabuleux. "Au début j'étais sceptique, mais après lecture quasi complète de ton site, je suis sorti vendredi et samedi soir et j'ai décroché 3 numéros de téléphone et un kclose [un baiser, NDMilan] en un weekend, sérieusement je suis sur le cul". Un contact avec Spike, et tu te transformes en George Clooney.

 

 

Bref, on se croirait dans le film "Hitch", sauf qu'on est en plein Paris et que c'est pour de vrai : il y a des frrustrés de la drague qui sont prêts à payer pour recevoir les conseils d'un "maître de la drague". Et dans ma tête, la question tourne et retourne inlassablement : est-ce complètement ridicule de payer pour apprendre à draguer ??

 

 

FRUSTRE(S)

Depuis le temps que je bosse dans le marketing, ce n'est pas à moi qu'on va apprendre que la consommation est poussée par la frustration et le désir. Pour que les coachs commencent à fleurir petit à petit en France, suivant la vague américaine, il faut donc qu'il y ait suffisamment de gens frustrés de la drague.

 

Des gens qui essayent de rencontrer, de draguer, qui font l'effort d'aller en boîte et dans les bars, mais qui en ressortent avec rien du tout, même pas un contact avec la super nana du bar. Ah, quel écrivain, quel poète saura un jour décrire la terrible amertume du type qui rentre de soirée seul, en pensant à toutes les occasions manquées... ? Ca m'est arrivé suffisamment souvent (trop à mon goût), et je peux comprendre ce qui pousse quelqu'un à tenter le coup avec un coach. Après tout, pourquoi ne pas essayer ?

 

Mais honnêtement, le ridicule de la situation est trop flagrant : payer 100 euros de l'heure !! pour aborder des filles, sous le regard d'un mec qui te dit "non, fais ci, fais pas ça, t'as été nul, là, Jean-Claude".  Qui te dit que t'es habillé comme un loser et qu'il faut te relooker... Ca doit être un peu difficile à encaisser.

De plus, un mec prêt à débourser autant pour résoudre ses problèmes de frustration dans la drague, c'est très probablement quelqu'un qui a un problème plus large, bien plus large, de confiance en soi. Dans tous les aspects de sa vie. Je doute qu'un simple atelier de drague puisse lui régler ce problème trop général.

Enfin, franchement, les prix pratiqués me paraissent délirants. Vraiment délirants.

 

 

ET POURTANT... !

Et pourtant, les maîtres de la drague (chez Spike ils appellent ça des PUA ou Pick-Up Artists), les Jedi de l'abordage en boîte, les David Copperfield du roulage de pelle à des belles inconnues  ça existe : j'en connais.

Le grand ami de ma vie, appelons-le Gianfranco pour l'anonymat, en était un. J'ai passé des années, avant de me maquer, à admirer sa façon de se serrer des centaines de filles, de la campeuse hollandaise à la jeune patronne au boulot, de la fille du voisin à la soeur de la mariée. Une collection de succès, de jolies filles, et d'histoires abracadabrantes que je raconterai peut-être un jour.

A chaque fois qu'on s'amusait à le mettre en compétition avec un autre grand dragueur, tchatcheur ou amuseur de foules, il l'emportait haut la main. Encore aujourd'hui, je suis prêt à parier un billet qu'il éclipserait un Spike.

 

Donc effectivement, ce genre de mec existe. Et c'est vrai que leur façon de faire a parfois quelque chose de magique. Alors si l'un d'entre eux s'est décidé à transmettre (et à monnayer) son talent, après tout, pourquoi pas ? De toute façon, la demande justifie l'offre (avantage du système marchand).

 


LA SECTE

 Ce qui m'inquiète réellement dans ce mouvement de décryptage et de "management" de la drague, c'est le côté "secte" de tous ces adeptes du nouveau mouvement, venu comme trop souvent des Etats-Unis.

Ces mecs parlent un jargon incompréhensible et ésotérique qui leur permet de se reconnaître au premier coup d'oeil comme des "initiés" :

- PUA : pick-up artist, artiste de la drague
- AFC : average frustrated chump, le mec frustré moyen (le gros naze incapable d'en serrer une)
- numclose : conclure un "set" de drague par le n° de la nana ("closure" étant un vocabulaire emprunté aux affaires financières)
- kclose : kiss-close, conclure le "set" par un roulage de pelle de la nana

etc, etc, etc... si vous voulez pénétrer les arcanes de cette langue nouvelle, allez jeter un oeil sur ce portail fabuleux des dragueurs "nouvelle vague" :  www.frenchtouchseduction.com.

 

Vous verrez, la façon d'aborder les rencontres humaines est ... décapante ! Exemple de compte-rendu de soirée-drague :

" Ce vendredi soir, je quitte donc Marseille pour le "nord" avec mon wing, en outre ami d'enfance... on ne s'est pas fixé d'objectif bien précis en dehors du fait d'aborder un max de sets. Chacun de nous a opté pour un style à la fois classe et décontracté, loin du peacocking démoniaque cher à Asles soit, en ce qui me concerne, converses, jean taille basse, teeshirt moulant au motif spé et veste type officier de la navy. A peine garé, les hostilités commencent. Deux filles plutôt pas mal, une B et une A arrivent vers nous."

Vous voyez le genre... Putain, les mecs ils se croient dans Top Gun ou quoi ?? "Maverick, Maverick, Hot bitch a 20°, prépare le set-drague spécial blondasse, roger."

 

Est-ce pour se rassurer, tout ce cinéma ? Est-ce pour se donner l'illusion qu'on maîtrise, qu'on n'a plus peur des filles (tu parles), qu'on ne craint plus de se prendre un rateau humiliant ? 

Ou bien est-ce que cela va encore plus loin, comme je le crains, c'est-à-dire vers une sorte d'obsession de rationaliser les contacts humains, qui s'apparenterait presque à de la manipulation ?
Ces dragueurs-mutants d'un nouveau genre n'hésitent pas à recycler des méthodes bien connues de la vente ou de la psychologie (comme la PNL) pour vaincre les réticences d'un "prospect", quitte à manipuler un peu son subconscient.

Que se passera-t-il quand la drague, domaine relationnel et émotionnel par nature, sera devenu une science du boniment, un exercice de vendeur de cuisines Mobalpa ? Faut-il vraiment une formation chez Negocia pour aborder une fille ??

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 66 commentaires - Recommander
Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /2006 07:01

"J'ai repensé à toutes les filles que j'avais connues, avec qui j'avais couché ou même que j'avais seulement désiré. Je me suis dit qu'elles étaient comme des poupées russes. On passe sa vie entière à jouer à ce jeu-là, on est curieux de savoir qui sera la dernière, la toute petite qui était cachée depuis le début dans toutes les autres. On peut pas l'attraper directement, on est obligé de suivre un cheminement. Faut les ouvrir l'une après l'autre en se demandant à chaque fois: "Est-ce que c'est la dernière?"

Quand j'ai vu "l'Auberge Espagnole" de Cédric Klapisch, je rentrais tout juste de ma propre année d'études aux Etats-Unis. Le film m'a touché en plein coeur : tout ce que je voyais à l'écran, je l'avais vécu moi aussi. La colocation joyeusement bordélique avec plein de nationalités différentes, les amitiés profondes entre étudiants en exil, la petite amie restée en France... la sensation de vivre entre deux pays, entre deux mondes...

 

Ce film m'a surpris tant il était proche de mon expérience personnelle. Et bien plus largement, de nos expériences personnelles à tous, nous, la "génération Erasmus". J'ai rencontré de nombreux étudiants, Français ou étrangers, ayant vécu cette période si particulière et si marquante dans un autre pays, quel qu'il soit ; tous se reconnaisaient unanimement dans ce film.

 

Ce qui m'a impressionné chez Klapisch, c'est son talent pour capter le "Zeitgeist", l'esprit de l'époque, et pour incarner en personnages "vrais" un phénomène qui jusqu'ici n'était qu'un sujet politique et statistique - alors qu'il commençait à prendre de l'ampleur et à modeler toute une génération d'Européens. Une vague nouvelle de jeunes gens qui ont vécu l'Europe, pas seulement comme un concept politique un peu abstrait. Et cela contribuera sans doute plus tard à faire évoluer grandement les mentalités, quand ces jeunes-là auront atteint les postes de pouvoir politique et économique. Car ils sauront véritablement, pour l'avoir ressenti au plus profond d'eux-mêmes, ce que c'est d'"être un Européen". Pour eux, les pays d'Europe, ce ne seront pas des formes sur une carte, mais des visages amis, des souvenirs et des émotions.

 

Avec "Les Poupées russes", Klapisch réunissait à nouveaux ses acteurs pour explorer les déboires de Xavier, devenu entre-temps trentenaire, un peu précaire, un peu bohème, un peu "en vrac". Un jeune homme typique de sa génération, post-ado à peine mûri, qui tente de comprendre les nouvelles règles de la vie et de l'amour dans les années 2000.

 

Là encore, je me reconnais souvent dans ce personnage. Son côté hésitant, pas sûr de la vie, encore un peu rêveur, c'est comme un miroir. C'est le mec normal, lambda, typique, représentatif, des 25-30 ans. Et ses interrogations incesssantes, sur lui-même et sur le monde, cela faisait écho à mes propres réflexions et à mon blog, moi qui voulais tant explorer "ce qu'il y a dans la tête d'un mec, de nos jours".

 

J'adore ces monologues intérieurs, ces questions qu'il se pose. Combien de films nous emmènent ainsi dans les pensées d'un personnage ? Tellement peu... D'habitude, dans les films trop commerciaux aux scénarios huilés d'avance (notamment les grosses productions américaines) les intrigues se déroulent de façon monocorde, sans grande surprise intellectuelle ; ils ressemblent, comme le disait Kundera, "à une rue étroite, le long de laquelle on pourchasse les personnages à coups de fouet."

 

Dans ces deux films, il y a cette touche authentique et intelligente, qui donne une vraie dimension humaine au film. Du coup, ça ne m'a pas surpris d'apprendre que le réalisateur de "Magniolia", autre film particulièrement intelligent et touchant, soit lui aussi fan des films de Klapisch.  

 

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires - Recommander
Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /2006 08:43

"Marc ? J'adoooore passer du temps avec lui, parce que c'est un mec, tu vois, mais en fait il est comme une fille : on peut se taper des délires sur les autres mecs, baver sur George Clooney, parler beauté et shopping...

Et puis surtout c'est un mec avec qui tu es sûre qu'il n'y aura pas d'ambiguïté"


Eh oui, les femmes raffolent de ce tout récent accessoire à la mode : l'indispensable ami homosexuel. Vous l'aurez remarqué, c'est comme un sac à main : elles en ont toutes un (au moins un). Et puis un jeune fashion, bien sûr, pas un vieux
démodé - ça ne les mettrait pas en valeur.


Le phénomène de société s'est tellement étendu que toutes les nouvelles icônes des trentenaires dans le vent l'ont adopté : Bridget Jones avait le sien, et les filles de Sex & the City en avaient même deux. Indispensable ami homosexuel, le seul capable de vous remonter vraiment le moral après un échec sentimental... Les amies peuvent être aigries et vous éloigner du mone masculin, mais l'ami homo, lui, sera votre Visa permanent vers la téstostérone : il est comme vous, accro.


L'ami homo est "safe"


Etonnant, cette façon dont les filles le touchent, le papouillent, lui mettent la main aux fesses ou lui caressent le torse en rigolant : "mais c'est vrai, là ça ne te fait aucun effet ?". Ca a l'air de les fasciner, un mâle qui n'éprouve pas de pulsion pour elles. Alors elles tripotent, pour voir si vraiment elles n'arriveraient pas à provoquer une érection.

Mélange de blague et de défi, il semble que chaque fille ait plus ou moins consciemment le désir de détourner un jour un homosexuel de sa voie. 


Mais ce qui m'exaspère vraiment, au fond, c'est la discrimination : tripoter ouvertement son ami homo, c'est dire implicitement "mais je ne ferais jamais ça à un mec hétéro". A croire que nous autres, hommes hétérosexuels, nous sommes d'emblée labellisés "violeurs potentiels".

Hélas, c'est souvent justifié... D'ailleurs, moi-même j'ai pratiqué cette discrimination il y a quelques jours : il y avait un mec, physiquement pas mal, qui avait décidé de faire la causette à ma fiancée. Ca m'a énervé, jusqu'à ce que j'apprenne qu'il était homo - du coup je me suis détendu.


Et dans le sens contraire, quand j'étais jeune et fougueux (vers 20 ans, quoi), j'avais essayé de monter un technique de drague avec mon pote, qui consistait à nous faire passer pour des homos. Afin de désamorcer la méfiance féminine et de profiter de la discrimination...


Les homos sont plus beaux

 

Ca, c'est le genre de banalité stupide que j'entends sans cesse et qui m'énerve au plus haut point (sans doute parce qu'elle contient une petite part de vérité).

C'est aussi niais que "les Noirs sont plus athlétiques" ou "l'allemand n'est pas une belle langue, à cause de toutes ces consonnes".

Mais tout le monde le répète et le ressasse, à tel point qu'on en fait un concept télévisuel ("Queer eye for the straight guy", avec des homos fashion qui relookent un pauvre type lambda) et que du coup ça finit par devenir vrai. Alors certes, ils ont des années d'avance sur leurs homologues hétéros en tout ce qui concerne les soins du corps, du visage, de la peau, l'hygiène, etc... Mais nous nous y mettons petit à petit ! 

 

De là à affirmer que les homos sont plus beaux, pfffff... c'est un bien grand pas. Que je ne me hasarderais pas à franchir.

 

Alors par pitié, arrêtez d'exhiber vos amis homos comme des mascottes ! 


Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 23 commentaires - Recommander
Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /2007 23:04

Ah, ils sont menteurs, chez EDF ! 

Je ne parle pas de votre dernière facture d'électricité, qui était sans doute surévaluée, je suis bien d'accord avec vous.

Non non, je parle de leur dernière campagne de pub centrée sur l'île de Pâques, et qui repose entièrement sur un énorme mensonge.

"Il y  bien longtemps, l'île de Pâques était couverte de forêts, de villages et de champs. C'était un paradis. Ses habitants construisaient de grandes statues pour honorer leurs ancêtres. Ils les sculptaient dans la pierre et les transportaient sur des rondins de bois. On raconte qu'ils coupèrent tant d'arbres que leur petite île n'eût plus de forêts.

Leur civilisation n'est plus mais les statues sont toujours là. Elles nous rappellent que les énergies qui font les civilisations peuvent aussi les défaire. En consacrant 1 million d'euros par jour à la recherche, EDF développe les énergies de demain."

Quel beau message ! Oui, développons les énergies de demain, car nous aussi, au fond, nous vivons sur une île dont il faut prendre soin ! Merci EDF !

Il faut dire que dans notre civilisation à nous, il y a une armée pléthorique de hauts fonctionnaires, d'énarques et de polytechniciens pour gérer toutes les questions d'énergie ; aucune chance, donc, de finir comme ces abrutis de sauvages en pagne sur leur île !


Au passage, notez bien que "énergies de demain" ne signifie pas "énergies renouvelables", en langage EDF. C'est ce que j'ai cru au premier abord, car la campagne de pub fleure bon l'écologie, mais pas du tout : l'énergie de demain, ça reste à 80% le nucléaire.
 

En fait, le programme pour "demain" c'est surtout le réacteur nucléaire EPR de nouvelle génération, "plus sûr, plus compétitif et plus respectueux de l'environnement". Moui... on en reparlera dans 150 ans, hein.

Mais le plus passionnant est ailleurs : en réalité, les habitants de l'île de Pâques ne se sont pas du tout morts de leur propre pollution !!!

En me penchant sur l'histoire de l'île de Pâques (qui est une "voisine", maintenant que je vis dans le Pacifique sud), j'ai appris que EDF mentait effrontément, et à grande échelle, sur l'histoire de ces pauvres Pascuans.


La première rencontre avec les hommes blancs se passe assez mal. L'île est découverte en 1722 par des navigateurs hollandais, qui tirent sur les habitants au cours d'une échauffourée. Deux autres expéditions feront escale quelques jours sur l'île au cours du siècle.

Et en effet, celle du capitaine Cook décrit bien une végétation appauvrie et une île aride. Mais pour Catherine Orliac, chercheuse au CNRS et spécialiste de l'île, la disparition rapide de la végétation serait "vraisemblablement le résultat d'une période de sécheresse prolongée".


A partir de 1805 commence le désastre : les marchands d'esclaves américains, puis chiliens, déciment la population à coups de rafles massives. Quand une aide arrive enfin, c'est celle des missionnaires chrétiens : ils convertissent la quasi-totalité des habitants de l'île et enterrent leur religion ancestrale.

Les bateaux qui continuent à aborder l'île attaquent le peu qui reste aux Pascuans : leurs statues. Plusieurs sites religieux sont détruits, des statues sont arrachées et embarquées.

Au final, l'île de Pâques est annexée par le Chili en 1888.


Et EDF a le front de nous faire gober qu'ils se sont éliminés tout seuls parce qu'ils n'étaient pas assez écologistes ???

Quel connard de génie de la pub a pu avoir cette idée débile ?


Eh bien je vais vous le dire : il s'agit de Olivier Moulierac et Jérôme Galinha, directeurs de création pour l'agence Euro RSCG . Je vous invite donc à leur envoyer un courrier pour les pourrir d'insultes, comme je m'apprête à le faire, à :


olivier.moulierac@eurorscg.com
jerome.galinha@eurorscg.com

Euro RSCG C&O
2, allée de Longchamp
92 281  SURESNES Cedex  
Tel : (33 1) 58 47 93 93
Fax : (33 1) 58 47 93 99

Plus d'infos : le site de la campagne EDF

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander
Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /2007 09:25

Le monde de l'entreprise est fascinant.

Surtout quand vous avez choisi la voie commerciale, et que vous avez donc dû étudier l'entreprise sous toutes ses coutures théoriques avant de découvrir la réalité.

 

L'entreprise ! A la fois Graal, paradis et enfer de tous ces bons petits étudiants en gestion qui se rêvent tous un futur en classe affaires sur un vol Paris - New York.

 

Graal, parce que la quête est interminable. Elle devient même carrément mystique, quand vous êtes à Bac+5 avec des stages longs dans de grandes boîtes, et qu'on vous propose en guise de premier emploi un stage de 9 mois payé 400 euros. Là, vous vous demandez si vous n'êtes pas en train de devenir timbré.

Une de mes amies fraîchement diplômée, Bac+5 avec semestre à l'étranger, bilingue et tout et tout, n'a pas obtenu un entretien depuis 8 mois. Et ce n'est qu'un exemple parmi des millions, je pense que tout le monde connaît bien la situation pour les jeunes diplômés en France : l'insertion est une galère, on l'a bien intégré.

 

Dans ma précédente boîte, par exemple, on avait même créé une distinction entre les "stagiaires juniors" (les jeunots qui sont en école et viennent apprendre la vie en exécutant quelques tâches ingrates) et les "stagiaires seniors" (diplômés Bac+5 des grandes écoles avec 1 an de stage, donc autonomes et aptes à travailler pour de vrai).

 

Paradis, malgré tout, le monde du travail. Parce qu'après tant de galères et d'épreuves, de promesses d'embauches non tenues etc, le premier CDI vous apparaît comme le paradis : tout à coup, un vrai salaire ! des avantages sociaux ! un 13ème mois ! une mutuelle ! des notes de frais ! des formations ! des produits gratuits !

Pour celui qui se débarasse enfin de son habit de stagiaire, c'est comme si les cadeaux se mettaient à pleuvoir un jour de Noël, avec la neige et les rennes en prime. Après tant d'années de faux stages et de CDD, on découvre à quel point le "vrai" salarié peut être choyé et protégé.

 

L'enfer, pourtant, vous attend au tournant. Ca commence la première fois que vous vous faites engueuler, ou qu'on vous fait un coup de pute. Mais un vrai, sciemment organisé : on vous sabote un dossier pour des histoires de politique interne, vous vous ramassez les conséquences des erreurs de quelqu'un qui refuse de les assumer, on vous baratine pour que vous acceptiez un client pourri...

Un jour ou l'autre, l'enfer se manifeste.

 

Là vous découvrez que l'entreprise est bien loin d'être la jolie "mécanique rationnelle" dont vos imbéciles de professeurs se gargarisaient.

Loin de là ! En fait vos supérieurs sont des incapables, et leurs propres supérieurs sont encore plus stupides qu'eux. La "stratégie" de l'entreprise est une vaste blague qui sert juste à meubler les pages de l'intranet. En réalité, il n'y a rien qui est coordonné, chaque division bosse dans son coin, et globalement chacun bosse surtout pour lui-même. Question de survie. Individuellement, oui, c'est rationnel - mais c'est le grand bordel. Et les clients ? Ah, s'ils savaient comment on traite leurs dossiers...


Une fois que vous avez atteint ce stade de lucidité, c'est bon, vous êtes sorti de Matrix. Vous avez compris ce qu'il vous reste à faire : profiter de l'aspect social de l'endroit (privilégiez les pauses-cafés avec les potes) et monter les échelons en faisant comme tout le monde, c'est-à-dire en vous faisant beaucoup d'auto-publicité et en soignant votre petit réseau d'alliés.  

 

Pour faire le boulot, vous pouvez toujours prendre un stagiaire ; il y en a plein les rues.

 

 

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus