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Un homme moderne, je veux bien !
Mais en quoi ça consiste, être un homme aujourd'hui ??

Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /2007 11:20

J'ai fait un cauchemar, hier soir, c'était horrible... Voilà : j'allumais la TV et je tombais sur une de ces émissions où l'on tente de "faire" une star, en partant de rien.  Ou plus précisément à partir d'ados de banlieue encore boutonneux, martyrisés par un jury de "pros" au CV obscur - ce qui au fond revient au même.

 

Allez savoir pourquoi, ces jurys sont toujours composés de 4 "pointures" autoproclamées, ce doit être un chiffre magique. Cette fois il y avait deux mecs transparents, une sorte d'extraterrestre répondant au nom de Mia Frye (pendant un instant, j'ai cru qu'il s'agissait d'une blague) et même un spectre revenu d'entre les morts - et c'est là que j'ai vraiment eu la frousse : Ophélie Winter !!!

 

Evidemment, le spectacle était pénible : un par un, ces jeunes mal dégrossis de leur banlieue plantaient lamentablement leur examen. Le producteur, sadique, s'était amusé à les remettre en situation d'échec scolaire. Plus précisément, dans celle de l'interrogatoire debout au tableau, devant toute la classe. Ce qui, vu leur niveau, ne pouvait que les replonger dans de mauvais souvenirs.

 

Pourtant, les classiques à apprendre ici, c'était plus Diam's que Victor Hugo. Oui oui, vous avez bien lu, Diam's est devenu un classique aujourd'hui. C'est dire à quel point on avait touché le fond.

 

Vendeur de disques

Chercher à créer une star de toutes pièces, même avec des pièces de contrebande, c'est quand même logique dans un pays qui a été totalement incapable de mettre au monde une nouvelle génération d'artistes depuis au moins 15 ans.

 

Et pourtant, ils sont nombreux à vouloir faire de la chanson ! A chaque saison de "La Nouvelle Star" ou "Popstars", de nouvelles cohortes de jeunes pétasses se piétinent mutuellement devant les studios. Avec l'espoir de taper dans l'oeil de ceux qui sont devenus, par la force médiatique, les juges suprêmes de la chanson. Difficile pourtant de dire que Marianne James ou Ophélie Winter aient apporté une contribution intemporelle au monde des arts...

 

Pourquoi sont-elles si nombreuses, ces filles, à être obsédées par le show-business ? Simple : elles cherchent là leur seule clé possible pour l'ascension sociale,  la seule façon d'échapper à leur destin de SMICardes a mi-temps dans les classes moyennes inférieures françaises. Comme leurs homologues masculins qui ne rêvent que de s'en sortir par le foot.

Leur rêve, c'est de rejoindre Diam's ou Nadiya au Panthéon des Pouffes qui ont Réussi, et d'amasser du fric en chantant des trucs vachement profonds sur leur expérience de la vie.

 

"Ensemble comme un roc !
Tous unis comme un roc !
Tous tel un bloc
Solides comme le roc !
Ensemble comme un roc !
En ce lieu comme un roc !
Boostés à bloc !
Solides comme le roc ! Roc, roc, roc..."



Inquiétante cabale

 

A la fin de mon rêve, je pénétrais dans une société secrète : un cercle composé d'authentiques chanteurs à guitare (Francis Cabrel, Alain Souchon, Maxime Leforestier...) décidait de mener des actions terroristes pour réduire les "Nouvelles stars" au silence. Leur commando bénéficiait de protections en haut lieu, et était discrètement financé par le Ministère de la Culture, via des sociétés-écrans offshore.

 

Après plusieurs attentats suspects, les jeunes chanteurs prenaient peur et disparaissaient des antennes. TF1 et M6, terrorisées, prenaient la décision de programmer des concerts de Bach tous les samedis soirs.

 

Quant à Ophélie Winter, elle décidait de repasser un CAP d'esthéticienne.

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mardi 4 septembre 2007 2 04 /09 /2007 06:40

Vous savez à quoi on reconnaît qu'on est devenu un vieux con ? C'est simple : c'est lorsqu'on ressent une incontrôlable exaspération à la vue des "djeune's", ces petits cons qui se prennent pour les princes de la rue avec leur look ridicule et leur musique de merde.

Tous habillés à l'identique, ils semblent s'être contentés de copier-coller la tenue de leurs congénères les plus influents. Pour les goûts et les opinions, c'est dans la même veine : le monobloc altermondialisme-antisarkozysme-libertarisme soft est monté en série.

 

Pauvres petits rebelles perdus d'avance !

Tu sais, petit rasta Blanc de Boulogne-Billancourt, d'ici quelques années tu te couperas les cheveux, lorsque tu obtiendras ton diplôme de finance et ton premier job à La Défense.

Pareil pour toi, petit DJ techno-noctambule à la dégaine de manga. Tu vas brutalement t'arrêter de faire la bringue à 23 ans, lorsque ta copine tombera enceinte et qu'il te faudra trimer rien que pour venir à bout des factures.

 

Vous pensiez être tellement uniques dans vos révoltes, dans vos idéaux ! Mais qu'est-ce que vous croyez ? Chaque génération a expérimenté avant vous tout ce que vous vivez aujourd'hui. Chaque génération a méprisé ses aînés, cru changer la vie en "teuf" permanente, et pensé laisser une trace indélébile dans l'histoire. Et pour tout dire, certaines générations l'ont fait bien mieux que vous. 

 

"Jte kiffe 2 tro ma chérie lol"

Ce qui m'exaspère, c'est que vous croyez que ça durera toujours. Ca : l'amitié, la bande de potes inséparable, les 400 coups ensemble et pour la vie. Ces 3 adolescentes de 17 ans qui marchent bras dessus - bras dessous suivies par leur troupeau de courtisans à casquette, se doutent-elles que dans 5 ans elles ne se parleront même plus ? 


En bande, ils se gonflent d'orgueil ("j'ai trop de potos"), se sentent invincibles, font un max de bruit et se moquent des passants. Tout est bon pour se faire remarquer. L'insouciance de la jeunesse se mêle à la morgue des oisifs.

 

Moi aussi, j'ai eu mes bandes d'amis "inséparables". J'ai fait du bruit, je me suis moqué des passants. Je me suis senti invincible et joyeux. Je pensais que ca durerait toujours.

La vie nous a séparés, au fil des années, sans effort, sans même que l'on s'en rende compte. Et chaque bande de petits cons bruyants me rappelle à quel point le temps vous glisse entre les doigts.

 

Le problème, c'est que plus on vieillit, plus les petits cons deviennent nombreux.

   

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Jeudi 7 juin 2007 4 07 /06 /2007 10:24

Pendant que les journaux sérieux commençaient à étudier les nouveaux projets du nouveau gouvernement, le magazine Voici, lui, faisait sa couverture sur la famille Sarkozy.


Une famille qu'évidemment je ne connaissais pas auparavant ; 5 enfants assez jeunes brutalement exposés à l'oeil des médias nationaux. Une famille assez typique, ma foi, je leur ai trouvé de bonnes têtes de bourgeois de Neuilly-sur-Seine.
Certes, les garçons avaient ces exaspérants cheveux longs "vintage" que les jeunes Parisiens, à court d'inspiration, ont repiqué aux années 70, certes les filles avaient l'air de jeunes divas du téléphone portable à forfait 80 heures par mois, mais bon, ils me semblaient bien représenter la famille française (une mère hystérique, des ados ingrats et un père stressé).


Sauf que, comme Voici le racontait avec moults détails, il s'agit en fait d'une famille (multi) recomposée.

Et là, j'apprends avec surprise qu'en fait il y a deux enfants du précédent mariage de l'un, deux enfants du précédent mariage de l'autre, un petit dernier commun, et la femme qui s'est barrée avec un homme pendant que le mari se trouvait une autre femme, mais que finalement ils se sont remis ensemble... En bref, le bordel sentimental complet.

Alors oui, finalement, ils sont bel et bien typiques de la famille française, mais pas celle des bons clichés d'antan, avec ces épouses immuables (Danièle Mitterrand, Bernadette Chirac...) maintes fois trompées mais protégeant fermement les apparences.

Eh oui, il faut me rendre à l'évidence : le visage de la famille a énormément changé.


Quelques chiffres

Les statistiques du mariage (ou plutôt du divorce) sont calamiteuses. En 2005, près de 152 000 divorces contre 276 000 mariages, soit un ratio de 55% ! Plus globalement, 1 mariage sur 3 se solde par un divorce - près d'1 sur 2 en zone urbaine. Et encore, ces chiffres ne prennent même pas en compte les unions libres avec enfants, etc, etc...

Bref, je me retrouve dans une configuration sociale où mes chances d'union solide sont quasi inexistantes. Et ce n'est pas une perspective très rassurante, en fait.

Enfant des années 80, on m'avait présenté la banalisation du divorce comme un progrès social (on se souvient de ce film si symbolique, "Génial mes parents divorcent !"), un mouvement vers une plus grande liberté individuelle. Liberté de choisir ses partenaires, de garder une vie sentimentale active, liberté de changer à tout instant - bref, toutes les valeurs de mobilité, de flexibilité et de performance qui commençaient à s'imposer dans l'univers du travail étaient en train de devenir les normes de vie des individus, dans tous les domaines.

On avait sans doute négligé le fait que plus de liberté signifie également plus de solitude.


Et on n'avait sans doute pas prévu de passer d'un extrême à l'autre, de basculer vers "une société de kids" pour reprendre l'expression de Houellebecq, où l'on se comporterait à tout âge comme si on avait 16 ans : je suis plus in love, je te plaque, j'ai trouvé quelqu'un d'autre (sur internet). Je me remarie, je refais des mômes, je redivorce, les enfants tournent au fil des gardes alternées avec leurs demi-frères et leurs demi-soeurs.... et c'est le bordel.


Et moi, alors ? Que va-t-il m'arriver dans le futur ? Est-ce que je finirai par faire partie de ces pères précarisés par le paiement des pensions, qui ne voient leurs enfants qu'épisodiquement, et qui finissent chez le psy ou/et au bistrot ?

J'ai toute la puissance des statistiques de l'INSEE contre moi ; c'est donc loin d'être gagné.

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /2007 07:27

Jusqu'à aujourd'hui, j'avais soigneusement évité de parler des élections sur mon blog, pour m'économiser des débats inévitablement longs, creux, et au final totalement stériles.



Mais je viens de recevoir, exaspéré, un 15ème mail collectif appelant à voter "contre Sarkozy". Pas vraiment pour Ségolène Royal, mais surtout contre Sarkozy. Diable, je ne savais pas que tous mes amis, collègues et connaissances formaient tant de chaînes de gauche !!


Déjà ça m'énerve car enfin, chacun est l'unique propriétaire de son vote, bon sang ! Quel sens cela a-t-il en démocratie de houspiller les gens pour voter pour tel ou tel ? Tu ne veux pas une procuration pour mon bulletin, tant que tu y es ? Tu crois peut-être que tu vas choisir mieux que moi ?


Mais surtout, je sais très bien que dans ces chaînes et dans ceux qui les propagent, il y a une bonne proportion de votants de droite. Des profils classiques : jeunes issus des quartiers cossus, cadres dynamiques à SICAV mondiales, petits commerçants et employés anti-impôts... 
Seulement... ils se cachent ! ils se taisent et forwardent en silence, pour ne surtout pas montrer à leurs potes qu'ils votent Sarkozy !

Oui, j'hallucine, ce soir je découvre (un peu en retard, comme toujours) que voter Ségolène Royal est le must actuel du politiquement correct, le sommet de la bien-pensance et du conformisme !! Le risque existe, bien réel, d'être disqualifié dans cetains cercles sociaux si l'on affiche ses convictions politiques.
Mieux vaut faire comme tout le monde et acquiescer : voter Ségolène Royal, après tout, c'est paser pour quelqu'un de généreux, ouvert d'esprit, protecteur. D'ailleurs elle a un côté très maternel, vous ne trouvez pas ? 

Et moi qui croyais, benoîtement, qu'il s'agissait juste d'une élection entre deux candidats...



D'ailleurs je suis précisément en train de regarder la rediffusion du fameux débat ; mais bof, d'un oeil semi-attentif seulement. Cette campagne électorale commence vraiment à me gonfler, ça fait des mois que les candidats parlent et parlent, alignent les mots et les heures de parole, jusqu'à ce que leur flot se noie dans sa propre masse et que les mots perdent tout leur sens...

Vivement que l'un des deux soit élu, qu'on en finisse, et que quelqu'un se mette au travail pour mener des réformes utiles. Les candidats ont peaufiné leur programme au détail près ; moi je serais partisan de les mettre en application et de juger sur les résultats.

Chaque semaine on ferait le point lors d'une émission de TV-réalité, et les Français voteraient par SMS surtaxé. Les bénéfices iraient, je ne sais pas, à l'Education nationale ou aux malades d'Alzheimer, par exemple. Et pour que l'émission marche, il sera bien sûr indispensable de la faire présenter par le jury de La Nouvelle Star.


Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /2007 17:29

Pourquoi en France l'entreprise est-elle si mal vue ?


Les chefs y sont toujours des "petits chefs", les relations sociales y sont toujours "tendues", les employés toujours "stressés", les cadences toujours "infernales", les actionnaires toujours "avides de profits"... Tous ces stéréotypes du langage montrent bien la méfiance des Français vis-à-vis de l'entreprise.


L'opinion collective est désastreuse : le seules images que le mot "entreprise" évoque sont les piquets de grève au journal télévisé de 20h, les usines occupées dans un premier temps pour obtenir des salaires plus élevés, puis quelques mois après pour supplier qu'en fin de compte on ne délocalise pas...

Il n'y aurait donc pas d'entreprise heureuse ? De salariés satisfaits ? Les Français contents de se lever le matin pour aller bosser sont-ils une minorité invisible ? Ou bien plutôt, comme je le soupçonne, une majorité silencieuse ?



Les Français n'ont guère l'esprit "corporate", c'est évident. Globalement, ils donnent l'impression de ne pas du tout etre en phase avec le commerce mondial, la fameuse "mondialisation" étant presque un mot tabou. Un sondage réalisé auprès des députés montrait que 60% d'entre eux avouaient "ne rien comprendre à l'économie" !


Le Medef avait pendant un moment (et encore aujourd'hui probablement ) organisé des portes ouvertes en entreprise pour faire changer l'opinion très négative des professeurs d'économie. En somme, il s'agissait de faire découvrir aux profs - majoritairement des enseignants de gauche sans aucune expérience du secteur privé - la réalité du terrain. Le sujet de leur propre enseignement !!

Quand aux sénateurs, ils continuent régulièrement à s'organiser des "stages en entreprise" un peu ridicules, du même genre que celui que j'ai fait en troisième, pour mieux comprendre l'économie actuelle...


Entre stages, CDD et intérim, j'ai côtoyé près d'une vingtaine d'entreprises (soit plus que mes deux parents réunis). Et nulle part je n'ai retrouvé les clichés et les idées reçues habituels.

En fait, l'entreprise est plutôt un lieu de vie, très social et même assez cordial, bien plus sécurisant que la rue ou une cour d'école, par exemple.


Les gens y lient facilement des amitiés, y trouvent assez souvent des partenaires sexuels, et parfois même des partenaires amoureux. Pour tout dire, j'ai l'impression que les gens travaillent plus pour l'aspect social que pour le boulot proprement dit : prendre le café, rigoler avec les collègues, dejeuner en se lançant des vannes, et médire de tout le monde dans son dos. Autant de choses qui vous manquent cruellement quand vous êtes un pauvre chômeur solitaire.


Après tout, on dit souvent qu'il est possible de supporter un travail répétitif si l'ambiance est bonne ; alors qu'à l'inverse, peu de gens restent sur un job passionnant dans une mauvaise atmosphère.
Ce qui prouve bien qu'au fond, on est surtout là pour se faire une vie sociale.

 

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /2007 09:25

Le monde de l'entreprise est fascinant.

Surtout quand vous avez choisi la voie commerciale, et que vous avez donc dû étudier l'entreprise sous toutes ses coutures théoriques avant de découvrir la réalité.

 

L'entreprise ! A la fois Graal, paradis et enfer de tous ces bons petits étudiants en gestion qui se rêvent tous un futur en classe affaires sur un vol Paris - New York.

 

Graal, parce que la quête est interminable. Elle devient même carrément mystique, quand vous êtes à Bac+5 avec des stages longs dans de grandes boîtes, et qu'on vous propose en guise de premier emploi un stage de 9 mois payé 400 euros. Là, vous vous demandez si vous n'êtes pas en train de devenir timbré.

Une de mes amies fraîchement diplômée, Bac+5 avec semestre à l'étranger, bilingue et tout et tout, n'a pas obtenu un entretien depuis 8 mois. Et ce n'est qu'un exemple parmi des millions, je pense que tout le monde connaît bien la situation pour les jeunes diplômés en France : l'insertion est une galère, on l'a bien intégré.

 

Dans ma précédente boîte, par exemple, on avait même créé une distinction entre les "stagiaires juniors" (les jeunots qui sont en école et viennent apprendre la vie en exécutant quelques tâches ingrates) et les "stagiaires seniors" (diplômés Bac+5 des grandes écoles avec 1 an de stage, donc autonomes et aptes à travailler pour de vrai).

 

Paradis, malgré tout, le monde du travail. Parce qu'après tant de galères et d'épreuves, de promesses d'embauches non tenues etc, le premier CDI vous apparaît comme le paradis : tout à coup, un vrai salaire ! des avantages sociaux ! un 13ème mois ! une mutuelle ! des notes de frais ! des formations ! des produits gratuits !

Pour celui qui se débarasse enfin de son habit de stagiaire, c'est comme si les cadeaux se mettaient à pleuvoir un jour de Noël, avec la neige et les rennes en prime. Après tant d'années de faux stages et de CDD, on découvre à quel point le "vrai" salarié peut être choyé et protégé.

 

L'enfer, pourtant, vous attend au tournant. Ca commence la première fois que vous vous faites engueuler, ou qu'on vous fait un coup de pute. Mais un vrai, sciemment organisé : on vous sabote un dossier pour des histoires de politique interne, vous vous ramassez les conséquences des erreurs de quelqu'un qui refuse de les assumer, on vous baratine pour que vous acceptiez un client pourri...

Un jour ou l'autre, l'enfer se manifeste.

 

Là vous découvrez que l'entreprise est bien loin d'être la jolie "mécanique rationnelle" dont vos imbéciles de professeurs se gargarisaient.

Loin de là ! En fait vos supérieurs sont des incapables, et leurs propres supérieurs sont encore plus stupides qu'eux. La "stratégie" de l'entreprise est une vaste blague qui sert juste à meubler les pages de l'intranet. En réalité, il n'y a rien qui est coordonné, chaque division bosse dans son coin, et globalement chacun bosse surtout pour lui-même. Question de survie. Individuellement, oui, c'est rationnel - mais c'est le grand bordel. Et les clients ? Ah, s'ils savaient comment on traite leurs dossiers...


Une fois que vous avez atteint ce stade de lucidité, c'est bon, vous êtes sorti de Matrix. Vous avez compris ce qu'il vous reste à faire : profiter de l'aspect social de l'endroit (privilégiez les pauses-cafés avec les potes) et monter les échelons en faisant comme tout le monde, c'est-à-dire en vous faisant beaucoup d'auto-publicité et en soignant votre petit réseau d'alliés.  

 

Pour faire le boulot, vous pouvez toujours prendre un stagiaire ; il y en a plein les rues.

 

 

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /2007 23:04

Ah, ils sont menteurs, chez EDF ! 

Je ne parle pas de votre dernière facture d'électricité, qui était sans doute surévaluée, je suis bien d'accord avec vous.

Non non, je parle de leur dernière campagne de pub centrée sur l'île de Pâques, et qui repose entièrement sur un énorme mensonge.

"Il y  bien longtemps, l'île de Pâques était couverte de forêts, de villages et de champs. C'était un paradis. Ses habitants construisaient de grandes statues pour honorer leurs ancêtres. Ils les sculptaient dans la pierre et les transportaient sur des rondins de bois. On raconte qu'ils coupèrent tant d'arbres que leur petite île n'eût plus de forêts.

Leur civilisation n'est plus mais les statues sont toujours là. Elles nous rappellent que les énergies qui font les civilisations peuvent aussi les défaire. En consacrant 1 million d'euros par jour à la recherche, EDF développe les énergies de demain."

Quel beau message ! Oui, développons les énergies de demain, car nous aussi, au fond, nous vivons sur une île dont il faut prendre soin ! Merci EDF !

Il faut dire que dans notre civilisation à nous, il y a une armée pléthorique de hauts fonctionnaires, d'énarques et de polytechniciens pour gérer toutes les questions d'énergie ; aucune chance, donc, de finir comme ces abrutis de sauvages en pagne sur leur île !


Au passage, notez bien que "énergies de demain" ne signifie pas "énergies renouvelables", en langage EDF. C'est ce que j'ai cru au premier abord, car la campagne de pub fleure bon l'écologie, mais pas du tout : l'énergie de demain, ça reste à 80% le nucléaire.
 

En fait, le programme pour "demain" c'est surtout le réacteur nucléaire EPR de nouvelle génération, "plus sûr, plus compétitif et plus respectueux de l'environnement". Moui... on en reparlera dans 150 ans, hein.

Mais le plus passionnant est ailleurs : en réalité, les habitants de l'île de Pâques ne se sont pas du tout morts de leur propre pollution !!!

En me penchant sur l'histoire de l'île de Pâques (qui est une "voisine", maintenant que je vis dans le Pacifique sud), j'ai appris que EDF mentait effrontément, et à grande échelle, sur l'histoire de ces pauvres Pascuans.


La première rencontre avec les hommes blancs se passe assez mal. L'île est découverte en 1722 par des navigateurs hollandais, qui tirent sur les habitants au cours d'une échauffourée. Deux autres expéditions feront escale quelques jours sur l'île au cours du siècle.

Et en effet, celle du capitaine Cook décrit bien une végétation appauvrie et une île aride. Mais pour Catherine Orliac, chercheuse au CNRS et spécialiste de l'île, la disparition rapide de la végétation serait "vraisemblablement le résultat d'une période de sécheresse prolongée".


A partir de 1805 commence le désastre : les marchands d'esclaves américains, puis chiliens, déciment la population à coups de rafles massives. Quand une aide arrive enfin, c'est celle des missionnaires chrétiens : ils convertissent la quasi-totalité des habitants de l'île et enterrent leur religion ancestrale.

Les bateaux qui continuent à aborder l'île attaquent le peu qui reste aux Pascuans : leurs statues. Plusieurs sites religieux sont détruits, des statues sont arrachées et embarquées.

Au final, l'île de Pâques est annexée par le Chili en 1888.


Et EDF a le front de nous faire gober qu'ils se sont éliminés tout seuls parce qu'ils n'étaient pas assez écologistes ???

Quel connard de génie de la pub a pu avoir cette idée débile ?


Eh bien je vais vous le dire : il s'agit de Olivier Moulierac et Jérôme Galinha, directeurs de création pour l'agence Euro RSCG . Je vous invite donc à leur envoyer un courrier pour les pourrir d'insultes, comme je m'apprête à le faire, à :


olivier.moulierac@eurorscg.com
jerome.galinha@eurorscg.com

Euro RSCG C&O
2, allée de Longchamp
92 281  SURESNES Cedex  
Tel : (33 1) 58 47 93 93
Fax : (33 1) 58 47 93 99

Plus d'infos : le site de la campagne EDF

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /2006 08:43

"Marc ? J'adoooore passer du temps avec lui, parce que c'est un mec, tu vois, mais en fait il est comme une fille : on peut se taper des délires sur les autres mecs, baver sur George Clooney, parler beauté et shopping...

Et puis surtout c'est un mec avec qui tu es sûre qu'il n'y aura pas d'ambiguïté"


Eh oui, les femmes raffolent de ce tout récent accessoire à la mode : l'indispensable ami homosexuel. Vous l'aurez remarqué, c'est comme un sac à main : elles en ont toutes un (au moins un). Et puis un jeune fashion, bien sûr, pas un vieux
démodé - ça ne les mettrait pas en valeur.


Le phénomène de société s'est tellement étendu que toutes les nouvelles icônes des trentenaires dans le vent l'ont adopté : Bridget Jones avait le sien, et les filles de Sex & the City en avaient même deux. Indispensable ami homosexuel, le seul capable de vous remonter vraiment le moral après un échec sentimental... Les amies peuvent être aigries et vous éloigner du mone masculin, mais l'ami homo, lui, sera votre Visa permanent vers la téstostérone : il est comme vous, accro.


L'ami homo est "safe"


Etonnant, cette façon dont les filles le touchent, le papouillent, lui mettent la main aux fesses ou lui caressent le torse en rigolant : "mais c'est vrai, là ça ne te fait aucun effet ?". Ca a l'air de les fasciner, un mâle qui n'éprouve pas de pulsion pour elles. Alors elles tripotent, pour voir si vraiment elles n'arriveraient pas à provoquer une érection.

Mélange de blague et de défi, il semble que chaque fille ait plus ou moins consciemment le désir de détourner un jour un homosexuel de sa voie. 


Mais ce qui m'exaspère vraiment, au fond, c'est la discrimination : tripoter ouvertement son ami homo, c'est dire implicitement "mais je ne ferais jamais ça à un mec hétéro". A croire que nous autres, hommes hétérosexuels, nous sommes d'emblée labellisés "violeurs potentiels".

Hélas, c'est souvent justifié... D'ailleurs, moi-même j'ai pratiqué cette discrimination il y a quelques jours : il y avait un mec, physiquement pas mal, qui avait décidé de faire la causette à ma fiancée. Ca m'a énervé, jusqu'à ce que j'apprenne qu'il était homo - du coup je me suis détendu.


Et dans le sens contraire, quand j'étais jeune et fougueux (vers 20 ans, quoi), j'avais essayé de monter un technique de drague avec mon pote, qui consistait à nous faire passer pour des homos. Afin de désamorcer la méfiance féminine et de profiter de la discrimination...


Les homos sont plus beaux

 

Ca, c'est le genre de banalité stupide que j'entends sans cesse et qui m'énerve au plus haut point (sans doute parce qu'elle contient une petite part de vérité).

C'est aussi niais que "les Noirs sont plus athlétiques" ou "l'allemand n'est pas une belle langue, à cause de toutes ces consonnes".

Mais tout le monde le répète et le ressasse, à tel point qu'on en fait un concept télévisuel ("Queer eye for the straight guy", avec des homos fashion qui relookent un pauvre type lambda) et que du coup ça finit par devenir vrai. Alors certes, ils ont des années d'avance sur leurs homologues hétéros en tout ce qui concerne les soins du corps, du visage, de la peau, l'hygiène, etc... Mais nous nous y mettons petit à petit ! 

 

De là à affirmer que les homos sont plus beaux, pfffff... c'est un bien grand pas. Que je ne me hasarderais pas à franchir.

 

Alors par pitié, arrêtez d'exhiber vos amis homos comme des mascottes ! 


Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /2006 07:01

"J'ai repensé à toutes les filles que j'avais connues, avec qui j'avais couché ou même que j'avais seulement désiré. Je me suis dit qu'elles étaient comme des poupées russes. On passe sa vie entière à jouer à ce jeu-là, on est curieux de savoir qui sera la dernière, la toute petite qui était cachée depuis le début dans toutes les autres. On peut pas l'attraper directement, on est obligé de suivre un cheminement. Faut les ouvrir l'une après l'autre en se demandant à chaque fois: "Est-ce que c'est la dernière?"

Quand j'ai vu "l'Auberge Espagnole" de Cédric Klapisch, je rentrais tout juste de ma propre année d'études aux Etats-Unis. Le film m'a touché en plein coeur : tout ce que je voyais à l'écran, je l'avais vécu moi aussi. La colocation joyeusement bordélique avec plein de nationalités différentes, les amitiés profondes entre étudiants en exil, la petite amie restée en France... la sensation de vivre entre deux pays, entre deux mondes...

 

Ce film m'a surpris tant il était proche de mon expérience personnelle. Et bien plus largement, de nos expériences personnelles à tous, nous, la "génération Erasmus". J'ai rencontré de nombreux étudiants, Français ou étrangers, ayant vécu cette période si particulière et si marquante dans un autre pays, quel qu'il soit ; tous se reconnaisaient unanimement dans ce film.

 

Ce qui m'a impressionné chez Klapisch, c'est son talent pour capter le "Zeitgeist", l'esprit de l'époque, et pour incarner en personnages "vrais" un phénomène qui jusqu'ici n'était qu'un sujet politique et statistique - alors qu'il commençait à prendre de l'ampleur et à modeler toute une génération d'Européens. Une vague nouvelle de jeunes gens qui ont vécu l'Europe, pas seulement comme un concept politique un peu abstrait. Et cela contribuera sans doute plus tard à faire évoluer grandement les mentalités, quand ces jeunes-là auront atteint les postes de pouvoir politique et économique. Car ils sauront véritablement, pour l'avoir ressenti au plus profond d'eux-mêmes, ce que c'est d'"être un Européen". Pour eux, les pays d'Europe, ce ne seront pas des formes sur une carte, mais des visages amis, des souvenirs et des émotions.

 

Avec "Les Poupées russes", Klapisch réunissait à nouveaux ses acteurs pour explorer les déboires de Xavier, devenu entre-temps trentenaire, un peu précaire, un peu bohème, un peu "en vrac". Un jeune homme typique de sa génération, post-ado à peine mûri, qui tente de comprendre les nouvelles règles de la vie et de l'amour dans les années 2000.

 

Là encore, je me reconnais souvent dans ce personnage. Son côté hésitant, pas sûr de la vie, encore un peu rêveur, c'est comme un miroir. C'est le mec normal, lambda, typique, représentatif, des 25-30 ans. Et ses interrogations incesssantes, sur lui-même et sur le monde, cela faisait écho à mes propres réflexions et à mon blog, moi qui voulais tant explorer "ce qu'il y a dans la tête d'un mec, de nos jours".

 

J'adore ces monologues intérieurs, ces questions qu'il se pose. Combien de films nous emmènent ainsi dans les pensées d'un personnage ? Tellement peu... D'habitude, dans les films trop commerciaux aux scénarios huilés d'avance (notamment les grosses productions américaines) les intrigues se déroulent de façon monocorde, sans grande surprise intellectuelle ; ils ressemblent, comme le disait Kundera, "à une rue étroite, le long de laquelle on pourchasse les personnages à coups de fouet."

 

Dans ces deux films, il y a cette touche authentique et intelligente, qui donne une vraie dimension humaine au film. Du coup, ça ne m'a pas surpris d'apprendre que le réalisateur de "Magniolia", autre film particulièrement intelligent et touchant, soit lui aussi fan des films de Klapisch.  

 

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 23:08

Ils existent !

Je veux dire qu'ils existent vraiment pour de vrai, les coaches en séduction ! Mais-qu'est-ce-que-c'est-donc-qu'un-coach-en-séduction, Milan ? c'est quelqu'un qui pour une certaine somme d'argent va vous donner des cours pour apprendre à draguer les filles (je dis ça parce que c'est souvent destiné aux mecs). C'est quelqu'un qui exerce, et essaye d'en vivre, la profession d'entraîneur de drague, un peu comme un entraîneur sportif. "Entraîneur", c'est pas aussi "style" que "coach", mais je déteste les anglicismes.

 

Par exemple, je vous présente Spike, dont on parle beaucoup sur Internet. Spike est une sorte de professionnel apparemment, avec un site internet entièrement dédié à son auto-promotion ainsi qu'a son ego, j'imagine : http://www.spikeseduction.com.

Spike est trop fort : les ateliers séduction se facturent de 245 à 1160 euros, soit un taux horaire à peu près équivalent à ce que je fais dans le consulting.

Spike est un Chevalier Jedi de la drague, les filles sont irrésisitiblement attirées par lui. Exemple de scénario de drague (extrait de son site) :

" M : Et vous, vous vous appelez comment ?
Blo : Estelle
M : +1
Blo : Quoi ?
M : Je disais qu’avec ce prénom, tu gagnes un point. Et toi ?
Br : Marion. Mais tu viens faire quoi, ici, alors, seul, si... les filles ne t’intéressent plus ?
M : Lire mon magazine, tranquille, "in a sentimental mood". Mais en général ça se passe comme aujourd’hui, je peux pas le faire, il y a toujours des filles pour me poser des questions (grand sourire)
Marion : Mais avoue que c’est étrange quand même. Tu viens ici sans rien attendre, et pourtant, tu prends soin de toi, et sincèrement (elle appuie le sincèrement) tu dégages une présence... [là les filles elles en peuvent plus , déjà]
M (naïf) : A quoi tu vois ça ?
Marion : Attends, tu es grand, mince, tu as la killer veste...
Estelle : Et moi j’adore tes chaussures
Marion : Tu dois faire du sport non ? [aïe, que de compliments, ça doit faire mal a l'ego !]
M : Oui, un peu, enfin non pas beaucoup. Merci pour les compliments.
Marion : Bah tu le sais, tout ça, de toutes façons, tu veux juste le réentendre... Je peux regarder l’intérieur de ta veste ? "

Spike est un magicien : les témoignages de ses clients sont... fabuleux. "Au début j'étais sceptique, mais après lecture quasi complète de ton site, je suis sorti vendredi et samedi soir et j'ai décroché 3 numéros de téléphone et un kclose [un baiser, NDMilan] en un weekend, sérieusement je suis sur le cul". Un contact avec Spike, et tu te transformes en George Clooney.

 

 

Bref, on se croirait dans le film "Hitch", sauf qu'on est en plein Paris et que c'est pour de vrai : il y a des frrustrés de la drague qui sont prêts à payer pour recevoir les conseils d'un "maître de la drague". Et dans ma tête, la question tourne et retourne inlassablement : est-ce complètement ridicule de payer pour apprendre à draguer ??

 

 

FRUSTRE(S)

Depuis le temps que je bosse dans le marketing, ce n'est pas à moi qu'on va apprendre que la consommation est poussée par la frustration et le désir. Pour que les coachs commencent à fleurir petit à petit en France, suivant la vague américaine, il faut donc qu'il y ait suffisamment de gens frustrés de la drague.

 

Des gens qui essayent de rencontrer, de draguer, qui font l'effort d'aller en boîte et dans les bars, mais qui en ressortent avec rien du tout, même pas un contact avec la super nana du bar. Ah, quel écrivain, quel poète saura un jour décrire la terrible amertume du type qui rentre de soirée seul, en pensant à toutes les occasions manquées... ? Ca m'est arrivé suffisamment souvent (trop à mon goût), et je peux comprendre ce qui pousse quelqu'un à tenter le coup avec un coach. Après tout, pourquoi ne pas essayer ?

 

Mais honnêtement, le ridicule de la situation est trop flagrant : payer 100 euros de l'heure !! pour aborder des filles, sous le regard d'un mec qui te dit "non, fais ci, fais pas ça, t'as été nul, là, Jean-Claude".  Qui te dit que t'es habillé comme un loser et qu'il faut te relooker... Ca doit être un peu difficile à encaisser.

De plus, un mec prêt à débourser autant pour résoudre ses problèmes de frustration dans la drague, c'est très probablement quelqu'un qui a un problème plus large, bien plus large, de confiance en soi. Dans tous les aspects de sa vie. Je doute qu'un simple atelier de drague puisse lui régler ce problème trop général.

Enfin, franchement, les prix pratiqués me paraissent délirants. Vraiment délirants.

 

 

ET POURTANT... !

Et pourtant, les maîtres de la drague (chez Spike ils appellent ça des PUA ou Pick-Up Artists), les Jedi de l'abordage en boîte, les David Copperfield du roulage de pelle à des belles inconnues  ça existe : j'en connais.

Le grand ami de ma vie, appelons-le Gianfranco pour l'anonymat, en était un. J'ai passé des années, avant de me maquer, à admirer sa façon de se serrer des centaines de filles, de la campeuse hollandaise à la jeune patronne au boulot, de la fille du voisin à la soeur de la mariée. Une collection de succès, de jolies filles, et d'histoires abracadabrantes que je raconterai peut-être un jour.

A chaque fois qu'on s'amusait à le mettre en compétition avec un autre grand dragueur, tchatcheur ou amuseur de foules, il l'emportait haut la main. Encore aujourd'hui, je suis prêt à parier un billet qu'il éclipserait un Spike.

 

Donc effectivement, ce genre de mec existe. Et c'est vrai que leur façon de faire a parfois quelque chose de magique. Alors si l'un d'entre eux s'est décidé à transmettre (et à monnayer) son talent, après tout, pourquoi pas ? De toute façon, la demande justifie l'offre (avantage du système marchand).

 


LA SECTE

 Ce qui m'inquiète réellement dans ce mouvement de décryptage et de "management" de la drague, c'est le côté "secte" de tous ces adeptes du nouveau mouvement, venu comme trop souvent des Etats-Unis.

Ces mecs parlent un jargon incompréhensible et ésotérique qui leur permet de se reconnaître au premier coup d'oeil comme des "initiés" :

- PUA : pick-up artist, artiste de la drague
- AFC : average frustrated chump, le mec frustré moyen (le gros naze incapable d'en serrer une)
- numclose : conclure un "set" de drague par le n° de la nana ("closure" étant un vocabulaire emprunté aux affaires financières)
- kclose : kiss-close, conclure le "set" par un roulage de pelle de la nana

etc, etc, etc... si vous voulez pénétrer les arcanes de cette langue nouvelle, allez jeter un oeil sur ce portail fabuleux des dragueurs "nouvelle vague" :  www.frenchtouchseduction.com.

 

Vous verrez, la façon d'aborder les rencontres humaines est ... décapante ! Exemple de compte-rendu de soirée-drague :

" Ce vendredi soir, je quitte donc Marseille pour le "nord" avec mon wing, en outre ami d'enfance... on ne s'est pas fixé d'objectif bien précis en dehors du fait d'aborder un max de sets. Chacun de nous a opté pour un style à la fois classe et décontracté, loin du peacocking démoniaque cher à Asles soit, en ce qui me concerne, converses, jean taille basse, teeshirt moulant au motif spé et veste type officier de la navy. A peine garé, les hostilités commencent. Deux filles plutôt pas mal, une B et une A arrivent vers nous."

Vous voyez le genre... Putain, les mecs ils se croient dans Top Gun ou quoi ?? "Maverick, Maverick, Hot bitch a 20°, prépare le set-drague spécial blondasse, roger."

 

Est-ce pour se rassurer, tout ce cinéma ? Est-ce pour se donner l'illusion qu'on maîtrise, qu'on n'a plus peur des filles (tu parles), qu'on ne craint plus de se prendre un rateau humiliant ? 

Ou bien est-ce que cela va encore plus loin, comme je le crains, c'est-à-dire vers une sorte d'obsession de rationaliser les contacts humains, qui s'apparenterait presque à de la manipulation ?
Ces dragueurs-mutants d'un nouveau genre n'hésitent pas à recycler des méthodes bien connues de la vente ou de la psychologie (comme la PNL) pour vaincre les réticences d'un "prospect", quitte à manipuler un peu son subconscient.

Que se passera-t-il quand la drague, domaine relationnel et émotionnel par nature, sera devenu une science du boniment, un exercice de vendeur de cuisines Mobalpa ? Faut-il vraiment une formation chez Negocia pour aborder une fille ??

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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