Thème

Un homme moderne, je veux bien !
Mais en quoi ça consiste, être un homme aujourd'hui ??

1mec1fille

Mardi 31 janvier 2006 2 31 /01 /2006 17:37

Au début, le "phénomène blog", je trouvais ça un peu stupide. Les médias n'avaient que ces mots à la bouche, "blog", "blogueur", "blogosphère" , et criaient à la révolution comme si Jésus en personne avait débarqué à Roissy...

Or dans le blog il n'y a pas de grand saut technologique, c'est juste une version améliorée du bon vieux  site web perso, au fond.

 

Quand les médias s'excitent, c'est généralement qu'il ne va pas se passer grand-chose (exemple : le blog de l'an 2000... non, le "bug", pardon, j'ai lapsucé). Et il ne s'est effectivement pas passé grand-chose : les internautes se sont appropriés les blogs calmement, et ça n'a pas remplacé les autres médias ni les autres moyens de communication. Ce qui signifie donc que le blog a un usage bien à lui, bien à part. Mais lequel ? Pourquoi on blogue ?

 

J'ai l'impression que dans la plupart des cas, on retrouve une fonction de journal intime ouvert ; même pour ceux qui traitent de politique ou de cuisine sans parler de leur vie sexuelle, il s'agit finalement de donner à lire leurs états d'âme, au jour le jour, leurs coups de gueule et coups de coeur.

Prenez par exemple le blog de l'un des hommes les plus sinistres de la planète, Alain Juppé, et bien même lui il a des petits sentiments tout partout qui ne demandent qu'à s'exprimer : "Je ne ressens aucune impatience. Seulement un grand besoin de calme après la tempête qui, au fond de mon coeur, n'est pas encore tout à fait apaisée". C'est pas mignon ?

 

Après, il y a ceux qui parlent franchement de leur vie sentimentale, voire sexuelle, et qui nous emmènent dans leur intimité. Pour le pire ou le meilleur ! J'ai vu des Skyblogs dé-ses-pé-rants d'ados qui ne savent écrire que des SMS (ils rédigent aussi leurs dissertations en langage SMS ?? "Koman dire Le Cid g tro kiffé pasque ya plein 2 rimes"). Allez je ne peux pas résister au plaisir de vous filer quelques adresses : Zbeul, Princesse2Mars... 

 

Et puis j'ai lu, je lis, régulièrement, chaque jour en fait, des blogs de gens que j'aime bien, dont j'apprécie le ton, l'humour ou la vision de la vie - alors qu'au fond je ne les connais pas du tout ! Pour ne citer que les plus intéressants que je connais : les vingtenaires, Bouc&Moustache, Marjorie, Donjuju... (et une pensée pour Pimipin qu'est mort).

 

Parcourir les blogs, d'une certaine façon, c'est comme être dans une grande bibliothèque où un conservateur un peu fou aurait réuni tous les journaux intimes trouvés ici et là. Un immense assemblage de carnets intimes ouverts, de vies exposées, dont on ne connaît pas les protagonistes, mais on les imagine tellement bien ! Et puis ils font un écho les uns aux autres, comme une grande et belle fresque humaine... Par exemple, ce matin au hasard de ma blogitude, je lis un post de Mel, qui dit que sa vie, "c'est de la merde" et qu'elle aimerait ressembler à... une blogueuse plus connue (!), Nina.

Tous ces blogs, c'est devenu ma lecture quotidienne (moi qui m'étais promis de lire des grands classiques cette année, ça commence mal...)

 

Ecrivain de blog

Pour celui (celle) qui écrit, au fond, c'est fabuleux : on peut raconter sa vie pendant des heures, sans saoûler ses amis (qui la connaissent par coeur et font souvent chier avec leurs conseils) et en trouvant soutien et compréhension auprès des internautes. Il y a toujours un échange, toujours une bonne discussion prête à démarrer chez soi ou sur un blog voisin... Je me demande parfois si ce n'est pas un peu l'équivalent du bistrot de nos aïeuls, où l'on s'en allait papoter de tout et de rien à la sortie du boulot.

Mais il y a un effet bien plus fort encore : ton opinion prend soudain une énorme valeur. Chaque truc que tu dis est lu par des milliers de personnes, qui laissent des milliers de commentaires (là je ne parle pas de mes stats, mais de celles des autres...).

 

Autrement dit tu as réalisé ton grand fantasme, tu es -presque- devenu Carrie Bradshaw dans Sex and the City : elle a une vie sentimentale pleine et fascinante, qui tient en haleine des milliers de lecteurs

Elle est même renommée, les gens ont entendu parler de sa chronique. Les mecs qu'elle rencontre savent qu'ils vont faire partie de son oeuvre apres avoir fréquenté son lit ! Même Zola, le plus grand des écrivains naturalistes avant elle, n'était pas aussi gâté !

Et sa vie toute entière tourne autour de ça, puisque sa chronique-vie, c'est en même temps son passe-temps et son gagne-pain ! (pain et chaussures Prada...)

Pour tous ceux qui blogguent au boulot au lieu de bosser (genre moi), vous pouvez presque vous y croire : vous êtes payé pour bloguer !

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Jeudi 2 février 2006 4 02 /02 /2006 14:06

Des fêtes neuneu, il y en a des tas ; mais la Saint-Valentin bat tous les records de la "neuneutitude", et quand les magasins commencent à garnir leurs vitrines de coeurs rouges prétexte à fourguer tous types de produits (DVD, chocolats, liquide-vaisselle et forfaits téléphoniques), moi ça me donne envie de poser des bombes.

Le gros problème avec la Saint-Valentin, c'est son aspect obligatoire : impossible d'y échapper ! C'est le péage sur l'autoroute de l'amour (quelle métaphore !)

- Si vous avez un(e) chéri(e), il (elle) ne peut pas ignorer que c'est la Saint-Valentin, et si vous ne faites pas de cadeau, c'est un signal très clair de pré-rupture. "J'ai pas envie de te faire un cadeau cette année... d'ailleurs je pense qu'il faut qu'on se sépare".

- Et puis si vous êtes célibataire, c'est pire : impossible de faire vos courses ou de marcher dans la rue sans voir écrit partout "Saint-Valentin" (ce qui équivaut clairement à "t'as pas d'amoureux, toi ?"). Sans compter que le lendemain tous les collègues vous montreront leurs cadeaux (surtout les filles).

 

La fête des grand-mères, au moins, vous pouviez l'esquiver : il suffisait de ne pas appeler votre grand-mère autour de cette date, et puis même en oubliant le bouquet de fleurs vous ne cesserez pas d'être son petit-fils pour autant. Alors que si vous oubliez la Saint-Valentin, votre CDI amoureux risque fort d'arriver à échéance très vite... (et sans préavis, vous ne saviez pas que c'était encore la période d'essai ? c'est l'effet CPE, ça).

Malgré tout ce qu'on peut raconter (les billets doux du 14 février remonteraient au XIVe siècle), historiquement, rien ne justifie la Saint-Valentin. Valentin lui-même est en réalité une série d'obscurs martyrs chrétiens probablement célibataires, et l'Eglise catholique n'a jamais cautionné de pratiques amoureuses pour commémorer un martyr.

En fait, il semble plutôt qu'elle ait calé cette fête pour étouffer le rite païen des Lupercales, sorte de fête orgiaque de la fécondité chez les Romains, qui étaient quand même de sacrés coquins.

 

Bref, rien à faire, la Saint-Valentin est définitivement une fête purement commerciale, à ranger dans la catégorie des fêtes bidon, avec la Sainte-Catherine, la Journée "j'aime mon entreprise" et le Beaujolais nouveau.

C'était fatal, de toute façon : un pays où les fêtes religieuses n'ont plus aucune signification et qui n'a rien de nouveau à commémorer se rabat forcément sur les maigres intiatives de ses commerçants, à défaut d'alternative et de volonté du monde politico-associatif.

 

A ce stade, j'étais convaincu qu'il fallait un mouvement violent d'opposition à la dictature médiatico-commerciale de cette hypocrite Saint-Valentin. Cette fête que tout le monde fait semblant d'aimer alors qu'il la méprise en secret, ou pire, la craint, méritait un bon vieux lynchage

 

Mais je ne m'attendais pas du tout à ce que la contre-attaque vienne de Meetic. Oui, Meetic, qui propose à ses (nombreux) adhérents de monter de toutes pièces la première Fête des célibataires. Une fête des célibataires... c'est pas bête, si les chiffres continuent à grimper, il y aura bientôt plus de célibataires que de gens en couple. 

Alors voilà, quand un pays n'a plus rien à fêter, quand le sponsoring remplace le spontané, ça donne ceci :

Seul problème : qu'est-ce qu'on offre, le jour de la Fête des célibataires ? Un sex toy ?

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /2006 14:04

J'ai longtemps pensé que l'amitié entre un homme et une femme était impossible. Qu'un rapport complice entre les deux était forcément ambigu, et qu'il y en avait toujours un des deux qui souhaiterait obtenir plus (généralement le mec, allez savoir pourquoi...)

Le monde entier semblait partager ce point de vue : une paire d'amis sont forcément des amants non avoués, qui vont soit finir ensemble, soit clôturer leur amitié par un rateau un jour ou l'autre. Du coup, pour un mec, c'est assez difficile d'avoir une amie sans se faire chambrer par ses potes ("alors, quand est-ce que tu te la fais bon sang ?") jusqu'à craquer. Et tenter d'emballer sa copine, avec toutes les conséquences que l'on connaît : je préfère qu'on reste amis, blablabla... 

Dans cette optique un peu binaire, une fille ne peut donc être qu'une cible à conquérir ou bien un thon à ignorer. C'est une réaction typique des mecs quand ils sont encore jeunes (mais attention, je ne prétends pas avoir atteint l'âge canonique de la sagesse ultime) et pensent avant tout à collectionner les minettes ; pour preuve cette magnifique citation tirée du Forum des as de la drague (un site à visiter a-bso-lu-ment) :

LE MYTHE DE L'AMITIE H/F:
L'emancipation de la femme, la tertiarisation et que sais-je encore mettent les hommes et les femmes en presence les uns des autres en permanence et en particulier au boulot pour la plupart d'entre nous. Par consequent, il est de bon ton de nier que la collaboration homme/femme est denuee de tension sexuelle et dans le meme ordre d'idee, que l'amitie est tout a fait possible entre hommes et femmes.
Dans la pratique, comme l'a rappelle Pozzo, nous savons tous qu'il n'en est rien. L'un a toujours envie de l'autre.
Une fille qui a beaucoup d'amis hommes n'est pas valable pour une
LTR . (trouvez le dictionnaire du site pour décoder les termes "scientifiques")
Elle est soit
LSE soit nympho. 
Quant a un mec qui s'entourerait d' amies-femmes,
- soit il refoule son homosexualite,
- soit c'est un
player qui profite de leur social-proof et de l'image flatteuse qu'elle lui renvoient,
- soit c'est un
AFC qui s'enlise invariablement en FZ (syndrome du "lot de consolation").


Bref, il n'y a pas beaucoup de marge de manoeuvre, les possibilités restent donc :

1. L'amitié entre une fille et son gentil-copain-pas-tres-beau qui veut se la faire en secret

2. L'amitié avec le gentil-copain-homosexuel, un grand classique du genre dont les filles raffolent.

Il faut dire que depuis 1989, le film "Quand Harry rencontre Sally" a eu un impact considérable ; il a redéfini a lui tout seul les schémas de l'amitié et de l'amour, imprimant profondément dans l'inconscient collectif l'idée que l'amitié ne peut jamais être dépourvue d'ambiguité. Rien n'a plus jamais été pareil après cette chouette performance de Billy Cristal et Meg Ryan (et pas seulement pour la mythique scène du restaurant...)

Et pourtant, si, on le sait, on l'a tous vécu, l'amitié est possible entre les sexes. Tout le problème est d'évacuer la question délicate de la séduction : entre les deux amis, déjà, il faut que les choses puissent être claires et réciproques : nous ne sommes plus dans un rapport de séduction même si on s'apprécie mutuellement.

Mais également vis-à-vis de l'extérieur, notamment si les amis sont en couple. Ce n'est pas toujours facile pour le (la) conjoint(e) d'admettre une amitié un peu trop proche, ou des secrets partagés (imaginez que votre petite amie parle de vos performances sexuelles à son ami...)

Et pourtant, c'est une amitié formidable, parce que c'est extrêmement enrichissant de connaître l'autre sexe sous un angle "vrai", hors de la séduction et de ses paillettes qui masquent la réalité...

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /2006 18:14

Je suis frappé chaque jour par l'absence de modèles masculins réalistes : je veux dire par là des modèles dont on pourrait s'inspirer dans la vie courante, pour surmonter nos problèmes au quotidien, affectifs, domestiques, etc...

Aucun guide spirituel, aucun... modèle utilisable.

D'habitude, les mecs te diront qu'ils admirent qui ? Les stars du sport ? C'est bien joli, mais les pirouettes magiques de Ronaldinho, ca ne m'aide pas dans ma vie de tous les jours (s'imposer face à un supérieur hiérarchique, une bande de racailles dans le metro, réparer la voiture, placer son argent intelligemment, enfin tous les trucs qu'est censé gérer un homme moderne, quoi).

 

La vie dans la télé

 

J'ai beau regarder des tonnes de films et de séries TV, je reste à chaque fois déçu par l'absence de modèle masculin, c'est soit :

- le héros est totalement inutilisable, parce que c'est un surhomme déconnecté du réel. Par exemple, James Bond. Vous pouvez prendre James Bond comme modèle dans votre vie de tous les jours... le ridicule ne tue pas... mais il rend ridicule, ceci dit. Autre exemple : les chouchous des filles, Georges Clooney dans Urgences et l'autre médecin dans Lost (je sais plus son nom, cette série devient lassante au bout d'un moment). Ils sont tellement parfaits, beaux, forts, résistants à l'adversité et sûrs d'eux que c'est à mille lieux du monde réel. Je ne connais aucun homme qui se comporte comme ça, personnellement !

- le héros masculin est pas du tout un modèle : il se comporte comme un connard / un lâche / un irresponsable, envoyant un message global qui résonne à mes oreilles comme "tous les hommes sont vraiment des incapables, et toi aussi, mon vieux"

 

Pardon ? Je suis parano ? Moi, je suis parano ?
Pas du tout ! Regardez les séries qui marchent le plus fort et qui sont les plus intéressantes en ce moment, séries à forte composante féminine (féministe ?) - attention je me contente de parler ici des séries tournant autour du thème de mon blog : les relations amoureuses !


* Dans Sex & the City, on commence par Mr Big
. Grand charmeur, homme "parfait" dans le sens "qui a réussi sa vie", j'avoue que j'aimerais bien être comme lui vers 45 ans... :)
Mais bon voilà, il se comporte vraiment comme un enfoiré malhonnête, lâche vis-à-vis de Carrie quand il s'agit de s'engager dans une vraie relation, et il finit par faire franchement son adolescent stupide (je me casse avec une plus jeune - plus bonne qui me rendra malheureux), et puis après il lui sabote son histoire en recouchant avec elle, enfin bref ZE connard, quoi. J'ai beau me reconnaître beaucoup en lui, ce n'est pas une image très flatteuse.

Après, encore pire : le deuxième amour de Carrie, c'est Aidan. Alors lui, il m'a filé des crises de boutons pendant tous les épisodes : j'ai jamais vu un mec aussi mou !!! Ca se voit que c'est un pur fantasme de la scénariste : il dit oui à tout, il est toujours là pour Carrie, il n'a jamais de sautes d'humeur, jamais de désirs qui vont à l'encontre de Carrie, et il est prêt à s'engager et à la demander en mariage.
Les filles, il faut que vous dise, ce modèle-là n'existe pas !


* Dans Bridget Jones, on avait le choix entre Daniel Cleaver, très bien incarné par Hugh Grant : LE prototype de l'enfoiré (comme dit dans le roman, "l'équivalent masculin d'une salope") et Mark Darcy, le bon naze, timide-coincé et pour tout dire franchement couillon.


* A force, le risque, c'est de devenir carrément extrémiste et de prendre exemple sur Tom Cruise, i-nou-bli-able dans Magnolia, qui lançait dans ses séminaires de coaching réservé aux hommes son slogan "Respecte la bite !" et vendait son fabuleux ouvrage, un manuel pour apprendre à "séduire et détruire" les femmes. Merci Tom pour cette superbe performance, mais je ne peux pas me comporter comme ça : et si j'ai une petite fille plus tard ?? il faudra bien que je lui transmette quelque chose de positif !

 

Et puis soudain, le héros

 

Et finalement, ma quête a abouti ! J'ai trouvé un mec-modèle, un vrai sur qui prendre exemple, un mec qui est à la fois viril et protecteur, qui est l'homme de la famille sans être macho, qui a ses moments de malaises, de doutes, des hauts et des bas, qui fait des conneries, bref qui a une vraie vie quotidienne comme nous tous.

Un mec pas vraiment parfait, pas idéal, mais qui m'inspire... confiance. Oui, c'est ça, enfin un schéma masculin qui me donne confiance. Et croyez-moi, c'est rare, de nos jours, l'image de l'homme me semble tellement brouilée... confuse...

Bref, merci aux scénaristes de Desperate Housewives d'avoir imaginé Tom Scavo rien que pour moi :

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /2006 13:52

Jusqu'ici, je me suis retenu d'utiliser mon blog comme un journal intime ouvert. Par pudeur ? Je ne sais pas... j'ai déjà un journal intime "fermé", ça me paraissait suffisant.

Mais aujourd'hui, la nouvelle qui est tombée me bouleverse : mon amoureuse est mutée professionnellement dans les DOM-TOM, dans une de ces îles où l'on rêve d'habitude d'aller en vacances...

 

Et moi, je me retrouve devant un choix crucial, probablement l'un des grands tournants de ma vie. Faut-il la suivre ? Et tout plaquer pour elle ?

Jeune homme issu d'une génération précaire (signez la pétition), avec mes beaux diplômes bac+5 j'ai galéré de chômage en CDD, de stage en stage avant de décrocher enfin un vrai bon job en CDI, et le droit à un appartement dans Paris (mon rêve). J'ai un bon salaire, je vis dans un bon quartier, je suis content de pouvoir en profiter...

 

Partir avec elle, bien sûr ça me fait follement envie, mais ça me fait peur :
il me faut lâcher toutes mes sécurités et me jeter dans le vide, en comptant entièrement sur elle pour me rattraper.

A une époque où l'amour est devenu hyper-précaire, où l'on est devenu flexible et éjectable au premier dysfonctionnement, où chacun est obligé de ne compter que sur lui-même pour subsister, tout plaquer pour quelqu'un, c'est devenu presque impensable... trop risqué !

Je ne suis pas aigri de l'amour, mais j'ai compris maintenant, à force de séparations, que quand c'est fini, on ne se doit plus rien, chacun repart dans son coin et fait le bilan des plumes qu'il a pu laisser dans l'histoire. Si tu t'es sacrifié, tu prends subitement conscience, le jour de la rupture, de l'étendue de ta stupidité...

 

Ce que tu me demandes, tu sais, c'est un saut dans le vide sans le parachute. Un saut à l'élastique sans élastique... 

Mais je te fais confiance, mon amoureuse. Tu n'as plus qu'à faire mon bonheur au soleil... :)
  

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mercredi 15 février 2006 3 15 /02 /2006 18:34

Ce soir, je retrouve mes potes pour ZE grand classique de la soirée entre potes : le canapé, les pizzas, les bières dans le frigo et tous sur la X-box !!

 

Le bonheur, en somme...

Vu de l'extérieur, ça peut paraître gras et beauf. Quelques commentaires de filles : "on dirait une bande de mongoliens devant votre TV"... "des ados asociaux de 25-30 ans, voilà ce que vous êtes"... "je ne vois pas où est le plaisir de manipuler des petits bonhommes sur une pelouse verte"... etc...

 

Et pourtant, et pourtant, même si les plaisanteries grasses fusent, même si en façade c'est un peu superficiel, il y a bien quelque chose de profond et de sincère dans cette forme d'amitié.

 

C'est une amitié sans confidences secrètes, sans détails sur nos vies intimes, sans débordements de sentiments... Jamais on a parlé de nos problèmes dans ces soirées. Même si l'un d'entre nous était dépressif un soir, je pense qu'il l'aurait passé sous silence. Pas par peur ; mais pour justement être avec ses amis sans avoir à parler...

C'est étrange comme les mecs peuvent éviter de parler de leurs sentiments. Certains de mes amis, j'ai l'impression de connaître tellement peu de leur intimité ! - c'est autre chose qui nous soude. Une sorte de solidarité dont la règle n'est jamais énoncée : "quelle que soit ta déprime, tu auras toujours ta part de pizza près de la Xbox sans avoir à parler"

 

Parce que les mecs, c'est souvent comme ça : les problèmes, ça ne se partage pas (ça fait souvent grincer des dents la petite amie, d'ailleurs). Les difficultés, ça se gère seul, c'est ça qui fait qu'on est un homme. On n'expose pas sa vulnérabilité. Les amis, ça ne sert pas d'épaule-appui pour pleurer, mais plutôt à se ressourcer : auprès d'eux tu n'as pas à en parler, tu peux donc laisser les problèmes à la porte et recharger tes batteries. Reprendre des forces.

 

Une "amitié de vestiaires", m'a-t-on dit un jour. Je n'ai jamais su si elle disait ça dans un sens péjoratif ou pas ; mais pour moi, les vestiaires des hommes, c'est là où l'on se prépare le mieux à la vie.

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mardi 21 février 2006 2 21 /02 /2006 18:00

Scène ordinaire en banlieue : une dizaine de mecs jouent sur un terrain de foot. Deux racailles arrivent, et s'incrustent pour jouer (pas poliment). Au bout de quelques minutes, ils commencent à provoquer, à insulter des joueurs, à vouloir se battre. Un mec se décide à leur dire "c'est bon, calmez-vous, maintenant" - ca va donc tomber sur lui, il se prend un coup de tête, tombe au sol et se prend un coup de pied dans le visage.

Les deux racailles quittent le terrain, plutôt fiers d'eux ("j'lui ai défoncé sa race"). Les 10 mecs "normaux" n'ont pas bougé, sauf pour amener ensuite le blessé à l'hôpital.

 

Oui, une scène ordinaire en banlieue...

Non écrite, la loi des racailles repose sur l'intimidation : on va choper une victime, et si c'est pas toi, t'as intérêt à fermer ta gueule, et tu passeras peut-être à travers. A force de prendre les transports en commun, j'ai pris l'habitude de ces chroniques de la lâcheté ordinaire : quand tu te fais agresser dans le metro et que personne ne bouge un doigt, quand une fille se fait draguer par un lascar collant, menaçant et que personne ne vient l'aider, ou même quand une bande de petits connards de 14 ans met sa sono rap trop fort et que tout le monde s'écrase...

 

Emeutes

 

J'ai le sentiment que depuis les émeutes de cet hiver, les racailles marchent dans la rue avec encore plus d'assurance : "on vous a montré de quoi on est capables, maintenant ; vous pouvez flipper, parce que bientôt on va prendre le pouvoir".

Ils en sont bien conscients, et les citoyens aussi : la prochaine fois que la rage générale explosera (suite à un meurtre, une bavure policière, un contrôle qui tourne mal...) les racailles ne se contenteront pas de brûler le bas de leur immeuble, ils iront ravager les pavillons, les quartiers bourgeois, l'intérieur de Paris et tous ces endroits où les bons citoyens se sentent en sécurité, loin des ghettos.

 

C'est devenu facile, dans ce climat, de jouer la racaille. Il suffit de mettre le déguisement consacré (baskets, casquette ridicule, jogging Lacoste et démarche de pingouin) de faire son regard de méchant, et de traîner avec quelques potes ; cela suffit à être craint des braves gens, à se faire respecter pour pas cher.

 

L'exemple qui m'a le plus frappé : un jour dans le RER, je vois tout le monde se tasser à l'arrière du wagon parce qu'à l'avant, un groupe de jeunes bruyants et irrespectueux entourent un gros pitbull à l'air menaçant. Ca sent un peu la gêne et la peur dans le wagon.

Pour sortir, il faut passer au milieu de la bande, c'est déjà une petite épreuve de force. Et soudain, au milieu de ces racailles, je reconnais un élève de 16 ans à qui je donne des cours particuliers de maths (!)

Encore jeune, il est deja assez costaud, mais je le connais bien : il est issu d'une bonne famille bourgeoise, d'origine algérienne, et à la maison il ne dit pas un mot de travers à sa mère, qui l'élève avec autorité. Un petit bourgeois de pavillon, déguisé en grosse racaille à pitbull !!

 

Racisme inversé

 

Oui, l'image de la racaille est bien pratique, il suffit de l'emprunter pour faire peur. Et à ce petit jeu-là, question de crédibilité, il vaut mieux ne pas avoir une tête de Blanc.

En quelques décennies, le racisme anti-Blancs s'est développé et à pris une ampleur inquiétante, parce qu'il est plus diffus et plus subtil que le racisme "classique", envers les minorités (arabes ou africaines le plus souvent). Pourquoi ? Parce que les politiques, les journalistes, les intellectuels de gauche ne sont pas confrontés à cette haine banalisée, étant bien à l'abri dans les quartiers chics, où la densité policière est bien supérieure à la moyenne. Parce qu'on méprise facilement cette "France d'en bas", en la caricaturant comme une assemblée de Bidochons xénophobes. Mais moi, pour être né et avoir grandi en banlieue, je n'accepte pas les discours-clichés-bien-pensants, qu'ils soient de droite ou de gauche, des gens qui n'y ont jamais mis les pieds.

 

Dans les cours de récré, l'image du petit Blanc trop bourgeois, trop faible et tout seul, victime toute désignée pour le racket, a pris une telle dimension que Jamel Debbouze en avait fait un sketch nauséabond, et qui avait pourtant beaucoup fait rire ("hé Gregory viens un peu par ici, vazy t'inquiète pas j'vais pas te frapper"). Une image à laquelle les jeunes font tout pour échapper : combien de fois ai-je vu des petits Français ou même Asiatiques parler à moitié arabe avec l'accent racaille ??

 

Ce sont des scènes ordinaires en banlieue : racisme généralisé, lâcheté, stupidité, violence gratuite. Chroniques de la vie quotidienne.

 

j'aimerais voir brûler Panam au napalm sous les flammes façon Vietnam
tandis que ceux de ton espèce galopent (...)
J'ai envie de dégainer sur des f.a.c.e.s. d.e. c.r.a.i.e
(Ministere Amer)

Et sur mon palier, ça sent que l'maffé, le couscous ou l'tiep
En tout cas pas l'porc ou bien l'cassoulet
Comme chez les gens chez qui jvais cagoulé...
(Lunatic)

Quand le maquereau prend le micro, c'est pour niquer la France
Guerre raciale, guerre fatale oeil pour oeil dent pour dent
(Smala)

Les keufs sont lynchés, enfin, ça soulage,
Faut que Paris crame
Ce soir à mort Le Pen, On redémarre la guillotine, pire qu'à Djibouti
Poitiers brûle et cette fois-ci, pas de Charles Martel
On vous élimine, puisque que c'est trop tard
La France pète, J'espère que t'as capté le concept
(Salif)

 photos : Associated Press

 

 

Liens :
Le manifeste de Bruno Gheerbrant
Gaston Kelman interviewé par L'Internaute
L'émission Arrêts sur Images (La Cinquième)
Controverse autour de l'appel de Kouchner et Finkielkraut

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /2006 19:03

" Comment chuis trop contente d'avoir le César, la vie d'ma mère ! "

Voilà à quoi ressemble une cérémonie des Césars  quand on récompense Sara Forestier. Et ce genre de scène risque de se répéter souvent, car on dirait que le noble monde des zââârts a décidé de s'extasier devant cette petite rebelle forte en gueule, qui tchatche comme une zyva même si elle a fait son éducation dans le privé.

Pourquoi Sara Forestier est-elle une star, alors qu'elle est comme n'importe quelle pouffiasse de lycéenne ? Vulgaire, inculte, fière d'elle, elle est bien le produit de la génération Star Academy : t'es jeune + t'es con + tu passes à la télé = t'es une vedette.

Les Américains avaient Paris Hilton, il fallait bien qu'on se trouve une pouffe-emblème nationale, nous aussi.


Comment jt'esquive

Qualifié de "révélation" par les critiques et le monde des zââârts, le film "L'Esquive" caressait la banlieue dans le sens du poil, très politiquement correct. Le scénario ne me paraissait pas mauvais, mais la réalisation... un tas d'ados survoltés qui gueulent "zyva - zarma - woullah", parlent de manière incompréhensible, jusqu'à la caricature, qui s'embrouillent en bas de la cité... Mais bon, ouf, ils font du théâtre alors ça va, c'est forcément culturel.

Les critiques ont adoré, évidemment. Des jeunes de banlieue qui jouent une pièce classique, c'est fôôôrmidable, tu penses bien ! Ca me rappelle la satisfaction béate des barbus du théâtre municipal de ma ville : tous ces soixante-huitards idéalistes subissaient le bordel dans la salle, les chewing-gums crachés sur les sièges, les blagues débiles criées pendant la pièce et les bagarres avec abnégation, en se disant "ah, comme nous sommes bons d'avoir apporté un peu de culture à ces sauvageons".



Two pouffiasses meet

Forcément, ça devait arriver : Sara Forestier décroche un autre rôle. Quand je vois l'affiche, ma mâchoire se décroche : "Hell"... oui, "Hell" de Lolita Pille (cette poufiasse de)

Car Lolita Pille, figurez-vous, c'est la Sara Forestier de la littérature : à 18 ans, cette petite bourge prétentieuse moulée dans le XVIème sort un roman, et pam ! c'est le succès immédiat et stratosphérique. Même veine : je suis une petite pétasse, je le revendique et je vous emmerde tous, bande d'abrutis. Son roman, tu le lis, tu as envie de lui mettre une claque.


Extrait de son site web officiel :
" Avec son premier roman, Hell, paru en 2002, Lolita Pille avait séduit ou agacé (ou les deux). Mais beaucoup avaient dignement salué la rage et le talent qui se dégageaient de l’ouvrage. Dans la lignée de Bret Easton Ellis, Lolita Pille y déplorait le gouffre de la société friquée qui avait fait d’elle un monstre, vêtu de marques de la tête aux pieds et en proie à un terrible vide intérieur. "

" Terrible vide intérieur ", pauv' choupinette... je comprends ta peine, car tu es bien loin de Bret Easton Ellis, et même de Frédéric Beigbeder, d'ailleurs. Bon, c'est compréhensible, tu es encore jeune (Bac en 2001 au rattrapage) et tu as écrit ton roman "en 6 mois" quand tu as "décidé de te mettre à l'écriture" après avoir lu 99 francs, ce qui franchement n'est pas très original.

 

Certes, toi tu as sorti deux romans, moi je végète dans un blog et je ne serai peut-être jamais publié de ma vie. Tu as la supériorité que donne le succès et la médiatisation. Pareil pour Sara Forestier. Mais je ne m'inclinerai pas devant une petite pétasse, désolé.

Qu'est-ce que je pourrais dire, en conclusion ? Je ne vous conseille pas d'aller voir ce film...

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /2006 18:57

" Les hommes qui poursuivent une multitude de femmes peuvent aisément se répartir en deux catégories. Les uns cherchent chez toutes les femmes leur propre rêve, leur idée subjective de la femme. Les autres sont mus par le désir de s’emparer de l’infinie diversité du monde féminin objectif.

L’obsession des premiers est une obsession romantique: ce qu’ils cherchent chez les femmes, c’est eux-mêmes, c’est leur idéal, et ils sont toujours et continuellement déçus parce que l’idéal, comme nous le savons, c’est qu’il n’est jamais possible de le trouver. Comme la déception qui les pousse de femme en femme donne à leur inconstance une sorte d’excuse mélodramatique, bien des dames sentimentales trouvent émouvante leur opiniâtre polygamie.

L’autre obsession est une obsession libertine, et les femmes n’y voient rien d’émouvant: du fait que l’homme ne projette pas sur les femmes un idéal subjectif, tout l’intéresse et rien ne peut le décevoir. Et précisément cette inaptitude à la déception a en soi quelque chose de scandaleux.

Aux yeux du monde, l’obsession du baiseur libertin est sans rémission (parce qu’elle n’est pas rachetée par la déception). "

 

M. Kundera (L'insoutenable légèreté de l'être)

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /2006 17:27

Au tout début, un "mannequin" c'était une pièce de bois un peu sculptée, sans tête, destinée à exposer des vêtements à vendre sur les foires et les marchés.

De nos jours, les mannequins sont partout, dans les magazines même les plus sérieux, à la TV, dans le metro, dans mon bus, sur mon paquet de céréales, j'en vois des centaines par jour ! Mais dans le fond les fonctionnalités n'ont pas tellement changé : ça sert toujours à vendre des objets, et il n'y a toujours pas de tête.

Voilà un métier étrange, mené par une drôle de caste... Ces femmes (et quelques hommes) à peine plus jeunes que moi, sont tout simplement payés pour être beaux

Autant dire qu'ils ne font rien, quoi. C'est ça, leur job ? Ils perçoivent une rente parce qu'ils sont nés avec un visage et un corps pile dans l'esthétique de l'époque ? Je ne parviens pas à comprendre pourquoi la société décide ainsi de sélectionner quelques-uns de ses éléments et de les placer dans une situation privilégiée juste pour leur physique... quel genre de rite est-ce là ?


L'offre, la demande, tout ça

D'un point de vue économique, c'est une franche aberration :

Tout système tend à rémunérer en premier lieu les individus qui composent sa sphère productive : agriculture, industrie de base, énergie... des besoins les plus basiques de la société jusqu'aux plus évolués, chaque secteur trouve sa place avec un potentiel de profit plus ou moins élevé, selon les jeux du marché et de la politique.

A l'extérieur de la sphère, juste à la frange de la société, on trouve les "improductifs subventionnés" : ils n'apportent aucune contribution à la marche de la société ou à son confort matériel, et ne sont pas obligés d'être utiles pour pouvoir manger : la sphère productive leur reverse une partie de ses profits pour leur permettre de continuer à exister. On trouve dans cette frange les handicapés mentaux et les artistes.

Les top-models, eux, sont entièrement dans la sphère économique et sont soumis aux lois du business, mais en réalité, ils sont totalement inutiles ! Ce sont des improductifs cachés à l'intérieur du système !!

J'ai posé la question récemment à une amie, chef de produit pour une grande marque de cosmétiques, qui m'a raconté :

" Le monde des top-models, c'est n'importe quoi ! Quand je veux 'shooter' un parfum pour lancer une campagne, je suis obligé de dépenser des centaines de milliers d'euros juste pour 3 photos d'une nana qu'on va de toute façon retoucher complètement sur Photoshop.

Le photographe gagne une fortune pour quelques clichés, il s'entoure de dizaines d'assistantes et d'une coach artistique personnelle, il y a même des 'maquilleuses ongles' à 500 euros la journée !!

Bien sûr qu'on pourrait se passer de tout ce cirque, mais c'est sacré, comme une tradition religieuse, et aucune grande marque ne voudrait prendre le risque de se fâcher avec le microcosme de la mode. "


Dommages collatéraux

Que le microcosme des mannequins vive, comme une colonie de parasites, sur le dos des fabricants et des consommateurs, à la limite, ça pourrait être admissible.


Le gros problème, pour moi vient du fait que cette mini-industrie, cette colonie, a des effets néfastes sur le reste de notre écosystème :

1) Elle dévaste les mannequins elles-mêmes, des filles de plus en plus jeunes et de plus en plus fragiles. Un mannequin qui tente de faire carrière aujourd'hui est repérée dès 14-16 ans, souvent même avant. Devant les rêves de gloire, d'argent, de reconnaissance, ces filles et leurs familles sont souvent prêtes à sacrifier leur vie.

Vivian Diller et Jill Muir-Sukenick, deux psychologues qui se sont penchées sur les problèmes liés à cette industrie (étant elles-mêmes passées par là), l'ont bien décrit : les jeunes modèles sont aspirées par ce monde avant l'âge adulte, et cette vie hors du réel "gèle" leur maturité.

Pour ces adolescentes séparées de leur famille, l'agence de mannequins devient le vrai parent, et les filles développent un lien très fort sans voir qu'il doit s'agir d'une relation purement commerciale. De leur côté, les agences isolent et maternent leurs modèles... jusqu'à ce qu'elles rapportent moins d'argent.


2) Elle pollue la vie de toutes les femmes normales, qui lisent leurs magazines et culpabilisent en permanence de ne pas ressembler aux sacs d'os de 16 ans qu'on leur propose (impose ?) comme modèles. Modèles qui n'existent même pas d'ailleurs, puisque créés par ordinateur.

La dynamique du désir est terrible : quand nous regardons ces photos, nous les prenons pour réelles, et nous comparons inconsciemment avec notre propre image de nous. La perfection retouchée sur papier glacé, dans un décor de rêve, ne peut avoir qu'un seul effet : la lectrice se sent en infériorité, narcissiquement blessée, et va donc tout faire pour améliorer son image et la pousser vers cet idéal. Impossible à atteindre. D'où la souffrance quotidienne de toutes les femmes qui luttent pour perdre du poids, perdre des rides, perdre des fesses, etc...

 

Bien sûr, c'est positif d'être en forme et de se faire belle. Mais quand ça vire à la culpabilité permanente... Vous vous souvenez de ce passage dans Bridget Jones où elle réalise soudain qu'on se nourrit, au fond, pour vivre ? parce qu'à force de régimes, de luttes, d'envies, de craquages, la bouffe était devenue pour elle une telle phobie permanente (combien de calories) qu'elle en avait oublié pourquoi on mangeait...


Un jour peut-être
Je ne pense pas que l'exploitation de la beauté et du sexe pour vendre des produits va cesser bientôt. Aucun espoir, au contraire. Je sais que même pour me vendre une éponge à vaisselle on me présentera des jeunes femmes canon court vêtues dans des poses quasiment pornographiques. On s'y fait, ça devient banal.

Alors tout ce que je souhaite, c'est que dans le futur les top-models seront devenus entièrement virtuels... des créatures informatiques imaginaires. J'espère que tout ce petit microcosme parasitaire du fashion business mourra lentement de faim, comme une espèce en voie de disparition.

Qu'on ne verra plus de jeunes filles de 14 ans devenues anorexiques pour espérer "faire carrière". Qu'il n'y aura plus de "découvreuses de talents de 12 ans" rapaces qui arpenteront les rues des villes de l'Est. Que ce drôle de "métier", qui consiste à s'allonger devant un appareil photo, disparaîtra dans les oubliettes de l'Histoire.

 

 

Par Milan - Publié dans : 1mec1fille
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